‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 533 sur 766 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PBILANDRE, seul.

Tu l'as gagné, Mélite : il ne m'est pas possible

D'être à tant de faveurs plus longtemps insensible.

Tes lettres, où sans fard tu dépeins ion esprit,

Tes lettres, où ton cœur est si bien par écrit,

Ont charmé tous mes sens par leurs douces promesses :

Leur a' tente vaut mieux, Cloris, que tes caresses,

Ah ! Mélite, pardon ; je t'offense à nommer

Celle qui m'empêcha si longtemps de l'aimer.

Tircis vient confier son ardeur à Philandre, qui se prend à rire en entendant nommer Mélite et lui montre la lettre qu'il a reçue d'elle. Tircis lui propose un duel ; mais il le refuse et sort.

Afin de lui faire prendre courage, Cloris révèle à Tircis les secrets de son sexe :

Quoi ! si la déloyale enfin lève le masque, Oses-tu le fâcher d'èlre désabusé?

Apprends qu'il te faut être en amour plus rusé; Apprends que les discours des filles bien sensées Découvrent rarement le fond de leurs pensées, Et que, les yeux aidant à ce déguisement,

No:re sexe a le don de tromper finement

Un volage me quitte, et je le quille aussi : Je l'obligerais trop de m'en mettre en souci.

Philandre passe sans paraître apercevoir Cloris; elle l'appelle, et lui montre en plaisantant la fausse j lettre qu'il a oublié de reprendre à Tircis. Phi- j landre veut qu'elle la lui rende ; ne pouvant y parvenir, il sort outré , se promettant bien de se veu- ' ger de la sœur sur le frère.

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