PERSÉE
Que je puisse abuser ici de sa puissance ! Hasarder vos plaisirs sur votre obéissance ! El de libérateur de vos rares beautés M'ériger en tyran dessus vos volontés
Phinée osant se plaindre qu'Andromède , après lui avoir été promise , consente à devenir l'épouse de Persée, elle lui répond :
Oui, j'y consens, Phinée, etj'y dois consentir; Et, quel que soit ce bien qu'il a su garantir, Sans vous faire injustice on en fait son salaire, Quand il a fait pour moi ce que vous deviez faire. De quel front osez-vous me nommer votre bien, Vous qu'on a vu tantôt n'y prétendre plus rien ? Quoi ! vous consentirez qu'un monstre me dévore, El ce monstre étant mort je suis à vous encore! Quand je sors du péril vous revenez à moi ; Vous avez de l'amour, et je vous dois ma foi 1 C'était de sa fureur qu'il me fallait défendre, Si vous vouliez garder quelque droit d'y prétendre. Ce demi-dieu n'a fait, quoi que vous prétendi z, Que m'arrachcr au monstre à qui vous me cédiez. Quit'ez donc celte vaine et léméraire idée ; Ne me demandez plus, quand vous m'avez cédée. Ce doit être pour vous même chose aujourd'hui, Ou de me voir au monstre, ou de me voir à lui
Le lâche Phinée projette de se défaire traîtreusement de son rival; Ammon, son confident, l'en détourr.e :
Seigneur, auparavant, d'une âme plus remise, Daignez voir le succès d'une telle entreprise : Savez-vous que Persée est fils de Jupiter, Et qu'ainsi vous avez la foudre à redouter ?