Histoire de la pie»»,, de la Fontaine ^ tome I, p. saS
XX NOTICE BIOGRAPHIQUE
Ifait de ce qa'en firançois on nomme bagatelle :
Un jeu, dont je Toudrois Voiture pour modèle.
Il excelle en cet art. Maitre Clément et lui
S*]r prenoient beaucoup mieux que nos gens d*aujourd*hui.
Marot, que la Fontaine assodait ainsi à Voiture, était encore mieux fait pour l'inspirer, avec sa grâce plus naïve ; et Ton se troQvait, avec lui, à meilleure école. Un passage cependant de la même comédie nous avertit dans quelle mesure discrète il avait entendu mettre ses leçons à profit. Il savait le danger de trop s'éloigner de la langue de son temps : « N*aUez pas, dit Apollon à Clio,
ohercher ce style antique
Dont à peine les mots s*entendent aujomEd'hui.
Montez jusqu'à Marot, et point par delà lui.
Même son tour suffît. »
Avec ces poésies de lUherbe, de Voiture, de Marot, qu'aimait-il encore le plu» à lire ? Les romans. Dans sa Ballade dont le refrain est :
Je me plais aux livres d^amour,
il n'oublie» parmi ces livres, ni le roman d'Héliodore, si goûté du jeune Racine, ni le Poiexandre de Gomberville, ni la Cléopatre et le Cassandre de ce la Calprenède qui amusait aussi Mme de Se vigne, malgré son style « maudit en mille endroits, » ni le Cfrus de Mlle de Scud^y; mais il a un souvenir tout particulier pour F « ceuvre exquise » de d^Urfé, qui a été un livre favori de sa jeunesse :
Étant petit garçon je lisois son roman, Et je le lis encore ayant la barbe grise.
ce Cest d'où il tiroit, dit d'Olivet, ces images champêtres qui lui sont familières et qui font toujours un si bel effet dans la poésie*. » D'Olivet aurait dû indiquer ces images empruntées à l'jâstrée; nous ne savons s'il l'aurait pu facilement. Il faut peut-être se contenter de penser que dans ces imagi-^ nations ingénieuses, délicates et fleuries de d'Urfé, le penchant de la Fontaine vers les fictions, les douces rêverîesi la