‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 17 sur 766 · CREUSE, JASON, CLÉONE · texte numérisé non relu

CREUSE, JASON, CLÉONE

JASON

Que votre zèle est long , et que d'impatience

î, SCÈNE IV. 5

Il donne à votre amant, qui meurt en votre absence !

CREUSE

Je n'ai pas fait pourtant au ciel beaucoup de vœux ; Ayant Jason à moi , j'ai tout ce que je veux.

JASON

Et moi , puis-je espérer l'effet d'une prière Que ma flamme tiendrait à faveur singulière ? Au nom de votre amour, sauvez deux jeunes fruits Que d'un premier hymen la couche m'a produits ; Employez-vous pour eux , faites auprès d'un père Qu'ils ne soient point compris en l'exil de leur mère; C'est lui seul qui bannit ces petits malheureux , Puisque dans les traités il n'est point parlé d'eux.

CREUSE

J'avais déjà parlé de leur tendre innocence , Et vous y servirai de toute ma puissance , Pourvu qu'à votre tour vous m'accordiez un point Que jusques à tantôt je ne vous dirai point.

JASON

Dites, et, quel qu'il soit, que ma reine en dispose.

CREUSE

Si je puis sur mon père obtenir quelque chose , Vous le saurez après ; je ne veux rien pour rien.

CLEONE.

Vous pourrez au palais suivre cet entretien. On ouvre chez Médée, ôtez-vous de sa vue ; Vos présences rendraient sa douleur plus émue ; Et vous seriez marri que cet esprit jaloux Mêlât son amertume à des plaisirs si doux.

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