‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 667 sur 766 · OENARUS, THÉSÉE, ARIANE, NÉRINE · texte numérisé non relu

OENARUS, THÉSÉE, ARIANE, NÉRINE

oenabus. [taire

Prince, mon trouble parle; et, quand je voudrais Le supplice où m'expose un destin trop contraire, De mes yeux interdits la confuse langueur Trahirait malgré moi le secret de mon cœur. J'aime ; et de cet amour dont j'adore les charmes La princesse est l'objet. N'en prenez point d'alarmes : Au point de votre hymen vous en faire l'aveu, C'est vous montrer assez ce qu'est un si beau feu. De tous ses mouvements ma raison me rend maître. L'effort est grand, sans doute; on en souffre; et peut- Un rival tel que moi, par sa vertu trahi, [être Mérite d'être plaint, et non d'être bai. C'est tout ce qu'il prétend pour prix de sa victoire, Ce malheureux rival qui s'immole à sa gloire. Vos soupçons auraient pu faire outrage à ma foi , S'ils s'étaient avec vous expliqués avant moi ; C'est en les prévenant que je me justifie. Ne considérez point le malheur de ma vie. L'hymen depuis longtemps attire tous vos vœux ; J'y consens, dès demain vous pouvez être heureux. Pirithoiis présent n'y laisse plus d'obstacle ; Ma cour, qui vous honore, attend ce grand specta- Ordonnez-enla pompe; et, dansun sort si doux, [cle: Quoi que j'aie à souffrir, ne regardez que vous. Adieu, madame.

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