‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 18 sur 766 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MÉDÉE

Souverains protecteurs des lois de l'hyménée ,* Dieux garants de la foi que Jason m'a donnée , Vous qu'il prit à témoin d'une immortelle ardeur Quand par un faux serment il vainquit ma pudeur , Voyez de quel mépris vous traite son parjure , Et m'aidez à venger cette commune injure : S'il me peut aujourd'hui chasser impunément , Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment.

Et vous , troupe savante en noires barbaries , Filles de l'Achéron , pestes , larves , furies , Fières sœurs , si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents me donna quelque droit , Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes Et les mêmes tourments dont vous gênez les âmes ; Laissez-les quelque temps reposer dans leurs fers ; Pour mieux agir pour moi faites trêve aux enfers ; Apportez-moi du fond des antres de Mégère La mort de ma rivale , et celle de son père ;

\. Voici des vers qui annoncent Corneille. Ce monologue csl tout entier imité de celui de Sénèque le tragique :

D'à conjugales, tuque qemalis lori Lucina custos

Page 1