‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 535 sur 766 · I LA NOURRICE · texte numérisé non relu

I LA NOURRICE

} Est-il quelques défauts que les biens ne réparent ?

MÉLITE

Mais plutôt en est-il où les biens ne préparent? Etant riche, on méprise assez communément Des belles qualités le solide ornement; Et d'un luxe honteux la richesse suivie Souvent par l'abondance aux vices nous convie.

Persuadée de l'infidélité de Mélite, la nourrice sort en la lui reprochant.

Cloris raille Mélite sur ses sentiments en faveur de Philandre ; Mélite ne comprend rien à ses paroles, mais son indignation éclate lorsque Cloris lui remet sa prétendue lettre adressée à Philandre.

On apporte la nouvelle que, désespéré de la trahison de Mélite, Tircis est près de mourir. Mélite s'évanouit; on l'emporte chez elle.

Éraste, seul, s'applaudit de sa ruse, il s'écrie :

D'un favorable coup la mort me l'a ravi.

CLITON

Monsieur, ce n'est pas tout; Mélite l'a suivi.

ÉRASTE

Mélite l'a suivi! que dis-tu, misérable? ....

Il tombe en démence, se voit poursuivi par les Euménides, et fuit, croyant traverser le Styx dans la barque de Caron.

Philandre n'a pu rencontrer Tircis pour se battre avec lui ; il entre , mais Éraste revient, et, le prenant pour Minos, lui demande si ce n'est pas trop des supplices qu'on lui prépare pour avoir, au moyen d'une fausse correspondance d'amour, joué le crédule Philandre. Celui-ci sort rempli de honte et de fureur ; Éraste le suit, toujours invoquant les divinités infernales.

Pour remettre Cloris du trouble où l'a jetée la nouvelle de la mort prochaine de son frère ; on vient lui dire que ce n'était qu'un moyen d'éprouver les sentiments de Mélite.

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