‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 758 sur 766 · ACTE V, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IV

CECILE

Son trépas Importe à votre gloire ainsi qu'à vos états ; Et l'on ne peut trop tôt prévenir par sa peine Ceux qu'un appui si fort à la révolte entraîne.

ELISABETH

Ah ! je commence à voir que mon seul intérêt N'a pas fait l'équité de ce cruel arrêt. [donne, Quoi ! l'on sait que, tremblante à souffrir qu'on le Je ne veux qu'éprouver si sa fierté s'étonne ; C'est moi sur cet arrêt que l'on doit consulter; Et, sans que je le signe, on l'ose exécuter! Je viens d'envoyer l'ordre afin que l'on arrête : S'il arrive trop tard, on paîra de sa tête ; Et de l'injure faite à ma gloire, à l'état, D'autre sang, mais plus vil, expîra l'attentat.

CÉCILE

Cette perte pour vous sera d'abord amère ; Mais vous verrez bientôt qu'elle était nécessaire.

ELISABETH

Qu'elle était nécessaire! Otez-vous de mes yeux, Lâche, dont j'ai trop cru l'avis pernicieux. La douleur où je suis ne peut plus se contraindre : Le comte par sa mort vous laisse tout à craindre ; Tremblez pour votre sang, si l'on répand le sien.

CÉCILE

Ayant fait mon devoir, je puis ne craindre rien, Madame; et quandle temps vous aura fait connaître Qu'en punissant le comte on n'a puni qu'un trait1, e, Qu'un sujet infidèle...

ELISABETH

Il l'était moins que toi , Qui, t'armant contre lui, t'es armé contre moi. J'ouvre trop tard les yeux pour voir ton entreprise. Tu m'as par tes conseils honteusement surprise : Tu m'en feras raison-

CÉCILE

Ces violents éclats...

ELISABETH

Va, sors de ma présence, et ne réplique pas.

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