‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 191 sur 374 · Qttldquid délirant regel , pieetuntur jiehM · texte numérisé non relu

Qttldquid délirant regel , pieetuntur jiehM

(HoRACB, lirrc I, épttren^ vers 14.) «-> Dans les Apaddtuu ou Contes et Apologues indiens traduits du chinois par M. Stanislas Julien, Tidée est ainsi rendue, par une tout autre allégorie (tome I, p. 187) : « Lorsque deux béliers luttent ensemble, les mouches et les fourmis périssent au milieu d*eux. »

F. y] LITRE II. 14 1

LA CHAUVE-SOURIS* BT LBS DEUX BBLBTTBS.

Ésope 9 fab. 109, NuxTipU xa\ FoXy); fab. 35 1, STpouOmii{iv)Xoc (Coray, p. 61, p. 3ao, p. 237)» — Faêmey fab. 77, FeqtertUio ei MusteUa, — Marie de Fhinoe, iab. ^i^ de totes Us Butes e des Oisaeax R parlemenz, — Haudent, i'* parlie, hb. gt, d^une ChatUve souris et iTune BeUette; fab. i45y iTime Chauive souris et des aultres Ojseaulx. — Corrozet , fab. 34» des Oiseaux et des Bestes, — Dans la dernière des fables d*Ësope indiquées ci-dessus, dans celles de Marie de France et de Corrozet, et dans la seconde de Haudent, le sujet est tiré de même de la double nature soit de l'Autrucbe soit de la ChauTe-souris, mais il est traité d*une façon toute différente, et amène cette morale plus saine, ainsi rendue dans la fable a de Neckam (Éd. du Méril, Poésies inédites du mojren âge^ p. 178) :

Sic qui se faUax nune his^ nwte ingerit HGs, Omnibus ingratusjure repulsus erit,

— On lit dans Yarron» cité par Nonius (xlyi, 33; : Quid multa? factus sum vespertilioy neque m muribus plane ^ neque m volueribus sum. (Saturarum Menippearum reliquiss^ édition Riese, p. 96.)

Mfthohgia stsopica Ne9eUti^ p. 177, p. 370.

Cette fable a été reproduite daus le Recueil de poésies chrétiennes et diverses f tome III, p. 356.

Pour cette fable encore, voyez les sages et piquantes réflexions qu*elle suggère à M. Saint-Marc Girardin dans deux de ses leçons, la x'*^ et la xin« (tome I, p. 19 et ao, et p. 499-439). Il la retronre, sous forme historique et humaine, dans une anecdote de la Fronde, et cite un extrait des Mémoires de Mademoiselle de Monipensier, que nous donnerons à V appendice ; nous y joindrons une fable traduite du chinois par M. Stanislas Julien, et qui, sans avoir du reste rien

X. Dans les anciennes éditions Chauvesouris forme un seul mot, sans trait d*union. — Les Chauvesouris, au pluriel, dans Tédition d'Amsterdam 1799.

i4a FABLES.! [f. v

de remarquable, ni pour les pensées, ni pour la forme du récit^ nous a paru curieuse par le rôle qu*y joue la Chauve-souris : la bêle ambiguë s'y montre un sage de tout autre espèce, dont Texemple e^t moius contagieux et nous semble, quoi que dise Tafbbulation cbinoisci beaucoup moins blâmable.

Une Chauve-souris donna tête baissée

Dans un nid de Belette ; et sitôt qu'elle y fut ,

L'autre, envers les souris de longtemps courroucée,

Pour la dévorer accourut.

« Quoi ? vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire , 5 Après que votre race a tâclic de me nuire ! N'étes-vous pas souris? Parlez sans fiction. Oui , vous Têtes, ou bien je ne suis pas belette.

— Pardonnez-moi , dit la pauvrette,

Ce n'est pas ma profession. t o

Moi souris! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.

Grâce à Fauteur de l'univers ,

Je suis oiseau ; voyez mes ailes :

Vive la gent qui fend les airs ! »

Sa raison plut , et sembla bonnes 1 5

Elle fiiit si bien qu'on lui donne

Liberté de se retirer.

Deux jours après , notre étourdie

Aveuglément se va fourrer Chez ime autre Belette, aux oiseaux ennemie. ^o

La voilà derechef en danger de sa vie. La dame du logis avec son long museau S'en alloit la croquer en qualité d'oiseau, Quand elle protesta qu'on lui faisoit outrage : « Moi , pour telle * passer ! Vous n'y regardez pas. 2 5

s. U semble que la correction grammaticale Tondrait plutÀt le/, et que le mot devrait s*aocorder aTcc oiseau; la Fontaine n*a songé qu'à la Cbauve-souris qui parle*

F. v] LIVRE II. 143

Qui' fait Toîseau? c^eat le plumage.

Je suis souris : vivent les rats !

Jupiter confonde les chats ! »

Par cette adroite repartie

Elle sauva deux fois sa vie*. 3o

Plusieurs se sont trouvés qui, d^écharpe changeants*. Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue '•

Le sage dit, selon les gens :

« Vive le Roi! vive la ligue ^ ! »

3. Qkî, qu*ett-ce qui, au sens neutre. Voyes le Lexique» 4* Ou plutôt : « pour la seconde fois ; » i moins que les mots : Par Cette aJroUe répartie^ ne signifient, ce qu'en tout cas ils nVxpriment pas bien clairement : ptir son adreue à refondre^ et ne s^appliquent aux deux rencontres.

5. Ou, comme dit M. Saint-Marc Girardin, en appliquant à la ChanTe-souris le langage d*anjourd*hui (tome I, p. 44') : * changeant de cocarde ».

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