aStffriM de /• ÂaoM, tome I, p. 3s
SU& LA FONTAINE. clt
« Autant Si étoit aimable |Mir la doaœar da caractère, autant 3 Yétoit pea par les agrânents de la nodété. U n'y mettoit januds rien du âen ; et mes aceurs qui, dans leur jeunesse^ Tont sourent vu à table cbes mon père, n'ont conserve de lui d'autre idée que celle d'un bomme fort malpropre et fort ei^ nuyeux. U ne parloît point, ou vouloit toujours parler de Platon. » Et dans ses Réflexions sur ia poésie * : « Jamais auteur ne fut moins propre à inspirer du respect par sa présence* U ëtoit l'objet des railleries de ses meilleurs amis. » Saint-Simon^ qui, il est vrai, n'ëtait déjà plus qu'un écbo, a dit aussi : a La Fontaine, si connu par ses fables et par ses contes, et toute* ibis si pesant en conversation *• »
L'auteur du Portrait de M. de la FontaùWj dans les OEit' près postkatmes ', a voulu réfuter la Bruyère qui, sel<Hi lui, a a plutôt songe à faire un beau contraste* ••• qu'un portrait qui ressemblât, s U se contente cependant de beaucoup atténuer, sans contredire absolument : « U étoit semblable à ces vases simples et sans ornements qui renferment au dedans des trésors infinis; il se négligeoit, étoit toujours habillé trèssimplement, avoit dans le visage un air grossier; mais cependant, dès qu'on le regardoit un peu attentivement, on trouvoit de l'esprit dans ses yeux; et une certaine vivacité, que l'âge même n'avoit pu éteindre, faisoit voir qu'il n'étoit rien moms que ce qu'il paroissoit.... Dès que la conversation commençoit à l'intéresser et qu'il prenoit parti dans la dispute, ce n'étoit plus cet homme rêveur : c'étoit un homme qui parlait beaucoup et bien.... U étoit encore très-aimable parmi les plaisirs de la table; il les augmentoit ordinairement par son «Djouement et par ses bons mots; et il a toujours passé, avec raison, pour un très-charmant convive. » Cette apologie est mesurée et ne semble pas trop complaisante; on y doit être bien près de la vérité. D'Olivet est d'accord sur beaucoup de points, bien qu'il commence par quelques traits qui rappellent l'excessive dureté des expressions de la Bruyère : « A sa phy-
I. Chapitre xn, d 9. Mémoires (édition de M. de Boisliile), tome II, p« a8i. 3. A la faite de la Préfacé des OKupres patthumts de Motuieur de la Fantaime (1696}.— La Préface et le Portrait ne sont
GLTi NOTICE BIOGRAPHIQUE
sioDomie.... on n'eût pas deTinë ses talents. Un sourire mais, on air lourd, des yeux presque toujours ëteints, nulle contenance ^ Rigaud et de Troyes Font peint au naturel; mais l'estampe que nous avons* dans les Hommes illustres de Perrault le flatte un peu. » La mesure a peut-être été là dépassée; toutefois n'oublions pas que Tair grossier dans le visage est avoue par l'éditeur même de la publication de 1696. Du côté de la conversation, ce que d'OÛvet en dit nous paratt ramener les choses à la vraisemblance : « Rarement il commençoit la conversation; et même, pour Tordinaire, il y étoit si distrait, qu'il ne savoit ce que disoient les autres. Il revoit à tout autre chose, sans qu'il eût pu dire à quoi il revoit. Si pourtant il se trouvoit entre amis, et que le discours vint à s'animer par quelque agréable dispute, surtout à table, alors il s'échauffoit véritablement, ses yeux s'allumoient, c'étoit la Fontaine en personne, et non pas un fantôme revêtu de sa figure. On ne tiroit rien de lui dans un tête-à-tête, à moins que le discours ne roulAt sur quelque chose de sérieux et d'intéressant pour celui qui parloit '. »
Sainte-Beuve* va plus loin dans ses réserves sur les médiocres agréments mondains de la Fontaine que d'Olivet et que l'éditeur des OEuvres posthumes ; ce On a paru s'étonner, dit-il, de ce succès si prompt de la Fontaine dans ce monde de cour. Ceux qui, sur la foi de quelques anecdotes exagérées, se font de lui une sorte de rêveur toujours absent, ont raison de n'y rien comprendre ; mais c'est que l'aimable poète n'était point ce qu'ils se figurent. Il avait certes ses distractions, ses ravissements intérieurs, son doux enthousiasme qui l'enlevait ^souvent loin des humains.... Mab, quand la Fontaine n'était pas dans sa veine de composition, quand il était arrêté sous le charme auprès de quelqu'une de ces femmes spirituelles et belles qu'il a célébrées et qui savaient l'agacer avec grftce, quand il voulait plaire enfin, tenez pour assuré qu'il avait