‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 526 sur 766 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

OTHON, PLAUTINE, FLAVIE.

Madame, savez-vous les crimes de Lacus?

PLAUTINE.

J'apprends en ce moment que mon père n'est plus. Fuyez, seigneur, fuyez un objet de tristesse; D'un jour si beau pour vous goûtez mieux Fallé- Vous êtes empereur, épargnez-vous l'ennui [gresse. De voir qu'un père...

OTHON

Hélas ! je suis plus mort que lui, Et si votre bonté ne me rend une vie Qu'en lui perçant le cœur un traître m'a ravie, Je ne reviens ici qu'en malheureux amant, Faire hommage à vos yeux de mon dernier moment. Mon amour pour vous seule a cherché la victoire ; Ce même amour sans vous n'en peut souffrir la gioi- Et n'accepte le nom de maître des Romains, [re, Que pour mettre avec moi l'univers en vos mains. C'est à vous d'ordonner ce qui lui reste à faire.

PLAUTINI-:.

C'est à moi de gémir, et de pleurer mon père. Non que je vous impute, en ma vive douleur, Les crimes de Lacus et de notre malheur; Mais enfin...

OTHON

Achevez, s'il se peut, en amante :

Nos feux...

PLAUTINE.

Ne pressez point un trouble qui s'augmente. Vous voyez mon devoir, et connaissez ma foi : En ce funeste état répondez-vous pour moi. Adieu, seigneur.

De grâce, encore une parole, Madame.

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