‹ Œuvres de P.L. Tchebychef (volume 2)Chapitre 82 sur 90 · TZ · texte numérisé non relu

TZ

Comme d'après nos notations U^ désigne la valeur absolue de la somme y y <n, i„) e . r„, cette somme sera contenue entre

et par suite, d'après (32), entre

Cela montre que l'équatiou

(33) r„.-=(- ir 22 <"■ ^"J ^.■^„ -^^r^-^S^ t«. '") %^i„ ^v

que l'on obtieiit de (28), donne

y« = (— ir y y («> i') e. . /c'"*

— i-s près. Eu posant successivement

nous trouverons ainsi, pourvu que

satisfassent à l'inégalité

les valeurs approchées des inconnues

et les. limites de leurs erreurs. Nous concluons de laque sous cette condition l'on pourra satisfaire aux équations (28) par des valeurs finies de

et que par suite, d'après le § 2, on pourra déterminer le polynôme du degré m tel que la fraction

Û^ étant convenablement choisi, représente la fonction

TF— Tfo = ^^ H- '-^ -*- ^^* -«- . . .

jusqu'au terme en -^ inclusivement.

Cela montre que

sera une des réduites de cette expression; par suite, si

il doit se trouver dans la série de ces réduites une fraction dont le dénominateur sera du degré jk.

§ 10. Nous allons uous occuper raamtenaiit de l'application des formules obtenues au cas où les quantités

^01 ^1! '^ai* • •^sm— 1

sont renfermées entre les limites

j ft ftî^ h^^'^-i

"*" i?o' ~*~ M^' "*" i/o' ' ' ■ ' '^ Mo '

B, h étant positifs. Nous admettrons que la condition

soit satisfaite, ce qui exige, comme nous le verrons, que la quantité R^ ne soit pas inférieure à une certaine limite qui sera indiquée plus loin. Comme, d'après le § 8, les quantités

ne sont pas plus petites queO, le maximum de la valeur absolue de la somme

lorsque

ne dépassent pas les limites

s'obtiendra pour

nous aurons donc d'après le § 9 ce qui donne

Pour trouver la somme observons que de l'équation (2 5) on obtient pour n = m, x^= — h

<i'„(-'')=(-ir2^i"°'*''

d'où il vient

Pour trouver la somme

posons z = — Jt dans l'équation (7) et portons dans l'égalité résultante *„ (rc, -*)-=!,+,(-*) i (a;)H- Cl, 4-, (-i) 4-1 (i) -I- ... H- a„ 'J/„j (-i) ^/,, (ï) les expressions (25) des fonctions

i/^(x), i/^ix),. ..4'„„,(a;).

Nous trouvons ainsi (86) *„(ic, —*)=(— l)"-'[il:i, a;'"-'— i!n,3;"'~'-t-iïlja:»-'— ...], où l'on a posé pour abréger

£M, = (— !)"-'«„ ^;„, (—70 -SSL-,»,

£M, = (—l)"'-'[«„4/„,(— S) /fc»— »„,>('„,(— *)IC-l"

Eu observant que cette expression de la fonction 0^ {x, — A) doit être identique à

que l'on obtient de (26) pour s^ — li, et que a;" entre dans ces expressions avec les coefficients

nous obtenons l'égalité

(37) L^'^'^=^{n,i„)li'\

En portant dans l'inégalité (34) les expressions qu'on vient de trouver pour les sommes

BOUS obtenons

(38) 2;^(-ir^.„(-J)^';

d'où nous déduisons à fortiori

(38)" i'„<(-ir'i'm(-»)Ç>

en désignant par i'"*^ la limite supérieure des quantités En passant à la recherche du masimum de la somme

dans le cas oii

ne sortent pas des limites

i ii ^ ft""— 1

b;,' i/o' Wo''"'' ■fi'o '

et où tous les termes de la somme sont pris avec les signes qui rendent leurs valeurs positives, remarquons que ce maximum s'obtient pour

tous les signes étant -t-. Il s'ensuit que la quantité que nous avons désignée par 8 ne dépassera pas la somme

2,2^ (", •„) Ti^.

et que par conséquent

«»iBô2(».'")'''"2''"'-

Comme on a

et que d'après (37)

cette inégalité donne

d'où, pour

ou obtient

= Ma A-1 ' °«— != iTo A-1 '""■ ^1= Ifo '*-! ' "= -Bo ^-1 *

— 64S — Ces formules montrent que S, la plus grande des quantités

ne surpassera pas

flj, ft-i '

puisque d'après nos notations i'""' est la limite supérieure des quantités

iïi., «=,...£,<"•', £.<"'.

Ou a donc

Ou voit d'après cette formule que la condition

dont il a été questiou plus haut, sera satisfaite si l'on a

Dana la discussion du cas qui nous occupe nous nous bornerons aux valeurs de R^ qui satisfont à cette inégalité; nous aurons donc

§ 11. D'après le § 9, si l'on a

la limite supérieure des valeurs absolues des inconnues

que nous avons désignée par M, satisfait à l'inégalité

En observant que cette inégalité n'est pas altérée lorsqu'on y remplace

T, S par les quantités

qui, d'après (SS)'*'^^ (40), ne peuvent pQs être inférieures h'T, S, nous en obtenons par cette substitution

de là nous trouvons par (39)

et d'après (30)

OÙ Vj^ est, d'après iios notations (§ 9), la valeur absolue de la somme

En vertu de cette relation et de l'inégalité (38), d'après laquelle 2'„, valeur absolue de la somme

ne dépasse pas

nous concluons de l'équation (33) que la valeur absolue de T„ ne dépasse pas la somme

qui est égale à

(-rr»«(->>ix,w

11 s'ensuit que T^ est contenue entre les limites suivantes

En posant dans ces formules

nous trouverons les limites entre lesquelles sont contenues les valeurs de toutes les m inconnues

qui entrent dans les équations (28); d'où nous concluons que, la condition S<1

étant supposée satisfaite, les équations (2 8) auront dans le cas que nous traitons des solutions finies, et que par conséquent on pourra trouver le polynôme

îp,^ {x) = g^ ^^ (x) H- Û^ (x) = du degré m, pour lequel la fraction

0^(3;) étant convenablement choisi, donne l'expression do

exacte jusqu'aux termes ou -^^ inclusivement. Eu observant que pour que cela soit ainsi, la fraction

doit avoir sou égale daus la série des fractious réduites

de l'expression W — Wq, obtenues par son développement eu fraction continue, nous concluons que si Hf^ satisfait à l'inégalité (42), il doit se troaver dans cette série une fraction dont le dénominateur est du degré m.

En répétant les mêmes raisonnements, après avoir remplacé m par les

nous arrivons à la conclusion que dans la série

A A A Qi' ft ' Ça ' " "

des réduites de l'expression W — Wg se trouvent nécessairement des fractions dont les dénominateurs sont des degrés

m, m — 1, m — 2,...l, si Ug satisfait aux inégalités

(44) fl.>iW!^, i7.>i("-)qzl=l,..,,ff.>i(.)|^, OÙ, d'après notre notation,

sont les limites supérieures des quantités

que nous obtenons des équations (3 6), en les laissant d'abord sous leur forme actuelle et en remplaçant ensuite le nombre m par m — I, m — 2. . . .1.

Puisque ces équations, en y remplaçant m par [a, jx — 1 , donnent

il en vient

Lj^) = L/-'''-t-{—ir-' «^ '4'^,(— A) 7f/-".

Mais eu observant, d'après (1), (2), que

«,>0, (-lf-^',,(-»)>0, nous déduisons de cette égalité

Il en suit que L^^\ limite supérieure des quantités

ne peut pas être plus petite que V^~^\ limite supérieure des quantités

jjf-~i> X'i'j" ... X ^^—'1 et que par conséquent on aura

De là et considérant que

IiM- — I ftf — 1 — 1 j U.-1 ^ Afi— 1 — 1

k~l A — 1 ^"^" -^ ft — 1 '

nous trouvons

D'après cela les seconds membres des inégalités (44) forment une série décroissante; donc toutes ces inégalités seront satisfaites lorsque S(, satisfait à la première d'entre elles

et par conséquent, d'après ce qui précède, il doit se trouver pour cette valeur de Ha des fractions aux dénominateurs des degrés

dans la série des réduites de l'expression

tirées du développement

Eu remarquant que cela n'est possible que si

sont du premier degré, nous eu concluons que dans le cas que nous considérons, Hq satisfaisant à l'inégalité (42), la fraction continue provenant du développement de l'expression

W— PFo, sera de la forme

Comme elle doit conserver cette forme pour toutes les vai-iations de l'expression W — TF,, qui laissent subsister l'inégalité (41), les coefficients

ne peuvent ni s'annuler ni devenir infinies, tant que l'inégalité (41) reste satisfaite; par suite, étant des fonctions rationnelles des coefficients de l'espressiou W — W^^, ils ne peuvent pas changer de signe tant que H^ ne dépasse pas la limite assignée par l'inégalité (41), En remarquant que pour

Fo = oo on obtient, d'après le § 10,

TTo^O, W—W^=W,

et que par conséquent la fraction

se transforme en

où, d'après (1), l'on a

on voit de ce qui précède que, dans les suppositions que nous avons faites, les coefficients

auront des valeurs positives.

§ 12. Nous avons ainsi établi quo lorsque

ne dépassent pas les limites

et qu'on admet

^0 > i""' refila série

se laisse développer en la fraction continue

Pi>0, P2>0,...,p^>0; doue en désignant par

Q, (x) q^J^x) Qm(x)

les réduites, nous voyons, d'après ce qui a été dit au § 1 sur les fractions continues de cette forme, que toutes les racines' des équations

ont des valeurs réelles et que ces valeurs sont toutes positives si l'équation

n'a pas de racine négative. Pour trouver la condition sous laquelle cette dernière circonstance a lien, observons que l'équation

if^(a:)— 0

se réduit en vertu de (4) et (27) à celle-ci

le coefficient

étant, d'après (43), pour ïî=n contenu entre les limites

De là et considérant que d'après (35), (10) on a nous arrivons à la conclusion que daus la somme

les coefficients des différeutes puissances de x sont contenus entre les coefficients des puissances correspondantes de x dans les fonctions

im (- *) ».,i -I (- ?') tn ») - -l-m (- '■) ■l'm-i 1")

■>«(->) »»-.(- Vl J'»W-J'»(-'-) ■>,,.-, W

" fi— 1

En comparant ces fonctions avec la fonction

^ry, (- A) 4-,^! (- h) j.,„ (X) - 4^^ (~ h) j;,„, (r)

qui figure dans l'équation (23), et eu observant que l'inégalité (24) dont le second membre est <1 0 est satisfaite, si

ne sort pas des limites

__hM h

■î-m (- n ^m~i l- /') -l-mC) - ■^m (- ^) ^m-v («)' .Ajïêà l

nous concluons, d'après le § 7, que si

ne dépassent pas les limites

AmB ^'

^^ (- fi) ^n^i (- '') -l^ra (0) - hn (- '') 'l'^i-i (0) '

. jKiJ2) 1^^

l'équation

ne contiendra que des variations des signes et par suite ne pourra pas avoir de racines négatives.

Comme les quantités

lie dépassent pas les limites indiquées ci-dessus pour

„ h«^-l T-H . Mn^ ^m-, (- ft) -l-m (0) - ■i'w (- h) ^m^i (0)

■«o> -ftzrr -''' "^"KTÎô) Ti '

et que d'après (10), (35) ou a

0 (0 h) = Z '"^i = '''"'-' '~ ^'' '^"' '"' ~ '^'" '~ ^'' '''"'-' ^°', nous coucluons que si H^ est plus grand que la somme

l'équation

n'aura pas de racines négatives et qu'alors, comme nous l'avons vu, les équations

n'auront pas non plus de racines négatives.

De là, ainsi que des résultats des paragraphes précédents, en posant

nous obtenons le théorème suivant.

Tlicol'èfflc,

est développaUe en fraction contimie

où Von a

et si toutes les racines des équations

'\.,(x) = o, '^2(ic) = o,..., ^\>,„^(x) = o, ■K(^) = o,

formées avec les dénominateurs des m de ses réduites

ont des valeurs positives, la même propriété avec le même nomlre m a lieu pour la fraction continue provenant du développement de la série

m premières réduites, lorsque les coefficients

pas les limites

où h est wne quantité positive quelconque et H^ une quantité positive plus grande que la somme

dans laquelle i'™' est la limite supérieure des valeurs absolues des coefficients du polynôme

et L^ en est le terme constant.

§ 13. En passant à l'étude des racines de l'équatiou

(45) W^(x) = (}, lorsque dans la série

les quantités

sont complètement indépendantes entre elles, nous observons que d'après le § 12 cette éciuation se réduit à l'équation

(46) ^^ix)-t^'^i-rr>r^x'' = o,

dont les coefficients

sout déterminés par les équations (28). Eu posant dans ces équations

e, = 0, e, = 0, e, = 0, . . . , e,,,, = 0, nous trouvons

après quoi l'équation (46) se chauge en l'équation

II en suit que les racines de l'équation (46) sont des fonctions des quantités

qui pour

Bout égales aux racines de l'équation

En désignant par

les racines de cette dernière équation disposées dans l'ordre croissant, et pai"

les racines de l'équation (46) disposées de manière qu'on ait

3,^(0)^3, W^ . . . <a:/"' < . . . <xj'^ ponr

^0 = 0 ei = 0, «2 = 0,..., e,„^,;:^0,

nous aurons pour ces valeurs de e,,, e, , e^. . . e^, d'après ce que nous ayons vu plus haut,

a;/<'' = a;,, x^^^'^ — x^,. . .x^^'^^ — x^,. . ., xj°'>=:x^.

D'après (3) et (28) tous les coefficients des fonctions

s'aunullent pour

et l'on a

Par conséquent, en différeutiant l'équation (9) suivant e^ et en posant c„ = 0, e, = 0, 63 = 0,..., nous obtenons dans le voisinage de ces valeurs de e^, e^, e^. . .

En portant ici les expressions (27), (10) des fonctions û^.{x), 0^{x, s)

et en divisant par g^, nous trouvons

ce qui pour

Xi étant une racine de Téquatiou

donne

d'où, en observant que T s'annule pour e^^O, e, ^ 0, e^ = 0 . . . , nous obtenons

Puisque les racines

de l'cquation

ont, d'après le § 1, des valeurs réelles et positives, les termes du polynôme

G' (z—x,)\ . .{2—x;). . .{z—xj,

auquel se réduit la fraction

ont alternativement les signes -i- et — . Si nous observons que le premier ternie C^ £.='"—1 ^ un coefficient positif, nous trouverons que le coefficient de 2' sera représenté par la formule

-(-i)'-ff,

ou

Par couséquent il vient

et l'équation (47) donne

Cette égalité aura lieu pour

qui sont racines de l'équation

tandis que pour les racines de l'équation (46) que nous avons désignées par

nous aui'ons

d'où nous obtenons, en différentiant par rapport à e,.

En appliquant cette équation au cas, où et en observant qu'on a ici, d'après ce qu'on a vu plus haut,

nous trouvons que dans le voisinage de

fio = 0 Cj = Oj e^ = 0, . . .

aura lieu l'égalité

d'où il suit

ce qui, d'après (48), donne

Cette relation détermine la valeur de la dérivée

dans le voisinage de

e^ = 0, ej = Oj ^3 = 0...,

et il est aisé de montrer que dans le cas considéré on en obtient

En effet, de ce que nous avons montré au § 1 relativement ans équations

on voit qu'entre deux racines voisines de l'équation

+.^ = 0 se trouve une racine de l'équation

en même temps qu'une racine de l'équation

'}/^ (x) = 0; donc la fraction

change de signe deux fois dans ctiacuue de ces intervalles, en reprenant le même signe pour

x = Xi, a!j,. . ., Xj,..., x^

En observant que, pour la même raison, les équations

n'ont pas de racines entre a;:=a;^, a;= -i-oo, nous en concluons que les

fractions

ont le même signe que la fraction Il en suit

puisque, d'après §l,ondoitavoir Ayant ainsi établi que

nous obtenons de (49), où l'on a, comme on l'a vu, ff > 0,

ce qu'il fallait démontrer.

L'inégalité que nous veuons de démontrer fournit la limite inférieure de la dérivée

dans le voisinage de

Pour déduire de l'équation (49) la limite supérieure de cette dérivée, déterminons 'j^^,(a;) par (25), en y posant

n = m — 1, x^Xjy ce qui donne

De cette même formule, en y posant n=m et en observant que les racines de l'équation

^^ {x) = 0 sont égales à

œ^, x^,. . ., «p. . ., x^, nous avons

Par conséquent il vient de l'équation (49)

^^ ES. (— i)"»— i-i g,-('»-i)(a^'

dei K^i'") (a;, — »,). . .(«( — «(,) (x; — x/^i). ..(»( — x^)'

En observant que d'après (25) Kj-"'^ est différent de zéro, lorsque ^^ (x) est du degré m, et que d'après § 1 les quantités

racines de l'équation

sont toutes différentes entre elles, nous concluons de cette égalité, où

sont des quantités finies, que la dérivée

' ègf '

dans le cas considéré ne surpasse pas une certaine limite finie qui peut être trouvée d'après les coefficients des fonctions

et les racines de l'équation

^Jx) = 0.

On voit de là que lorsque les quantités

t une variation continue dans le voisinage de

toutes les racines de l'équation (46) subiront aussi des variations continues et que d'après (50) ces racines croîtront avec eç^, e^, e^. .. § 14. Pour étendre ces résultats au cas, oîi

e», «i, «2,.. • diffèrent plus ou moins de zéro, nous remarquons que les propriétés des fonctions

qui ont servi de fondement à tous nos raisonnements, subsistent, d'après le théorème que nous avons démontré, si au lieu de la série

on prend la série

OÙ les quantités

Co, (7,, Ca,...C;„,,

ne dépassent pas les limites

h, Ho satisfaisant aux conditions indiquées c Il en suit que pour ces valeurs de

c^, Uj, G|,, .

on peut répéter pour la série

tout ce qui a été démontré pour la série

et que par suite, en remplaçant la série

par la série

dans la formation de l'équatiou

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