‹ uvres de P. et Th. Corneille, précédées de la Vie de P. CorneilleChapitre 89 sur 766 · HORACE, CURIACE, CAMILLE · texte numérisé non relu

HORACE, CURIACE, CAMILLE

HORACE

Avez-vous su l'état qu'on fait de Curiace, Ma sœur ?

Hélas ! mon sort a bien changé de face.

HORACE

Armez-vous de constance, et montrez-vous ma sœur ; Et si par mon trépas il retourne vainqueur, Ne le recevez point en meurtrier d'un frère, Mais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire, Qui sert bien son pays, et sait montrer à tous, Par sa haute vertu, qu'il est digne de vous, Comme si je vivais, achevez l'hy menée; Mais si ce fer aussi tranche sa destinée, Faites à ma victoire un pareil traitement, Ne me reprochez point la mort de votre amant. Vos larmes vont couler, et votre cœur se presse , Consumez avec lui toute cette faiblesse; Querellez ciel et terre, et maudissez le sort; Mais après le combat ne pensez plus au mort.

(A Curiace.) Je ne vous laisserai qu'un moment avec elle, Puis nous irons ensemble où l'honneur nous appelle.

1. A ces mots : Je ne vous connais plus. —Je vous connais encoie, on se récria d'admiration, dit Voltaire; on n'avait jamais rien vu de si sublime ; il n'y a pas dans Longin un seul exemple d'une pareille grandeur. Ce sont cts trails qui ont mérité à Corneille le nom de grand, non-seulement pour le distinguer de son frère, mus du reste des hommes.

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