I. Histoire de V Académie^ p. 3a
SUR LA FONTAINE. xxi
galanterie fine, et son goAt pour les riants paysages, ont troové leur compte, et qu'à cette source son talent a puise, à défont d'imitations directes, une nourriture appropriée.
Yoilà, à peu près aussi complète qu'elle s'offire à nous, l'histoire de 1 éducation du génie de notre poète. Nous saTons bien que, dans son épttre A tMqme de Soistom^ il parie d'autres précepteurs encore qu'il aurait eus, et ce ne sont point les moins bons, les moins grands :
Térenoe eit dans mes mains, je m'instruis dans Horace; Homère et son rirai sont mes dieux du Parnasse.
Je chéris PArioste, et j'estime le Tasse ; Plein de Maduarel *, entêté de Booeaee, J'en parle si souvent qu'on en est étourdi.
Quand notre siècle auroit ses sarants et ses sages, En trouTerai-je un seul approchant de Platon?
liais l'étude des beaux modèles de Fantiquité, dont il parlait a^eo tant d'enthousiasme, en 1687, lorsqu'il prenait part aux querelles déchaînées par Charles Perrault dans l'Acadé* mie, à quel moment, dans quelles années avait-elle commencé pour lui? Si l'on en place ici le souyenir, que ce ne soit pas aans avertir que l'on croit devancer l'ordre des temps. Le biographe de Maucroix l'a très-bien fait remarquer: si celuici a encouragé son ami à prendre des leçons des anciens, ce ne peut être lorsque lui-même, presque aussi jeune, n'en avait pas encore le goût *. A la vérité, ce n'est pas Maucroix que d'Olivet cite comme un initiateur de la Fontaine aux chefsd'œuvre de la Grèce et de Rome : « Un de ses parents, dit-il *, nommé Pintrel, homme de bon sens, et qui n'étoit pas ignorant, lui fit oomprendre que, pour se former, il ne devoit pas se borner à nos poètes françois; qu'il devoit lire, et lire sans cesse, Horace, Virgile, Térence.n se rendit à ce sage conseil.»
f . Le Machiavel surtout de la Mandragore^ de la Cifiie et de Bei^ phégoTj comme Ta bien dit Anger, OEwrti de la Fontaine (édition de 1814), tome I, p. rm.