‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 493 sur 766 · IX DE SERTORIUS · texte numérisé non relu

IX DE SERTORIUS

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OTHON

PRÉFACE DE VOLTAIRE

IJ ne faut guère en croire sur un ouvrage ni l'auteur ni ses amis, encore moins les critiques précipitées qu'on en fait dans la nouveauté. En vain Corneille dit dans sa préface que cette pièce égale ou passe la meilleure'des siennes: en vain Fontenelle fait l'éloge ft Othon : le temps seul est juge souverain ; il a banni cette pièce du théâtre. Il en a sans doute une raison qu'il faut chercher ; je n'en connais point de meilleure que l'exemple de Britannicus. Le temps nous a appris que, quand on veut mettre la politique sur le théâtre , il faut la traiter comme Racine, y jeter de grands intérêts, des passions vraies, et de grands mouvements d'éloquence , et que rien n'est plus nécessaire qu'un style pur, noble, coulant et égal, qui se soutienne d'un bout de la pièce à l'autre. Voilà tout ce qui manque à Othon.

Avouons que cette tragédie n'est qu'un arrangement de famille -, on ne s'y intéresse pour personne . il y est beaucoup parlé d'amour, et cet amour même refroidit le lecteur. Lorsque ce ressort, qui devrait attacher, a manqué son effet, la pièce est perdue.

Il est dit dans l'Histoire du théâtre , à l'article Othon , que Corneille refit trois fois le cinquième acte : j'ai de la peine à le croire; mais si la chose est vraie, elle prouve qu'il fallait le refaire une quatrième fois, ou plutôt qu'il était impossible de tirer un cinquième acte intéressant d'un sujet ainsi arrangé. Corneille ne refit pas trois fois la première scène du premier acte , qui est pleine de trèsgrandes beautés. Quand le sujet porte l'auteur, il vogue à pleines voiles; mais quand l'auteur porte le sujet, quand il est accablé du poids de la difficulté, et refroidi par le défaut d'intérêt qu'il ne peut se dissimuler à lui-même, alors tous ses efforts sont inutiles. Corneille pouvait être d'abord échauffé par le beau portrait que fait Tacite de la cour de Galba , et par le discours qu'il prête à cet empereur.

Le nom de Rome était encore quelque chose d'important. Corneille avait assez d'invention pour former une intrigue de cinq actes; mais tout cela n'avait rien d'attachant ni de tragique. Il le sentit sans doute plus d'une fois en composant; et quand il fut au cinquième acte, il se vit arrêté : il s'aperçut trop tard que ce n'était pas là une tragédie. Racine lui-même aurait échoué dans un sujet pareil.

AU LECTEUIL

Si mes amis ne me trompent, cette pièce égale ou passe la meilleure des miennes. Quantité de suffrages illustres et solides se sont déclarés pour elle; et, si j'ose y mêler le mien, je vous dirai que vous y trouverez quelque justesse dans la conduite, et un peu de bon sens dans le raisonnement. Quant aux vers, on n'en a point vu de moi que j'aie travaillés avec plus de soin. Le sujet est tiré de Tacite, qui commence ses Histoires par celle-ci; et je n'en ai encore mis aucune sur le théâtre à qui j'aie gardé plus de fidélité et prêté plus d'invention. Les caractères de ceux que j'y fais parler y sont les mêmes que chez cet incomparable auteur, que j'ai traduit tant qu'il m'a été possible. J'ai tâché de faire paraître les vertus de mon héros en tout leur éclat, sans en dissimuler les vices, non plus que lui ; et je me suis contenté de les attribuer à une politique de cour, où, quand le souverain se plonge dans les débauches, et que sa faveur n'est qu'à ce prix , il y a presse à qui sera de la partie. J'y ai conservé les événements, et pris la liberté de changer la manière dont ils arrivent, pour en jeter tout le crime sur un méchant homme, qu'on soupçonna dès lors d'avoir donné des ordres secrets pour la mort de Yinius, tant leur inimitié était forte et déclarée ! Othon avait promis à ce consul d'épouser sa fille, s'il le pouvait faire choisir à Galba pour successeur; et comme il se vit empereur sans son ministère , il se crut dégagé

OTHON, ACT

de cette promesse , et ne l'épousa point. Je n'ai pas voulu aller plus loin que l'histoire ; et je puis dire qu'on n'a point encore vu de pièce où il se propose tant de mariages pour n'en conclure aucun. Ce sont intrigues de cabinet qui se détruisent les unes les autres. J'en dirai davantage quand mes libraires joindront celle-ci aux recueils qu'ils ont faits de celles de ma façon qui l'ont précédée.

PERSONNAGES

GALBA, empereur de Rome.

VINIUS, consul.

OTHON, sénateur romain, amant de Plautine. LACIS, préfet du prétoire.

CAMILLE, nièce de Galba.

PLAUTINE, fille de Vinius, amante d'Olhon. jVIARTIAN, affranchi de Galba.

ALBIN, ami d'Olhon.

ALBIANE, sœur d'Albin, et daine d'honneur de Camil FLAVIE, amie de Plautine.

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