‹ Œuvres de P.L. Courier précédées de sa vieChapitre 8 sur 141 · AU CO>SEIL DE PBEFECTCWE A T0UE · texte numérisé non relu

AU CO>SEIL DE PBEFECTCWE A T0UE

des formalités qui constituent , suivant la loi, le changement de domicile , je suis à cet égard comme si Jamais je n’eusse lx)ugé de ma maison de Luynes. C’est l’opinion des gens de loi que j’ai consulté là-dessus, el j’en ai consulté plusieurs qui , de contraire avis eu tout le reste ( car ils suivent différents partis dans nos malheureuses dissensions), sur ce point seul n’ont qu’une voix. En résumé voici ce qu’ils disent :

Mon domicile de droit est, selon le Code, à Luynes. Mon domicile de fait à Véretz , où j’ai , depuis deux ans , maison , femme et enfants. Ces deux communes étant dans le même arrondissement du département d’Indre-et-Loire, mon domicile est , de toute façon, dans ce département, où je dois voter comme électeur. Si je nommais les jurisconsultes de qui je tiens celte décision, vous seriez étonnés, Messieurs, vous admireriez, j’en suis sûr, qu’entre des hommes de sentiments si opposés, surtout en matière d’élections, il ait pu se trouver un point sur lequel tous fussent d’accord , et c’est ce qui donne d’autant plus de poids à leur avis.

Mais que dire après cela d’une note qu’on me produit comme pièce convaincante, et d’une autorité irréfragable, décisive? Cette note du maire de Véretz, adressée au préfet de Tours , porte en termes clairs et précis : Courier, propriétaire domicilié a Paris. Dans ce jieu de mots, je trouve, Messieurs, deux choses à remarquer : l’une que le maire de Véretz , qui me voit depuis deux ans établi à sa porte, dans cette commune , dont il est le premier magistral, et où lui-même m’a adressé des citations a domicile, ne veut pas néanmoins que j’y sois domicilié ; l’autre, chose fort remarquable, est qu’en même temps il me déclare domicilie à Paris. I^e préfet , prenant acte de cette déclaration, part de la. Mon affaire est faite , ou la sienne peut-être , j’entends celle du préfet. 11 refuse, quelque réclamation que je lui puisse adresser, de m’admettre au rang des électeurs, et me voilà décl'.u de mou droit.

Que signifie cependant cette assertion du maire? sur quoi l’al il fondée? Il pouvait nier mon domicile dans la wmmune de Véretz, si je n’en avais fait aucune déclaration légale; mais avancer et affirmer que mon domicile est à Paris , où je n’ai pas une chambre, pas un lit, pa un meuble, c’est être un peu

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