‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 652 sur 766 · SUR UN INDISCRET · texte numérisé non relu

SUR UN INDISCRET

Par une impertinente et fausse confidence Quelqu'un me dit un jour : Écoute, sois discret, Et conserve en ton cœur, dans un profond silence,

Le fruit de mon secret.

A peine je promets de cacher le mystère, Qu'il trouve de sa part le silence fâcheux, Me quitte, va conter ce qu'il m'oblige à taire,

Et nous trahit tous deux.

VERS ADRESSÉS A M. PELÏSSON.

En matière d'amour je suis fort inégal ; J'en écris assez bien, et le fais assez mal. J'ai la plume féconde, et la bouche stérile, Bon galant au théâtre, et fort mauvais en ville, Et l'on peut rarement m'écouter sans ennui Que quand je me produis par la bouche d'autrui.

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