I . Phnom maltâiUr^ p
a. Voyez les Additions de Saint-Simon au tome I* des Mémoires (édition de M. de Boisliale), p. 36o ; et les Mémoires mêmes, iéidem^ p. 118.
3. Notss de Mné stArggnsùn^ lieutenant générsd de police^ Paris, 1866, in-zs : voyes aux pages 33, 34, 70 et 71.
SUR LA FONTAINE. gx.xxt
pital géoirBlj qu'elle ayait méiM mienz encore que rhërolne da romaD de l'abbë Prëvosl.
Les deux lettres de la Fonlaine, dont elle-même a divulgue impudemment le secret, auraient souvent besoin d'un commentaire, qu'elle seule aurait pu donner. Ce qu'elles ont de parfaitement clair, c'est que la Fontaine était en très-intime Haison avec elle, avec le marquis de Sable, un de ses amants, et l'abbë Servien, frère de celui-ci. De ces deux fils du surintendant des finances Servien, Saint«Simon a dit : « Rien.... de si dëbordë que la vie de ces deux frères, tous deux d'excellente compagnie et de beaucoup d'esprit^. » Parmi les spirituelles et excellentes compagnies, notre poète, voilà une nouvelle occasion d'en convenir, ne choisissait pas les mieux famées. Nous croycms comprendre que , lorsqu'il écrivait à Mme IHrich, absente de Paris, elle était cachée quelque part avec les deux Servien. La Fontaine ne montrait aucune jalousie. Il parle cependant de certaines remontrances qu'il avait faites à la beUe, sans doute sur Timprudence de son train de vie. Walckenaer explique ces remontrances' dans le sens de quelque résistance aux avances de la dame. L'interprétation est un peu trop charitable pour la Fontaine, dont la vertu ne se défendait pas si bien. Le seul commencement de sagesse que la lecture de ses lettres puisse faire trouver chea lui, c'est la crainte du mattre, nous voulons dire du mari. Avec une sincérité comique, il avoue qu'il meurt de peur à la pensée du retour de ce diable d'Ulrich, quelquefois un peu mutin : il n'en dort point. En attendant, il reçoit volontiers le vin de Champagne et les poulardes, qui, de la retraite de Mme Ulrich, lui étaient envoyés; il accepte aussi une chambre chez le marquis de Sabté. Ces amis du plaisir, supérieurs aux rivalités, faisaient bon ménage. Nous sommes dans la chronique scandaleuse ; qu'on nous le pardonne : il n'y a pas de secret à garder sur les égarements de la Fontaine, qu'il n'a lui-même jamais dissimulés. Mme Ulrich d^aiileurs, en imprimant les lettres du poète, et en se faisant l'éditeur
I. Mémoires de Saint-^lmonf tome IX, p. 336. ^ Voyez aussi au tome YIII, p. 45« et au tome X, p. 117. a. Tome U, p. 179.
GLXZYi NOTICE filOGRAPHIQUE
de quelques-uns des ëcrits, qu'il lui avait sans doute confies, a fait en sorte de ne pouvoir être oubliëe dans son histoire.
Il est vraisemblable que le dernier conte de la Fontaine, les Quiproquo^ fut écrit pour amuser Mme Ulrich. Elle l'a inséré dans les Œuvres posthumes^ pour la publication des- • quelles elle fut aidée par le marquis de Sablé. On attribue à celui-oi le portrait du poète dont nous avons eu à dter quelques lignes ^
Chercher à ces erreurs par trop fortes de la Fontaine ime excuse dans la dépravation de son temps ne pourrait être juste qu'à condition de ne pas excéder la mesure de Findulgence. De bonne heure il s'était abandonné, sans résistance, à ses penchants voluptueux , et c'est ainsi que, arrivé à la vieillesse, il fut entraîné de plus en plus par le courant qu'il avait rencontré. C'était un courant d'une grande force. Sainte-Beuve l'a bien dit, à propos de la Fare et de Gh^ulieu : « Les mœurs de la Régence existaient déjà sous Louis XIY^. » Si l'on s'est longtemps habitué à ne voir que le dix-«eptième siècle majestueux, sage et réglé, il y a cependant « un autre siècle, dit-il encore*, qui coule dessous..., comme un fleuve coulerait sous un large pont, et qui va de l'une à l'autre Régence, de celle de la Reine mère à celle de Philippe d'Orléans. Les belles et spirituelles nièces de Mazarin furent beaucoup dans cette transmission d'esprit d'une régence à l'autre, les duchesses de Mazarin, de Bouillon, et tout leur monde : Saint-Évremond et les voluptueux de son école. » On ne saurait mieux parler, ni mieux définir la société qui devint celle de la Fontaine, la société où il vécut au milieu des Conti, des Vendôme, des la Fare et des Chaulieu.
Après avoir parlé des Conti, à Chantilly, à l'Ue-Âdam, nous rencontrons, dans le même temps, les Vendôme et le Temple, où la Fontaine va nous paraître donner la main, non plus à Racine, à Boileau, mais, malgré quelques années qui l'en séparent, à Voltaire : non pas cependant que Voltaire lui ressemble autrement que pour le badinage, si élégant aussi,