Voyez la Notice ^ p. i
4* Amorium était dans cette partie de la Phrygie qui fut occupée plus tard par les Galates , et spécialement par la tribu des To&sto^ hou; elle était à l'ouest du Sangarius. D'antres font naître Ésope à Gotysum, également en Phrygie.
5. La cinquante-septième olympiade correspondrait à peu près à la bataille de Thymbrée et à la chute de Crésns ; dès lors comment expliquer les relations de ce prince avec Ésope? On dit plus généralement que le fabuliste, dont la naissance est considérée comme inconnue, florissait Ters la cinquante-deuxième oljrmpiade, c'estrè-dixe
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que^ deux cents ans après la fondation de Rome. On ne sauroit dire s'il eut sojet de remercier la nature, ou bien de se plaindre d'elle ; car en le douant d*un très-bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage, ayant à peine figure d'homme' , jusqu'à lui refuser presque entièrement Tusage de la parole. Avec ces défauts, quand il n'auroit pas été de condition à être esclave, il ne pouvoit manquer de le devenir. Au reste, son âme se maintint toujours libre et indépendante de la fortune.
Le premier mattre * qu'il eut l'envoya aux champs la* bom*er la terre , soit qu'il le jugeât incapable de toute autre chose, soit pour s'ôter de devant les yeux un objet si désagréable. Or il arriva que ce maître étant allé voir
Ters Fan Sy% avant Jésaft-Christ {Fabrieii Bih&otheea gfmea, tome I, p. 6i8). Il serait peot-étre plas Trai de reconnaître qae toutes ces dates sont paiement incertaines , d'autant plus que le prétendu séjour d'Ésope à la cour de Crésus, et toutes les aventures qui- s'y i^ttachent, pourraient bien n'être que des fables inventées par l'imagination des Grecs, aussi bien que la vie d'Ésope tout entière. Cest notre opinion : aussi ne reviendrons-nous plus sur ces questions de cbronologie.
I. La réimpression de 1688 a ^uêiqnas^ au pluriel, ce qui, malgré Vaugelas, était encore au temps de la Fontaine l'orthographe la pfaia ordinaire. Voyez le Lexique de Corneille ^ tome II, p. a5i.
a. ff Cest bien une chose avouée de tous qu'Esope fut esclave dès sa naissance, et qu'en cette condition il servit plusieurs maîtres, comme nous déduirons plus an long ci-après. Mais je ne sais d'où Planudes a tiré ce qu'il assure pour véritable, qu'iEsope étoit le plus difforme et le plus contrefait de tous les hommes de son temps, et qu'il ressembloit tout à fait au Thersite d'Homère. Car je ne trenve aucun auteur ancien qui le dépeigne de la sorte. » (MizTRiAc, Fie J^JEtope^ imprimée à la suite des Fables d^JEtopey traduites par Pierre MliUotf p. a74*)
3. Le premier maître d'Ésope, selon quelques-uns, fut l'Athénien Démarque (Faèricius, à l'endroit cité); selon le scoliaste d'Aristophane {in Fespat), il n'eut pas de mattre antérieur au philosophe lydien , Xantos. Voyez ci-après, p« 34*
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sa maison des champs, un pajsanlni donna des figaes : il les trouva belles, et les fit serrer fort soigneusement, donnant ordre à son sommelier, appelé* Agathopus, de les lui apporter au sortir du bain. Le hasard voulut qu^Ësope eut* affaire dans le logis. Aussitôt qu*il j fut entré, Agathopus se servit de Toccasion, et mangea les figues avec quelques-uns de ses camarades; puis ils rejetèrent cette firiponnerie sur Ësope, ne croyant pas qu*il se pût jamais justifier, tant il étoit bègue et paroissoit idiot. Les châtiments dont les anciens usoient envers leurs esclaves étoient fort cruels, et cette faute trèspunissable. Le pauvre Ësope se jeta aux pieds de son maître ; et se faisant entendre du mieux qu'il put, il témoigna qu'il demandoit pour toute grâce qu'on sursît de quelques moments sa punition. Cette grâce lui ayant été accordée, il alla quérir de Teau tiède, la but en présence de son seigneur, se mit les doigts dans la bouche, et ce qui s'ensuit, sans rendre autre chose que cette eau seule. Après s'être ainsi justifié, il fit signe qu'on obligeât les autres d'en faire autant. Qiacun demeura surpris : on n*auroit pas cru qu'une telle invention pût partir d'Ësope. Agathopus et ses camarades ne parurent point étonnés. Ils burent de l'eau comme le Phrygien avoit fait, et se mirent les doigts dans la bouche; mais ils se gardèrent bien de les enfoncer trop avant. L'eau ne laissa pas d'agir, et de mettre en évidence les figues toutes crues encore et toutes vermeilles. Par ce moyen Ësope se garantit : ses accusateurs furent punis doublement, pour leur gourmandise et pour leur méchanceté. Le lende**