I. Lettré à Mamerdr, du aa août
a. Lêê OBmm^t dé M. dé la Fonimmê (in-4*), k Anvers, ehei les frères Jacob et Henri Sauvage, m. doc. xzti.
APPENDICE. Gcxxi
CTeit Tnavre d'an peintre de taleat, et il ett miiciBblable qa*il n'y m pes dVrreiur dans rattribution à François de Troy. Diaoni tontefoia que M. Gaa, bibliothécaire de la TÎlIe de Genève, qui a lait trèa-obligeamment dea recherches à notre intention, n*a rien pa trouver de certain sur la provenance de cette peinture, ni sur la date où elle est entrée dans les collections de la Bibliothèque.
L*impression que donne d^abord la vue directe de la peinture, c'est que la figure est assea jeune. Cependant, en Tétudiant attentivement, on s*apex^ çoit que les traits sont déjà un peu fatigués. François de Troy, né à Toulouse en 1645, vint à Paris à l'âge de vingt-quatre ana, vers 1669. 11 n'est pas probable que, jeune homme sans renom, il ait tout de suite connu et peint la Fontaine, qui avait alors quarante-huit ans. Le portrait doit avoir M fait quelques années pins tard. On sait qu'au bas du portrait de Meletin, peint par de Troy, et gravé par Yermenlen, se trouvent des vers de la Fontaine. Comme Mesetin ne vint è Paris qu'en 1681, son portrait est postérieur à cette date. Si l'on supposait que les vers de la Fontaine ont été faits à l'époque de ses relations suivies avec l'artiste, peut-être an temps oà lui-même fut peint par de Troy, on voit à quelles années il faudrait rapporter le portrait dont nous parlons. On a peine, il est vrai, i ne pas l'y croire plus jeune ; mais, outre que la perruque rajeunit, il faut tenir compte de la tendance complaisante des peintres à donner quelques années de moins à leur modèle. Nous le répétons d'ailleurs, les traits et les chairs dénotent là une certaine fatigue. Il n'est donc pas impossible que BOUS ayons, dans cette peinture, un la Fontaine d'environ soixante ans.
Un dessin de ce curieux portrait sera donné dans V Album,
5* PORTRAIT DU mVtKE DS UIMS.
A l'Exposition rétrospective de Reims, en 1876, figurait, sous le n* 1481, un portrait de la Fontaine qui appartient au Musée de la ville. Il est at* tribué au peintre rémois, Philippe Lallemant. Le catalogue du Musée de Reims, récemment publié par M. Charles Loriquet, conservateur de la bi« bliothèque de la ville, donne, aux pages ia6 et 137, une notice dont noua extrayons ce qui se rapporte au portrait de la Fontaine :
€ LALLEMAUT (attnb. à Pnium), mé à Reims en i636, peintre du Ihi et membre de V Académie rojrale de peinture, mort à Parie en 1716.
« 85. La Fontaine (Jean de). •— Toile, hauteur 0,7a, largeur o,58.
« Buste tourné à droite, regardant de face, vétn d'un manteau rouge doublé de marron, la tête coiffée d'une longue perruque brune pendant à droite et à gauche devant la poitrine, cravate de dentelle nouée au cou.
« Dans le haut de la toile, on lit sur deux lignes, d'une main moderne : Anna 1695, mtatie 73.
« La Fontaine, né à Chftteau-Thierry en i6ai, mourut à Paris en i6g5. La date et l'âge inscrits sur le tableau sont donc ceux de sa mort ; et ils ne nous apprennent pas l'époque ou il fut peint; mais il représente le poète âgé d'environ cinquante ans. On peut le croire eonséquemment de l'époque où il écrivait le conte : Ut Rémois^ imprimé pour la première fois en 1671. 11 y a donc de fortes raisons de penser qu'il fut peint k
ccxxii NOTICE SUR LA FONTAINE.
Reims et qae le bon ami qû Vj recevait lie tnipe em temps, le eheannie Meacraiz, sara profité de ee q«*il •▼ait près de loi le falmlitte, po«r faiiv exécuter sob portrait. Notre toile ne parait pas avoir quitté Eeims; il est peraûs d^ea condare qu'elle provieut de Maueroiz lai»méme, on de soA irere><..
« A ces présomptions d'aotheoticité, nous ajouterons que s*il a seulement des rapports éloignés arec le portrait qui a été gravé tant de fois d*après H. Bigaud, il se rapproche beaucoup de ceux de Lebrun et de de Troj, enfin de celui provenant de lime de la Sablièra* que la Société historique de Château-Thierry a réeemnwnt publié....»
6* POBT&ATT DU MUSis DB TSBSAILUS.
Hauteur 0,8 1« largeur o,65.
Grandeur nature, à mi-corps; preftipte de (ace, la tête cep— dent un peu à droite, le corps un peu à gauche. Yétement jaune brun, dont on M voit qu*uae petite partie, le reste étant caché par un grand aaaafteau noir d'étoffe brillantei arrangé en draperie. Cravate blanche. Grande perruque blonde.
Bien que, i la création du Musée de Versailles, un certain nombre de portraits, achetés à la hâte, n'aient pas été l'objet d'informations asses sAres, et qu'on ait dû se tromper plus d'une fois sur les personnages qu'ils représentent, celui-ci n'inspire pas un semblable doute : la ressemblance, à en juger par la comparaison des divcra portraits, est suffisante pour qu'on n'hésite pas à reconnaître la Fontaine. On ratiuuye là le même grand nez, et à peu près la même forme de l'areadc sourcilière. Ce qu parait peu exact, c'est la physionomie, à laquelle le peintre a voulu donner plus d'expression qu'elle n'en avait. Pour rendre le regard plus vif, il a relevé la paupière, qui, notamment dans la peinture de Francis de Troy, est tombante; il a relevé aussi, par un léger sourire, les coins de la bouche, devenue ainsi presque petite, si on la compare à celle des antres portraits. Les joues sont pleines et grasses, le menton double. Le poSte ne parait guère âgé que d'une soixantaine d'années.
Le caulogue se tait sur la provenance, et ne noaune pas l'auteur. Ce ne taurait être un vrai maître; la peinture toutefois est asses large et ûicile.
7* POmiHAn DU MUSBK DB CHtTBAU-THTBBBT*.
J'ai acheté ce portrait, peint sur toile, i l'Hâtel des Tentes, le 27 no* vembre 1877, ^b* *>bc ^** ventes faites après la mort d'un marchand nommé Duclos, et l'ai offert, au mois de décembre de la même aanée« au Musée de Château-Thierry. Il a figuré k PExposition rétrospective des Portraits historiques au Trocadéro, en 1878 (Portrmk* mmtiàrumx^ n* S69).
n'avait jamais été reproduit; je l'ai fait graver â l'eau-forte en 1878, par Eené Legrand.
I. Le Musée de Château-thieny, auquel M. Jules Maciet a fait don de «e portrait, est dans la maison naule de la Fontaine.
APPENDICE. ccxxiii
P««l sor toile. Haatear 0,73, ln^g«nr 0,60.
La FaBtaîac est reprétent» gnadear natore, en buste, tourné à gaaehe, la téta powtant à peu prèg de 6ee; la main droite, la seale que Von Toie, ■*appaie anr an lÎTie. Il a la grande perruque boaelée, est drapé d*un maateaa d*étoffe noire brillante k larges plia, et porte au cou la cravate ldaaebe« aux beats tombants, de Tépoqae. La draperie laisse Toir un peu de la large mancbe blancbe de la chemise, avec nne mancbette de den* telle.
Noaa ne connaissons pas Tautenr de cette «uTre, qni, avec son expies* sion calme, parait sincère comme ressemblance, mais éridemment n*est pas d*nn des meilleurs maîtres du temps.
La peinture a été rentoilée, et derrière le cadre on lit cette mention qui est d*une écriture moderne : « Ce précieux portrait du grand fabuliste est Toriginal qni fut peint pour filme de la Sablière en i6ga. » (Releré d*nne note écrite sur la toile rierge.)
Im Fontaine aurait donc soixante et onse ans dans ce portrait, ce qu*il est fiieile d'admettre.
8* POKTBâIT PBIlfT PAR HYAdlITHB KIOAUD.
Cest le portrait le plus connu, celui qui a été gravé par Edelinck poar lar Hommes illustres de Perrault, par Ficqnet et par tant d'autres, celui qui se trouve reproduit dans presque toutes les éditions des OEmpres de la FoiUtdme.
M. Paul Lacroix (iVeafeZ/M œmvres inéditss.,,^ p. a3o) dit, mais comme une simple conjecture, qu'il a dA faire partie de la collection des portraits des académiciens, qui était dans le local de rAcadémie française, an Louvre. Il ajoute, ce que nous croyons incontestable : € On trouve assex souvent dans le commerce d'anciens portraits à l'huile; ce sont, en général, des copies, avec variantes, du portrait original de Hyacinthe Rigaud, lequel a servi de tjrpe à la plupart des portraits gravés. »
La peinture que possède fil. Hérieart de Thory, et qu'avec sa permission le regretté AI. Sandos a gravé pour VAlimm de la présente édition, est celle de Rigaud*. On peut se demander si c'est le portrait original, on nne ancienne répétition. Si l'original cependant est quelque part, il 7 a grande vraisemblance que c'est chea les héritiers des Hérieart et des Jannart. Nous ne trouvons pas une objection dans ce fait qu'aux dix-sep* tième et dix-huitième siècles la famille Coustard, comme nous le disons nn peu plus bas, possédait un semblable portrait. Il est très-probable que Rigand en avait fait deux : l'un pour fif . Coustard, l'autre pour le poète luimême. Cest celui-ci qui serait aujourd'hui an château de Thury. Ifon*seu* lement la célébrité de cette belle peinture, mais l'authenticité, dont, plus que toute autre, elle offre des garanties, devait fixer le choix des éditeurs de la Collection des Grands écrivains de la France^ lorsqu'ils ont en à décider lequel des divers portraits de la Fontaine serait reproduit par la gravure.
On pourrait, il est vrai, avoir quelques doutes sur l'exacte ressemblance, lorsqu'on se rappelle ce que la tradition nous apprend de la physionomie
I . fil. Paul Lacroix s'est trompé en supposant qu'elle est de fiCignard.
cczxiv NOTICE SUR LA FONTAINE.
da BonhoauBe, et ee que d^OlÎTet dit de Tettampe des Bommts Ulmiires^ qui, telon lui, « le flatte un peo. » Rigaod idéaliteit et ennoblitsait tolontien. Biais, rimpressioii d*im portrait flatté, la graTore d^Edelinck la donne tartout, et plus que la peinture qui appartient à M. Hérieart de Thury.
Des notei de Ifariette, toujonn bien renseigné, noua disent, dans son Ahteêdmrio^ que Toriginal de ce portrait avait été commandé à Rigand, aTee les portraits de Santeul et de Despréanx, par M. Constard, contrôleur général de la grande Chancellerie, et par son fils, conseiller au parlement de Paris; et qa*en 1780 cet original, qui était d'une grande beauté, se trouTait encore chez ce dernier. Si l*on admet cette commande fiiite par les Constard, il faut renoncer è un renseignement que donne, sans en £iire eonnaltre la sonree, une notice de rArHstê {i" mars 1870, p. 287), oè il est dit : « Je lis que Rigaud fit ce portrait gratis par la kamte eêtims qtfU avoit pour M. de la Fpmtaime. • Le rédacteur de VAriisie parait indiquer, comme date dn portrait. Tannée 1690. La Fontaine avait alors soixante-neuf ans. Ce nous semble à peu près l*âge qu'on peut lui donner dans cette peinture. Il ne pouvait être beaucoup moins rieos, quand il a été peint par Rigaud, qui, né en i659, n'est venu à Paris quVn 1681.
Une répétition de la peinture de Rigaod a passé en 1876, à l'Hôtel des Ventes, dans la collection Harcille. Elle était de forme ovale. Elle paraissait asseï ordinaire.
Nous avons aussi rencontré cette mention, qu'à la vente Ménars, en 178 1, un portrait en buste de la Fontaine, par Rigaud, dessin aux trois crayons sur papier gris, fut vendu 3oo livres.
M. le marquis de Biencourt possède deux portraits de b Fontaine : l'un i Paris, l'autre au château d'Asay-le-Rideau. Ils paraissent être des répé« titions de la peinture de Rigaud.
Il nous reste peu de chose M ajouter sur les portraits de la Fontaine.
M. Depping (voyes ci-dessus, ft la page clxxi de la Notice Hogro' pkiqme) pense qu'il a existé une petite peinture représentant ce poète dans le jardin de l'hôtel d'Hervart, et qu'elle appartenait à la marquise de Gonvemet. On ne sait ce qu'elle est devenue. Était-elle de Mignard, qui avait fait les portraits de tonte la famille d'Hervart?
Dans la Chambre du sublime^ donnée, en 1676, au due du Maine par Mme de Thianges, la figure de la Fonuine était une de celles que l'on avait représentées en cire. Il ne s'est conservé de ce petit Panthéon que le souvenir.
Ce qui ne nous est pas connu par oui-dire seulement, c'est le Parnasse /rmneais, dont l'idée rappelle un peo celle de la Chambre du sublime^ et que fit exécuter en bronae Titon dn Tillet. Il fut terminé en 17 18. La Fontaine est un des poètes représentés; mais nous ne croyons pas que, pour son iconographie, cette figure ait beaucoup d'intérêt, n'ayant pas été exécutée du vivant du poète, ni avec une recherche très-exacte de la ressemblance.