CRÉON, DOMESTIQUES
CRÉON
Loin de me soulager vous croissez mes tourments ; Le poison à mon corps unit mes vêtements ; Et ma peau, qu'avec eux votre secours m'arrache, Pour suivre votre main de mes os se détache. Voyez comme mon sang en coule à gros ruisseaux : Ne me déchirez plus , officieux bourreaux ; Votre pitié pour moi s'est assez hasardée ; Fuyez, ou ma fureur vous prendra pour Médée. C'est avancer ma mort que de me secourir ; Je ne veux que moi-même à m'aider à mourir. Quoi ! vous continuez, canailles infidèles ! Plus je vous le défends , plus vous m'êtes rebelles ! Traîtres , vous sentirez encor ce que je puis ; Je serai votre roi , tout mourant que je suis ;
MÉDEE, ACTE V, SCENE V.
Si mes commandements ont trop peu d'efficace , Ma rage pour le moins me fera faire place : 11 faut ainsi payer votre cruel secours.
( Il se défait d'eux et les chasse à coups d'épée. )