‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 520 sur 766 · OTHON, ACTE V, SCENE IL · texte numérisé non relu

OTHON, ACTE V, SCENE IL

Othon, qui me dédaigne à moins que de l'empire,

S'il en fait sa conquête, et vous peut détrôner,

Laquelle de nous deux voudra-t-il couronner?

Pourrais-je de Pison conspirer la ruine

Qui m'arrachant du trône y porterait Plautine ?

Croyez mes intérêts, si vous doutez de moi;

Et sur de tels garants assuré de ma foi,

Tournez sur Yinius toute la défiance

Dont veut ternir ma gloire une injuste croyance.

GALBA

Yinius par son zèle est trop justifié.

Voyez ce qu'en un jour il m'a sacrifié :

Il m'offre Othon pour vous qu'il souhaitait pour

Je le rends à sa fille, il aime à le reprendre ; [gendre ;

Je la veux pour Pison, mon vouloir est suivi ;

Je vous mets en sa place, et l'en trouve ravi ;

Son ami se révolte, il presse ma colère ;

11 donne à Martian Plautine à ma prière :

Et je soupçonnerais un crime dans les vœux

D'un homme qui s'attache à tout ce que je veux?

CAMILLE

Qui veut également tout ce qu'on lui propose, Dans le secret du cœur souvent veut autre chose, Et maître de son âme il n'a point d'autre foi Que celle qu'en soi-même il ne donne qu'à soi.

GALBA

Cet hymen toutefois est l'épreuve dernière D'une foi toujours pure, inviolable, entière.

Vous verrez à l'effet comment elle agira, Seigneur, et comme enfin Plautine obéira. Sur de sa résistance, et se flattant, peut-être, De voir bientôt ici son cher Othon le maître, Dans l'état où pour vous il a mis l'avenir, Il promet aisément plus qu'il ne veut tenir

GALBA

Le devoir désunit l'amitié la plus forte, Mais l'amour aisément sur ce devoir l'emporte ; Et son feu, qui jamais ne s'éteint qu'à demi, Intéresse un amant autrement qu'un ami.

J'aperçois Vinius. Qu'on m'amène sa fille : J'en punirai le crime en toute la famille, Si jamais je puis voir par où n'en point douter; Mais aussi jusque-là j'aurais tort d'éclater.

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