‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 365 sur 766 · IIÉRACLIUS, ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

IIÉRACLIUS, ACTE III, SCÈNE IV

Et suis trop au-dessus de cette indignité Pour te vouloir piquer de générosité.

Que ferais-tu pour moi de me laisser la vie, Si pour moi sans le trône elle n'est qu'infamie? Héraclius vivrait pour te faire la cour ! Rends-lui, rends-lui son sceptre, ou prive-le du jour. Pour ton propre intérêt sois juge incorruptible : Ta vie avec la mienne est trop incompatible: Un si grand ennemi ne peut être gagné, Et je te punirais de m'avoir épargné.

Si de ton fils sauvé j'ai rappelé l'image, J'ai voulu de Léonce étaler le courage. Afin qu'en le voyant tu ne doutasses plus Jusques où doit aller celui d'Héraclius. Je me tiens plus heureux de périr en monarque, Que de vivre en éclat sans en porter la marque ; Et puisque, pour jouir d'un si glorieux sort, Je n'ai que ce moment qu'on destine à ma mort, Je la rendrai si belle et si digne d'envie, Que ce moment vaudra la plus illustre vie. M'y faisant donc conduire, assure ton pouvoir, Et délivre mes yeux de l'horreur de te voir.

PHOCAS

Nous verrons la vertu de cette âme hautaine. Faites-le retirer en la chambre prochaine, [choix Crispe; et qu'on me l'y garde, attendant que mon Pour punir son forfait vous donne d'autres lois.

MARTTAX, à Pulchérie.

Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage. Ma mort vous va laisser encor dans l'esclavage : Le ciel par d'autres mains vous en daigne affranchir !

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