‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 105 sur 374 · X. Voyez ci-desfos, p. glxi · texte numérisé non relu

X. Voyez ci-desfos, p. glxi

s. Fable xzni du liTre XIL

3. Mme de U Mësangère ayait un hôtel rue de la Sourdière, dans le voisinage de la maison de sa mère.

SUR LA FONTAINE. clxt

comme FonteneUey on peu plus tard, lui dëdia ses Entretiens sur la pluralité des mondes. D'autres amitiés consolaient notre po6te de la rareté des visites de celles qu'il appelait des enchanteresses. Sa lettre nous introduit dans la chambre de la rue Saint-Honorë, qu'il avait décorée à sa ^ise et où Ton venait converser avec lui. Il la nommait la chambre des phi losophes^ parce qu'il s'y était entouré de sages peu incommodes, étant de terre cuite. Il y avait, c'est lui-même qui le dit, le buste de Socrate, très-certainement celui de Platon, pour qui l'on connaît son admiration ; et l'on s'étonnerait beaucoup si Epicure avait été absent. Pour réjouir d'un peu de musique cette antique et philosophique compagnie, en même temps ses visiteurs, qui y devaient être plus sensibles, il avait voulu avoir, un clavecin. Le clavecin avait rendu nécessaire un autre meuble, une musicienne jeune et jolie, une Chhris^ avec laquelle la Fontaine risquait beaucoup d'amener l'Amour près de la Philosophie. Il courait volontiers ce risque, quoiqu'il avouât à Bonrepauz qu'à son âge les Chloris pourraient bien n'aimer de lui que ses chansons. Parmi les amis qui se rassemblaient dans cette chambre, il nomme d'Hervart, Vergier et Saint-Dié. Il donne à celui-ci le nom de son fidèle Achate, et parle de lui comme d'un des hommes d'esprit de qui Bonrepaux recevra les meilleures lettres qu'on puisse écrire. C'était, comme d'Hervart, un maître des requêtes au conseil du Roi. Il s'appelait Cyprien Perrot [et était fils du président Jean Perrot de Saint-Dié. On a fait de lui ce portrait : « homme de tout plaisir et de tout divertissement, de chasse, de danse, de jeu, sans application à sa profession ; ne manque pas néanmoins de sens et est adroit à tout*. » Pour les deux autres amis,

I. On a cru reconnaître * dans cette Chloris Mlle Certln, célèbre par son talent sur le claTecin, et que la Fontaine a louée avec enthousiasme, toute jeune encore, dans son ëpitre A M. de Niert, Nous avons aussi sur elle quelques rers de Chaulieu, un de ses amoureux. Voyez les Œuvres de Chaulieu (Amsterdam et Paris, 1757), tome II, p. 71.

9. Voye% au tome Y, p. 489, des Historiettes de TalUmamt des Réaux^ la note des éditeurs sur le fils du président Perrot. Ils ren-

a Yojem le* Cours galautes de M. Desnoiratterrct, tome lit, p. 33i.

CLXTi NOTICE BIOGRAPHIQUE

Hervart et Yergier, on ne peut se borner à me n brève mention dans une biographie de la Fontaine*

Anne d'Hervart, conseiller aa parlement de Paris et maître des requêtes au conseil du Roi, était fils du riche financier Barthélémy Herrart, ou mieux Herwarth^, qui avait rendu de grands services à Masarin et à la France, avait été inten> dant des finances en i65o, contrôleur général ven la fin de 1657, jusqu'en i665 ou 1666. Le maître des requêtes Hervart avait épousé, en 1686, Françoise le Ragois de Bretonvillien*, « une des plus belles fenunes que l'on ait jamais vues, » dît Mathieu Marais'. Elle eut facilement pour le bonhomme de la chambre des philosophes les mêmes sentîmaits que son mari. Elle parait l'avoir aimé de cette affection maternelle, la seule que les vieillards, à la condition encore qu'ils soient d'aimables enfants, peuvent attendre des jeunes femmes. 11 devait trouver un jour en elle une seconde la Sablière, autant du moins qu'il pouvait 7 en avoir deux. Une parole est à remarquer dans la lettre de Vergier à Mme d'Hervart, dont nous avons d^è cité quelque chose*, et qui se termine ainsi : a Vous saves. Madame, qu'il s'ennuie partout, et même, ne vous en déplaise, quand il est auprès de vous, surtout quand vous vous avises de vouloir régler ou ses mœura ou sa dépense. » Elle aussi le sermonnait donc. Le proverbe veut que les meiUeun sermons soient ceux d'un jeune curé. C'étaient les mieux faits surtout pour la Fontaine; et l'on pouvait espérer qu'il écouterait ceux

Toîent au Portrait des membres du parlement de Paris vert 1 661, dans le maDUflcrit de Saint-Victor, 1096 (maintenant Fr. 90 867).

t. U était d*une famille patricienne d*Augtbourg. Vojei dans la Re9U€ htsiorique (1879), p. t85-355, une lairante notice de M. G. Depping, tous ce titre : Bartkélemf Herwarth^ contrôleur général des finances. Elle nous a été très-utile.

a. Fille de Bénigne le Ragois, sieur de Bretonrilliers, président è la chambre des Comptes.

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