‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 489 sur 766 · POMPÉE, PERPENNA, VIRIATE, ARISTIE , CELSUS , ARCAS , THAMIRE · texte numérisé non relu

POMPÉE, PERPENNA, VIRIATE, ARISTIE , CELSUS , ARCAS , THAMIRE

PEBFENNA.

Seigneur, vous aurez su ce que je viens de faire. Je vous ai de la paix immolé l'adversaire, L'amant de votre femme, et ce rival fameux Qui s'opposait partout au succès de vos vœux. Me vous rends Aristie, et finis cette crainte Dont votre âme tantôt se montrait trop atteinte ; Et je vous affranchis de ce jaloux ennui Qui ne pouvait la voir entre les bras d' autrui. Je fais plus; je vous livre unelière ennemie, Avec tout son orgueil et sa Lusitanie ; Je vous en ai fait maître, et de tous ces Romains Que déjà leur bonheur a remis en vos mains. Comme en un grand dessein, et qui veutprompti- On ne s'explique pas avec la multitude, [tude,

Je n'ai point cru, seigneur, devoir apprendre à tous Celui d'aller demain me rendre auprès de vous ; Mais j'en porte sur moi d'assurés témoignages. Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages; Et vous reconnaîtrez, par leurs perfides traits, Combien Rome pour vous a d'ennemis secrets, Oui tous, pour Aristie, enflammés de vengeance, Avec Sertorius étaient d'intelligence.

Lisez.

(Il lui donne les lellres qu'Arislie avait apportées de Rouie à Sertorius.)

ARISTIE

Quoi, scélérat! quoi, lâche! oses-tu bien...

PERPENNA

Madame, il est ici votre maître et le mien; Il faut en sa présence un peu de modestie, Et si je vous oblige à quelque repartie, La faire sans aigreur, sans outrages mêlés, Et ne point oublier devant qui vous parlez.

Vous voyez là, seigneur, deux illustres rivales, Que cette perte anime à des haines égales. Jusques au dernier point elles m'ont outragé; Mais, puisque je vous vois, je suis assez vengé. Je vous regarde aussi comme un dieu tutélaire; Et ne puis. . . . Mais, ô dieux ! seigneur, qu'allez-vous

[faire?

POMPÉE , après avoir brûlé les lellres sans les lire. Montrer d'un tel secret ce que je veux savoir. Si vous m'aviez connu, vous l'auriez su prévoir.

Rome en deux factions trop longtemps partagée N'y sera point pour moi de nouveau replongée ; Et quand Sylla lui rend sa gloire et son honneur, Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur. Oyez, Celsus.

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