LES DESCENDANTS DE LA FONTAINE
On aimera sans doute à trouver ici sur les descendants de la Fontaine quelques détails qui n*ont pas paru devoir être donnés dans la Hfotieê hio' gfÊtpkiqmê de leur aïeul.
Son fils, CnAHiina db ul FoxTAtHB, dont nous avons fait connaître cidemus la date de naissance (3o octobre i653), « a été, dit le P. Tiiceron ', l*hérttier de sa pauvreté, sans Tétre de ses talents.... On [I*]a vu, quelque temps, simple commis dans la ville de Troyes. > Ce fut, selon Adry *, vers 17ÛO qu*un emploi dans les Aides lui fut procuré, dans cette ville, par les amis qu*y avait eus son père. A la fin de 1714* il fut nommé greffer du prévôt des maréchaux de France, par lettres patentes datées du 4 déceaÂbre. Quelques années avant, i Tige de cinquante-trots ans *, il avait épousé J«aiuU'Françnt9 du Tremhlajr, dont la famille était à Paris dans la cour des Aides et dans la chambre des Comptes; elle avait, à Chiteau- Thierry, un frère, Pierre-Louis du Tremblay, conseiller du Roi, receveur des gabelles. Le fils de la Fontaine mourut en 1723, suivant Walckenaer (tome n, p. ao4)* Nous croyons plutôt que ce fut en I7a3. L*aete qui confère à sa veuve la tutelle de ses enfants mineurs est du 1 8 mai de cette dernière année. Ces enfiints étaient Marie- Jeanne^Gmiilaume^ Âlitakeîk»
LÊmuë'Séhmtiimmt^ Jeamme-FMneoite et Charies" Lotus,
Les tioia petites4illes de notre poëte ne se marièrent pas, sans doute pavée quelles étaient sans fortune. Elles habitaient, k ChAteau-Thierry, une maison que VffUtoiré de CkAleam^Tkierrjr^ par Tabbé Poquet (tome à, p. 106), dit avoir été achetée par leur père. Elle doit être cependant la
I. Mémoires pour servir k P histoire dès hotnmes illustres^ tome XYIII, p. 3ag.
a. Note i3 sur la f^ie de la Fontaine par Fréron, p. zxvi.
3. Histoire de ChâUaU'Thierrjr, par l'abbé Poquet, tome II, p. ia3. — Le mariage de Charles de la Fontaine serait donc de Tannée 1706. Jeanne du Tremblay, née en 1689, n*avaU que dix-sept ans.
APPENDICE. ecxT
dont parl« ùmù Vatmbe, dasê me lettre adreuée i Fr&fom le ii février 1758 {jiiuu€ liitàrmirm^ i?^^, tome II, p. 11] : c Root rettoae.... trois Mran, qui TiToai avee notre mère deai la même maîtoa qu'oeeapoit ■fOtre grand-père. » Où était tttttée cette maiaon? Selon qaelqnet*uw, dana la me dn Cbâteaa; selon d'autres (et c*est une tradition qne noua avons trouvée i ChAteaa-Thierry), dans la me des Cordeliers, aajonrd*liai roe Jean de la Fontaine, en Isce même de la maison natale da poite, dont elle serait devenue la demeure, après la vente de 1676. Les petites* ftlles de. la Fontaine préaentèrent une requête an Boi pour solliciter des lettres de chaneellerie qui leuf permissent de fiiim imprimer, pendant quinse années, les FoUes et les OBm»>t§9 de leur aïeul. Ces lettms leur furent accordées le 99 juin 1761 ; osais plusieurs libraires formèrent, le 14 juillet suivant, opposition à leur enregistrement. Ils fumnt déboutés de cette opposition par un arrêt que le Roi rendit en son Conseil le 14 septembre 1761. Les deux aînées des filles de Charles de la Fontaine moururent septuagénaires. Tune en 1785, Tautre en 1787. La plus jeune était morte en 1769, h l*âge de quarante-cinq ans'.
CnAnLis-Loins on ul FoMTAim, leur frère, naquit à Château-Thierrj, le 93 avril 1718* (et non 1790, comme récrivait sa sœur à Fréron dans la
I. Voici les actes de leurs inbumstîons, extraits des registres de Saint- Crépin de ChAtean-'Ilûerrj :
« L*an mil sept cent soixante et deux, le vingt-quatre octobre, a été inbumé dans le cimetierre de cette paroisse le corps de Jesnne-Françoîse de la Fontaine, fille majeure de Monsieur de la Fontaine, vivant secrétaire do R07, et de Jeanne-Françoise Dutramblay, déeédéc de la veille, âgée de quarante-cinq ans.... >
« L*an mil sept cent quatre-vinst cinq, le cinq du mois de msi, a été inkumé su cimetière de cette paroisse le corps de Marie-Jeanne-Guillaume de la Footaine, vivante fille majeure de maître Charles de la Fontaine, avocat en Parlement, et de dame Jeanne-Françoise du Tremblai, tous deux défunts, décédée de Ii^ veille, âgée d'environ soixante-dix ans.... »
« L'an mil sept cent quatre-vingt-sept, le dix-sept février, a été inhumé au cimetière de cette paroisse le corps de demoiselle Elisabeth-Louise de la Fontaine, la dernière des petits-fils et petites-filles du célèbre Jean de la Fontaine, décédée d'hier. Agée de soixsnte et onze ans, deux mois et six jours, au convoi de laquelle ont assisté Messieurs Adam-Pierre Pinterel de Louvemy, conseiller du Roy, lieutenant général an bailliage et siège présidial de cette ville, Louis- Augustin Regnault, directeur du. terrier du duché de ChAteau-Thicrrj, ses cousins, M. Louis-Nicolas Sutil, avocat du Rojr et entres, avec nous soussignés.
« Rêgnauit^ Tkirial, doet, de 'Sorbonne, euréf Piaterel de Louvernjr^ Sutil ^ mtneat du Roi^ eie. »
9. Voici son acte de baptême, extrait des registres de la paroisse de Saint-Crèpin :
« Le 94 avril 1718, a été baptisé Charles-Louis, né du jour précédent, du mariage légitime de maître Charles de la Fontaine, greffier de Messeigneurs les maréchaux de France, et de dame Françoise-Jeanne du Trem-
ccxYi NOTICE SUR LÀ FONTAINE.
lettre toat à Theare mentionna). U att dit dans eette même lettre que Charlet-Loois « eût été fort à plaindre et auroit eoura riiqae de rtater îgnoaA dang ta patrie, sans les secoors généreux de M. Héricart de Tharj, eonseiller à la conr des Aides*. > Mlle de la Fontaine ajoute que M. Hérieart mit le jeune homme au collège de BeauTais; que eelui-ei, son édu* cation adievée, eut, ï Th^tel des Postes, un emploi, dont il s'acquitta avec assea de négligence, ayant beaucoup d'indolence et de goAt pour le plaisir : on continuait i eonserrer fidèlement cette part de Théritage. Charles-Louis était arocat an Parlement. Le marquis de Bonnae* le prit pour secrétaire, et le chargea, en 1749, d'aller régler à Pamiers cpielquesunes de ses affaires. Il j épousa, en novembre I75i, Marie-Antoinette le Mercier, fille de Georges-Louis le Mercier, écuyer, conseiller du Roi, maître des eaux et forêts de Pamiers. Le petit-fils de la Fontaine mourut à Pamiers, le i4 noTcmbre 1757. Sa TeuTC épousa, en secondes noces, M. de Neuillj, fermier général, qui fut guillotiné à la Révolution.
Cbarles-Louis de la Fontaine avait laissé trois enfants : Aforw-F/vuipaM»- Claire^ MarU-Claire^ IfugU€S'CiarUs.
HDOUss-OnAALKi DK L4 Foutaihk était né, le is juillet 1757, i Pamiers *.
Àdry parle de lui en ces termes, dans une de ses notes sur la Fie de la Fontaine par Fréron (p. xxx) : « 11 y a encore de nos jours (en 1806) un descendant de la Fontaine, homme vraiment philosophe et qui a su préférer le bonheur à la célébrité qu'il auroit pu acquérir dans la littéra*
blay. Son parrain M. Pierre-Louis Dutramblay, la marraine demoiselle Jeanne Josse de Bressay, lesquels ont signé :
• De la Fomtaine., Mtwiê'Jeamtu Joue de Bressaj^ M. F., Douceur^ vicaire; du Tremblajr, »
I. Charles-Louis-Sébastien Héricart, qui, de 1742 à 1748, fut secrétaire et intendant des finances de la maison d'Orléans.
a. François- Armand d'Usson, marquis de Bonnac. Il avait obtenu, le a3 juin 1738, la lieutenance de Roi au gottvememei)t de Foix. Il fut nommé maréchal de camp le a5 août 1749* lieutenant général au gouvernement du pays de Foix en 1750, enfin, le 11 novembre 1751, ambassadeur auprès des ÉtaU généraux des Provinces-Unies.
3. Walckenaer {Histoire de la vie de.... la Fontaine ^ édition de 1824, un vol. in-8*, p. 637, dans une note) donne son acte de baptême, extrait des registres de l'église cathédrale paroissiale de Pamiers :
« L'an mil sept cens cinquante-sept et le douzième juillet, est né et a été baptisé un enfant màle, fils légitime et naturel à mcssire Charles- Louis de la Fontaine, écuyer, avocat en parlement de Paris, et dame Marie-Antoinette Lemercier, son épouse : auquel on a donné le nom de Hugues-Charles. Son parrein a été messire IficoIas«Simon Delguenand, chevalier, lieutenant- colonel réformé de dragons; marreine damoyselle Marthe-Marie Moynier de la Terrasse, tous habitants de cette ville, soussignés. Le père absent. Témoins M* Joseph de Rigail, conseiller du Roy au sénéchal et président et juge souverain du Donezan, et M* Paul Fonta, conseiller du Roy, assesseur de la maréchaussée du Ronssillon et paya de Foix, aussi habiUnU de cette ville, soussignés.
» Delguenand^ la Terrasse^ Fonta^ Bigail^ Paulf, curé. »
APPENDICE. GGXTii
turt 9t même daai d«« «aiploM importaate. > Use lettre iniérée aa /«btjm/ iIm DihtHs, du 10 norembre 1818, eonfirme cet parolei pleines d*ettime pour rarrière-petit-fiU du poëte« et nous en dit un pea pliu long •nr loi : «M. de la Fontaine eat parvenu à Vàge de 61 ans. Sa jeunesse et les moments de loisir que lui laissait un emploi dans la finance furent consacrés k une étude approfondie de Phistoire et de la littérature. Les éTenements de la Révolution Payant priré de son emploi et d'une partie de son patrimoine, il rit rétiré.... Il se résigne, dans le silence, i toutes les privations et cherche à se contenter des débris d*unc fortune qui ne fut jamais que très->modique. » Le même journal, à la date du a5 août l8a4) complète ainsi ces renseignements : c II était {quand il mourui) le seul rejeton du Bonhomme. S'il n'avait pas son génie, il avait hérité du moins de son originalité et de sa modestie. M. de la Fontaine habitait ordinairement Paris. Aveugle et infirme, il est venu, peu de temps avant sa mort, dans sa ville natale^, comme simple voyageur, et sans se faire eonnaltre. Il s'était logé dans une auberge, avec une domestique ; et ee n'est qu'en recevant les billets de faire part que les habitants ont su qu'ils l'avaient possédé parmi eux. M. Tribert, président honoraire, et M. Poan de Sapineourt avaient été chargés par M. Héricart de Thury, son parent, de veiller à ses besoins. » L'auberge où l'on donne à entendre qu'il mourut était sans doute celle de la Sirène, dans le faubourg de Marne. Il se pourrait qu'il y fàt descendu; mais l'acte de son décès' nous apprend qu'il est mort, le 16 aoAt i8a4« <l*i>* !■ maison du sieur Plu, entrepreneur de bâtiments. Cette maison existe encore au faubourg de Marne.
Walckenaer dit (p. 637 de l'édition de 18214, * 1* °o<^ ^^^ citée) avoir appris, au moment on l'on allait tirer la dernière feuille, que le roi Louis XVIII avait accordé une pension de qninxe cents francs k Hugues- Charles. La date de l'ordonnance royale serait, dit-on, le a3 novembre iSaS. Nous ne l'avons pas trouvée au BttlietÎH d«i lois.
Le dernier héritier mftle du nom de la Fontaine n'avait pas été marié.
I. Cest-i-dire k Chflteau-Thierry, dans la ville natale de sa famille paternelle. Nous avons vu qu'il était né k Pamiers.
9. Voici eet acte, extrait des registres de la paroisse de Saint-Crépin :
• L^an mil huit cent vingt-quatre, le 17 août, huit heures du matin, en la mairie et par devant nous, Louis Vol, maire et officier de l'état civil de la ville de Chftteau-Thierry, arrondissement et canton dndit lieu, département de l'Aisne,
c Sont comparus MM. Jean-Baptiste-Louis de Sapineourt, âgé de 53 ans, receveur des hospices civils de cette ville, et Étienne-ChaWes Tribert, président honoraire du tribunal. Agé de 64 ans, demeurant tous deux ii Château-Thierry, lesquels nous ont déclaré que M. Hugues-Charles de la Fontaine, né à Palmiers {*ic)^ le douse juillet mil sept cent cinquante-sept, fils de M. Charles-Louis de la Fontaine, éeuyer, avocat en parlement de Paris, et de dame Marie-Antoinette Lemercier, tous deux décèdes, ledit Hugues-Charles de la Fontaine, demeurant à Château-Thierry, est décédé le jour d'hier, a cinq heures et demie du soir, maison du sieur Plu fils, entrepreneur de bâtiments, faubourg de Marne. Et ont les deux témoins signé avec nous le présent acte, après que lecture leur en a été faite,
« Trihertf Poan de Sapineourt^ f^o/. %
ccxTiii NOTICE SUR LA FONTAINE.
Ses avon, qna bdiu avons aomaéet ci-dettu, avaMSt M, «prit la mort do Charlet-LoaU, leur père, reeaeilUet« h Châteaa-Thierry, par leort tastet, qui les présentèrent à MsauAiiis, filles de Louis XY, lorsque ees prineesses, se rendant aux eaux de Plombières, en 1763, passèrent par Chiteau-Thierrj. La jeune Marie-Fran^ise-Claire, âgée de sept ans, réeîta devant MnaoAMxa une petite Cible en vers, /# Lierre et ie Ckéng, qui faisait une transparente allusion à leur besoin de protection, et que prèeèdaient ees vers :
Jean s*en alla comme il était venu. Mangeant son fonds avec son rerenn.
C*était mon bisaïeul de célèbre mémoire. Son fils a fait de même, aussi son petit-fils. Jamais au monde ils n*ont acquis Que de Testimc et de la gloire.
Toncbées de la grAce de Tcniant, qui n^avait pour héritage quW nom illustre, BlnnAMit, au retour de Plombières, remmenèrent à Versailles, et la présentèrent au Roi. Elles la placèrent, pour son éducation, i l'abbaye de Fonterrault. On la destinait à l*état religieux ; elle préféra le mariage. Elle épousa Cbarles-Étienne-Marie Marin, comte de Marson, garde du corps du Roi. Ses bienfaitrices lui assurèrent une pension de douie cents francs, qui lui fut exactement payée jusqu'au tempe de la Rérolution. A cette dernière époque, Mme de Marson Tivait obscurément à Versailles, avec son fils et sa fille. Une lettre qu'elle avait reçue d'un parent émigré la fit traduire devant un comité révolutionnaire de cette ville. Elle 7 eoasparut accompagnée de ses enfants. Le président dit au. jeune de Marson : « Qa'est-oe qu'on t'apprend? » — « A être bon, r répondit l'enfant. Un homme du peuple s'écria : € Grâce pour la pctite-fiUe de la Fontaine, qui élève si bien ses enfants ! • La cause de Mme de Marson était gagnée ; on la renvoya ches elle. Quoique cette générosité du comité de Versailles puisse faire penser au mot de la seconde Philippiqma de Cicéron sur Antoine, qui ne l'avait pas tué à Brindes : henefieimm latromum^ il est touchant de voir que devant un peuple en révolution, comme à la cour des Rois, la gloire de la Fontaine protégea sa postérité.
Le roi Louis XVIII accorda, en 18 18, une pension de quinxe cents firancs au fils de Mme de Marson, affligé d'une maladie nerveuse, depuis la scène, dit-on, du comité révolutionnaire, et réduit à une grande pauvreté. Que c'ait été tentât nonchalance héréditaire, tantôt malheur des circonstances, il y a peu de familles que la fortune ait moins fiivorisées que celle des descendants du grand poëte.
Marie-Claire, la seconde fille de Charles-Louis de la Fontaine, épousa, à Château-Thierry, Pierre-Louis Despots, ancien magistrat. Elle mourut veuve, le i3 nofcmbre 1820, à Château-Thierry *, sans laisser de postérité,
f . Extrait d*g registres de ta paroisse de Saimt-CréjHn :
« Ce jour d'hui treize novembre mil huit cent vingt, trois heures de relevée, par devant nous maire de la ville de Château-Thierry, faisant les fonction! d'officier public de l'état civil, sont comparus sieur Jean Poan de Sapincourt, receveur des hospices civils, âgé de 49 ans, et François- Claude Borthaulty arpenteur, âgé de Sa ans, tous deux demeurant à Châ-
APPENDICE. Gcxiz
et iBtlitiui po«r ton légatair* wdvenel un membre de la famille Hirieart que Walekenaer nomme Louii-Chrittoplie-ÀBne Hérieart de Thnry. Nom aTont ru que ton frère Téeut encore prêt de quatre ana aprèt elle.