‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 646 sur 766 · SUR LA CONQUÊTE DE LA FRANCHE-COMTÉ · texte numérisé non relu

SUR LA CONQUÊTE DE LA FRANCHE-COMTÉ

Quelle rapidité de conquête en conquête,

En dépit des hivers, guide tes étendards?

Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête

Qui fait tomber les murs d'un seul de tes regards?

A peine tu parais, qu'une province entière Rend hommage à tes lis et justice à tes droits ; Et ta course en neuf jours achève une carrière Que l'on verrait coûter un siècle à d'autres rois.

En vain pour t'applaudir ma muse impatiente, Attendant ton retour, prête l'oreille au bruit ; Ta vitesse l'accable, et sa plus haute attente Ne peut imaginer ce que ton bras produit.

Mon génie, étonné de ne pouvoir te suivre, En perd haleine et force ; et mon zèle confus, Bien qu'il t'ait consacré ce qui me reste à vivre, S'épouvante, t'admire, et n'ose rien de plus.

Je rougis de me taire et d'avoir tant à dire; Mais c'est le seul parti que je puisse choisir. Grand roi, pour me donner quelque loisir d'écrire, Daigne prendre pour vaincre un peu plus de loisir1 .

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