‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 37 sur 766 · MÉDÉE, JASON · texte numérisé non relu

MÉDÉE, JASON

MEDEE en haut sur un balcon.

Lâche, ton désespoir encore en délibère ? Lève les yeux, perfide, et reconnais ce bras Qui t'a déjà vengé de ces petits ingrats ; Ce poignard que tu vois vientde chasser leurs âmes, Et noyer dans leur sang les restes de nos flammes. Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau Laissent la place vide à ton hymen nouveau. Réjouis-t'en, Jason, va posséder Creuse : Tu n'auras plus ici personne qui t'accuse ; Ces gages de nos feux ne feront plus pour moi De reproches secrets à ton manque de foi.

JASON

Horreur de la nature, exécrable tigresse !

MÉDÉE

Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse : A cet objet si cher tu dois tous tes discours ; Parler encore à moi, c'est trahir tes amours. Va lui, va lui conter tes rares aventures, Et contre mes effets ne combats point d'injures.

JASON

Quoi ! tu m'oses braver, et ta brutalité

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