I. Lettre à Bonrepaux, du 3i août
a. Imprimé à Cologne, chez Adrien TEnclume, i toI. petit in- 19, 1708. — Voyez, pour Thistoire de Mme Ulrich, aux pages 96 et x3a*-i4o de la SêcoadêforiU de la nouvelle.
«.zxiT NOTICE BIOGRAPHIQUE
d'Auvergne, chez lequel il se peut que la Foataiiie Tait coqnue. Uliichy ayant l'intention de faire d'elle sa femme, la plaça dans un conyent, pour qu'elle y reçût une bonne ëdocation. Là elle eut une intrigue airec Danoonrt, le célèbre comëdien auteur. Ulrich, averti, la fit sortir d'une maison où elle était si mal gardée, et très-imprudemment l'épousa. Une fois dans le monde, sa conduite fut j^us mauvaise encore; elle devint fameuse par ses débauches. Elle était cepoidant logée dans une noble maison de la rue de l'Université, où « bien d'honnêtes gens alloient lui rendre visite^. » Mais cette maison était celle de la duchesse de Choiseul, célèbre par a ses galante* ries sans mesure*. » Quant aux honnêtes gmis, ils n'étaient pas toujours de moeurs honnêtes. Sous le toit donc de la nièce de Bflle de la Yallière, jour et nuit on jouait ches Mme Ulrich. Des mousquetaires et toute sorte de petitSHnaltres y venaient faire le tapage, casser les porcelaines et les vitres. La galante personne fit mourir de chagrin sa mère par ses déportements. Elle avait une fille vertueuse, que la Fontaine appelle « une fière petite peste, » et qui, par l'entremise d'une grande dame, obtint une lettre de cachet pour enfermer Mme Ulrich dans le couvent d'Evreuz, où elle-même était religieuse. L'abbesse refusa de recevoir une pensionnaire si décriée; on prit le parti de la mettre à l'Hôpital général. Cette fin de sa triste histoire ne laisse pas de doute. Plusieurs rapports du lieutenant de police, René d'Argenson, adressés, en 1700 et en 170a, au contrôleur général Pontchartrain*, constatent les dérèglements de Mme Ulrich. Dans le rapport qui est daté d'avril 170a, il est dit que les scandales de sa conduite, qui avaient déjà forcé de la renfermer aux Madelonnettes, étaient devenus plus intolérables encore et plus dangereux, tout âgée, laide et infirme qu'elle était alors. D'Argenson sollicitait donc l'ordre de la faire conduire au Refuge de la Pitié, dépendant de l'Hô-