‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 127 sur 374 · LA SÉPULTURE DE LA FONTAINE · texte numérisé non relu

LA SÉPULTURE DE LA FONTAINE

L*errenr eomaise par d'OIivet sur le lien de la sépulture de la Fontaine, erreur que dément, sans laisser plaee au moindre dontet l*aete d'inhumation, cité par noua un peu plus haut, aax Pihet jmiti/iemtê9tê {^, OCX, n* Vn), n'a été qu'assea tard reeonnne et signalée par Walekenner. Elle parait avoir été la cause et le point de départ d'antres erreurs^ qni se sont traduites en actes aascs étranges, asses regrettables ponr qtt*il ne soit pas inutile de les rappeler ici. Quelques personnes croient eneore aujourd'hui avoir au cimetière de l'Est le tombean qui renferme les restes de la Fontaine : ce n'est malhenreoaeoaent qu'un cénotaphe.

L'histoire du tembeau du grand fabuliste se trouve liée ft celle d« tonibeau de Molière. Le corps de celui-ci avait été porté, le m féTrier 1673, au cimetière Saint-Joseph, et, d'après un témoignage contemporain, enterré li, an pied de la croii *. D'Olivet a dit que la Fontaine fut inhume an même endroit. Dès que l'on ajoutait foi i cette parole, il était naturel que l'on espérât pouvoir retrouver l'une près de l'autre les deux illustres dépouilles, et que l'on songeât k ne les pas séparer. Benjamin de Laborde, au tome IT, page sS), de son Sêim sur Im mmti^t tuteUime êl modente, publié en 1780, dit, en parlant des deux poètes, qu'il croyait inhumés, l'un comme l'antre, au cimetière Saint- Joseph : « Vers l'année i75o, en creusant une fosse dans le cimetière, on trouva leurs cercueils, et on les transporta dans l'église où ils sont msintenant. » Cette église est-elle celle de Saint-Eostache ? On pourrait le supposer lorsqu'on lit dans la J^escrip-

I. Il vaut la peine de remarquer que Fénelon, par son diminutif ùpmtcuio, a bien soin de borner son éloge aux FabUs,

3. Les poètes lyriques, ce qui fait penser aux chanta nobles, étudiés. C'est un mot pris d'Horace, livre II, odê xm, vers 37.

3. Yoyes Ut Points obscur* de la ne do Molière^ par Jules Lotseleur, p. 35o, k la note.

APPINDICE. cojtiii

tiam Je Im miU de Pmns^ p«r G«nMÎB Briee (aoaveU* ««UtioB^ 175», tooM I, P* 40^* ^ '^"^ ^* '**'* ^ 1* FoBtrâu panai eenx de* perwmaM coasi* dénUet inbumétt dans cette églÎM. Il aa laat aepandant panier qa*à la chapelle Saial-Joaeph € aide («ucconale), oomme dit le Rggistré de Im Gnmge, de la paroiaee Saintifiutaclie, > et daaa laquelle, miTant le t*« BMignage da méaw KtgUtM^ Molière fut inhimé. Cette chapelle, qui était aotxcfoia aa miliea de raiieiea cimetière Saint-Joceph, fut reconatraite ne MoAtaurtre, ea juillet 1640, dans un nouveau cimetière. Ceat celui dont parle GeraMin Srice (cditioa de 1698, tome I* p. aa4)t lorsqu'il dit : « Presque i rextrémitè de la rue Monta^rtre est la petite église de Saint* Joseph, dans le cimetière de laquelle est enterré le fameux Holière. • Il ne nomme pas la Fontaine. L'addition qui se trouve dans Tédition de 175a, et qui ne semble être qn*nne erreur née de Terreur de d*01ivet, peut aToir engendré, a son tour, celle de Benjamin de la Borde.

ial, dans son Dietiemmaire critiqué (p. 7a3), élère de fortes objections contre la supposition * que le corps de la Fontaine inhumé, sans contesta* tion possible, dans le cimetière des Saints-Innocents, aurait été déteiré pour être déposé au cimetière Saint-Joseph, à c6té de celui de Molière. 11 resta, dit- il, dans le cimetière des Innocents « jusqu'au jour oà le cimetière fut fouillé pour la construction du quartier des Halles (en 1786). Si sa tombe fut retrouTée alors, c'est ce que je ne saurais dire. » Jamais cerencil d'un grand homme ne parait aroir été plus irréToeablement perdu. En 179a, on ne «^inquiéta pas pour le retrourer de tant de dificultes. La section de la FamtaimÊ MmUmmrtrê^ qui avait changé son nom en celui de section de Molurê 0t de im FemtMmâ^ se fit gloire de recueillir les restes des deux grands poètes. Le procès-verbal* qu'elle rédigea de l'cxhunMtion n'est pas un monument de sage critique; pour parler avec plus de netteté, il est prodigieusement ridicule. Le témoignage de l'acte d'inhumation de la Fontaine y est récusé, et il y est dit que « le aMt des SMHts^imttoêêMU est une erreur non certifiée (aie), » attendu que « les amis de la Foataine dcasandèrent qu'il fAt enterré au cimetière Saint-Joseph, en nue fosse particulière, au pied du erueifix, aiaai qu'il Pavait désiré et demandé : ce qui lui fut accordé ( fiit atteaté par tona lea historiens, même les contemporains. » Le procès-verbal s'appuie ensuite « sur les témoignages de feu Bfme de IVeuilly, sa nièce*, et de toute la CuBille...; lait attesté de plus par Mme Duval [ou v*mi dire d'Hervart], ehea laquelle il est décédé. ■ En conséquence, le vendredi 6 juillet 179a, on fit la levée du corps (du moina réputé tel) de Molière. Le mercredi ai novembre auivaat, les citoyens c ont fait fouiller les terres et ont trouvé au pied du crucifix, à cinq pieds de profbndeuri un coips tenl, qui a par» avoir été

I . Les trois premiers volumes de cette édition ont été revus par Mariette. Dana les éditions précédentes, la Fontaine n'est pas nommé parmi les morts célèbres dont Saint-Eustache possédait les tombeaux.

a. Elle n'est pas rcjetéc par Féiets, dans son article Jean de la Faa» taims de la Biographie umù^rstlle.

3. Il est inséré dans le Musée des monmiMmU fronçait,.. <t par Alexandre Lenoir, tome YIII, p. i6a.

4* Ifon pas sa nièce, mais la femme, en premières noces, de son petit-fils.

GGXiv NOTICE SUR LÀ FONTAINE.

«Ditraé éÊBM ma, e«r«tt«il d« eliéBe, dont le* ornements ausi ptuwssaùmi ■naoneer Tépoque indiquée* » Des apparence ai eonTiincantes ont suffi ; il A*eet resté aueun doate sor la possession des reliques de la Fontaine.

Malgré leur peu d^authenticité, le a germinal an VU (as mars rTgg), Alexandre Lsnoir demanda au Direetoire exéeutif rantorisation, qui lui fut •eeordée le i5 floréal suivant (4 mai), de déposer les corps de Molière «t de la Fontaine dans le JanUn Éfywét des monuments français. Un arrêté dn prélat de la Seine, en date du aS féTrter 181 7, ordonna le transport au Pèro-Laehaiae de ces oseemenU que nul ne peut eroire aujourd'hui être eeux des deun poètes. Ils furent exhumés le 6 mars, et mis, le a mai 1817, aux tombeaux, où ils smit aujourd'hui.

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