‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 574 sur 766 · CI.INDOR · texte numérisé non relu

CI.INDOR

Je frémis à penser à ma triste aventure ! Dans le sein du repos je suis à la torture ; Au milieu de la nuit, et du temps du sommeil, Je vois de mon trépas le honUux appareil : J'en ai devant les yeux les funestes ministres; On me lit du sénat les mandements sinistres ; Je sors les fers aux pieds; j'entends déjà le bruit De l'amas insolent d'un peuple qui me suit; Je vois le lieu fatal où ma mort se prépare : Là, mon esprit se trouble et ma raison s'égare. Je ne découvre rien qui m'ose secourir, Et la peur de la mort me fait déjà mourir.

Pendant cette tirade, Isabelle et Lyse se sont tenues Cachées. Le geôlier vient annoncer à Clindor que les juges ont consenti à ce qu'il fût exécuté la nuit. Clindor se loue de cette grande bonté, qui ne diminue en rien sa frayeur, quand toutà coup il voit entrer sa maîtresse et sa suivante. Ils se disposent à fuir ; pour rassurer leurs belles, les deux amants promettent de modérer leur ardeur jusqu'au jour du mariage.

Pridamant et. Alcandre sortent de la grotte; le magicien annonce que maintenant Clindor apparaîtra dans une haute fortune.

Page 1