‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 588 sur 766 · ROI DES LOMBARDS · texte numérisé non relu

ROI DES LOMBARDS

« Ce qui l'a fait avorter cette pièce) au théâtre a été l'événement extraordinaire qui me l'avait fait choisir. On n'y a pu supporter qu'un roi dépouillé de son royaume, après avoir fait tout son possihle pour y rentrer, se voyant sans force et sans amis, en cède à son vainqueur les droits inutiles, afin de retirer sa femme prisonnière d'entre ses mains; tant les vertus de bon mari sont peu à la mode. On n'y a pas aimé la surprise avec laquelle Pertharite se présente au troisième acte, quoique le bruit de son retour soit répandu dès le premier; ni que Grimoald reporte toutes ses affections à Eduige, sitôt qu'il a reconnu que la vie de Pertharite qu'il avait cru mort jusquelà, le mettait dans l'impossibilité de réussir auprès de Rodelinde. J'ai parlé ailleurs de l'inégalité de l'emploi des personnages, qui donne à Rodelinde le premier rang dans les trois premiers actes, et la réduit au second ou au troisième dans les deux derniers. J'ajoute ici, malgré sa disgrâce, que les sentiments sont assez vifs et nobles, les vers assez bien tournés, et que la façon dont le sujet s'explique dans la pre- « mière scène ne manque pas d'artifice. »

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