I. Nommé ^ dans le texte de Walckenaer
1. Tous les éditeois modernes, j compris Walckenaer, mettent ici eùij à Timparfait dn subjonctif; mais les éditions anciennes, à rexception de celle de 1669 (qui donne «m^, ont euf, sans / ni accent circonflexe, c'est-i*dire à Tindicatif.
3» VIB D'ËSOPE.
main» après qae leur mattre fut parti» et le Phrygien étant à son travail' ordinaire, quelques voyageurs égarés (aucuns disent que c'étoient des prêtres de Diane) le prièrent, au nom de Jupiter Hospitalier, qu'il leur enseignât le chemin qui conduisoit à la ville. Ésope les obligea premièrement de se reposer à Tombre ; puis, leur ayant présenté une légère collation, il voulut être leur guide, et ne les quitta qu'après qu'il les eut remis dans leur chemin. Les bonnes gens levèrent les mains au ciel, et prièrent Jupiter de ne pas laisser cette action charitable sans récompense. A peine Ésope les eut quittés, que le chaud et la lassitude le contraignirent de s'endormir. Pendant son sommeil, il s'imagina que la Fortune étoit debout devant lui, qui lui délioit la langue, et par même moyen lui faisoit présent de cet art dont on peut dire qu'il est l'auteur. Réjoui de cette aventure, il s'éveilla* en sursaut; et en s'éveillant : « Qu'est ceci? ditil ; ma voix est devenue libre : je prononce bien un râteau, une charrue, tout ce que je veux. » Cette merveille (ut cause qu'il changea de maître. Car, comme un certain Zénas, qui étoit là en qualité d'économe et qui avoit l'ceil sur les esclaves, en eut' battu un outrageusement pour une frute qui ne le méritoit pas, Ésope ne put s'empêcher de le reprendre, et le menaça que ses mauvais traitements seroient sus. Zénas, pour le prévenir, et pour se venger de lui, alla dire au maître qu'il étoit arrivé un prodige dans sa maison ; que le Phrygien avoit recouvré la parole ; mais que le méchant ne s'en servoit qu'à
t. Dans le texte de Walekenaer : « et le Phrygien à son travail».
a. Walekenaer toit : « il se réTeilla a. Notre texte est oelni de toutes les éditions du temps.
3. Telle est la leçon des éditions originales. Walekenaer écrit : c aToit battu », qui paraît plos eonforme à nos habitudes.
blasphémer, et à médire de *■ leur seigneur. Le maître le crut, et passa bien plus avant; car il lui donna Ésope, avec liberté d'en faire ce qu'il voudroit. Zénas de retour aux champs, un marchand Falla trouver, et lui demanda si pour de Targent il le vouloit accommoder de quelque bête de somme. « Non pas cela, dit Zénas : je n'en ai pas le pouvoir; mais je te vendrai, si tu veux, un de nos esclaves. » Là-dessus ayant fait venir Ésope, le marchand dit: « Est-ce afin de te moquer que tu me proposes Tachât de ce personnage? On le prendroit pour un outre*. » Dès que le marchand eut ainsi parlé, il prit congé d'eux, partie murmurant, partie riant de ce bel objet. Ésope le rappela, et lui dit : « Achète-moi hardiment; je ne te serai pas inutile. Si tu as des enfants qui crient et qui soient méchants, ma mine les fera taire : on les menacera de moi comme de la béte*. » Cette raillerie plut au marchand. Il acheta notre Phrygien trois oboles ^, et dit en riant : « Les Dieux soient loués ! je n'ai pas fait grande acquisition, à la vérité ; aussi n'ai-je pas déboursé grand argent. »
Entre autres denrées, ce marchand trafiquoit d'esclaves : si bien qu'allant à Éphèse pour se défaire de ceux qu'il avoit, ce que chacun d'eux devoit porter pour la commodité du voyage fut départi selon leur emploi et selon leurs forces. Ésope pria que l'on eût égard à sa