ACTE DEUXIEME
Célie, voisine et confidente de Géraste , père de Daphnis. s'efforce de le détourner d'offrir sa fortune et sa main à Florise, sœur de Florame. Vaincue par les importunités du vieillard amoureux, elle lui dit :
Eh bien, j'en parlerai ; mais songez qu'à votre âge Mille accidents fâcheux suivent le mariage. On aime rarement de si sages époux, Et leur moindre malheur c'est d'èlre un peu jaloux. Convaincus au dedans de leur propre faiblesse, Une ombre leur fait peur, une mouche les blesse ; Et cet heureux hymen, qui les charmait si fort, Devient souvent pour eux un fourrier de la mort.
GÉRASTE
Excuse, ou, pour le moins, pardonne à ma folie ; Le sort en est jeté : va, ma chère Célie, Va trouver la beauté qui me tient sous sa loi ; Flatte-la de ma part, promets-lui tout de moi. Dis-lui que, si l'amour d'un vieillard l'importune, Elle fait une planche à sa bonne fortune; Que l'excès de mes biens, à force de présents, Répare la vigueur qui manque à mes vieux ans ; Qu'il ne lui peut échoir de meilleure aventure.
Ils voient venir Florame, et se retirent. — Pendant qu'il rêve à son amour pour Daphnis , la suivante le rejoint, et tâche de nouveau de s'en faire aimer; mais Daphnis survient, et la congédie pour se trouver seule avec Florame.
Daphnis plaisante Florame sur son amour pour Amarante ; celui-ci proteste qu'il adore une autre beauté bien plus aimable.
DAPHNIS
Le nom ne s'en dit point?