Tempus exortms Brève
Dum firmiores eatulos posset ducere,
(pHBDBBy vers 6 et 7.)
4« •••• Si mihi et turàm me»
PoTf mquitf esse potueris, cedam loco,
{Ibidem f vers 9 et 10.)
i48 FABLES. [r. tiii
FABLE VIII
l'aiglb et l escârbot.
Ésope, fab. a, ^Kn^ xa\ KdEvOopoç (Coray , p. i-4)* ^— Haudent, a* partie y fab. i, i/*!»! ÎÀewre^ tTun Aigle et tFun Esearbot, — Voyez encore deux antres sources, toutes deux du seizième siècle, Tune italienne, Tautre française, indiquées par Loisdeur Deslongcbamps {Essai sur Us fables indiennes^ p. 69).
Mjrthologîa msoptca Neveleii, p. 85» et p. 78 et 79 {JEsopi fahulatoris pita a Maximo Planude conscripta).
C'est une des fables d*Ésope, qui passent, quant au fond, pour authentiques, une de celles qu'ayant d*étre mis à mort il raconta en Tain aux Delphiens, si noua en croyons Planude : Toyez, cidessus, la fin de la Fie d^ Ésope , p. 53. Aristophane y &it allusion par trois fois, dans les Guipes (vers 1469*1479), dans Lysistrate (▼ers 69a et 693), et en ces termes aux vers 129 et suivants de la Paix^ comédie, dit Robert (tome I, p. un), dont c r Aigle et rEsear" bot semble même lui ayoir fourni la première idée, a
'£v Tofoiv A^otiiffou X^YOïç Iii)upi0i) Mdvoc twceivcôv s{( Oeobc d^iyjAivoç....
''HX66V xoT^ Ix6pav dsroO icdXài tcotI, Xik ^xxuXfvScjv, xdhrTiTt|jLco(>o6(jLsvoc*
c On trouTe dans les fables d'Ésope que TEscarbot est le seul des oiseaux qui soit allé chez les Dieux.... H y alla jadis, il y a bien longtemps, lors de sa querelle arec TAigle, dont il fit rouler les œufs à bas pour se yenger. » — G)ray (p. 4) rapporte la fable telle qu'elle est racontée par le scoliaste d'Aristophane à l'occasion des yers que nous yenons de citer : dans cette yersion, ce n'est pas le Lapin, mais ses propres petits, enleyés par l'Aigle, que l'Escarbot yeut yenger. Lucien fait aussi allusion à cette fable dans V Icaroménippe (chapitre x) ; Suidas la mentionne également, ainsi qu'Eustathe dans son commentaire sur le yers 317 du dernier liyre de Vlfiade, Erasme explique dans ses Proc^er^» (col. x838 et i839, Genèye, 1606), et Gessner, d'après lui, dans son Histoire des animaux (livre II, p* iy2,
F. viii] LIVRE II. 149
Francfort, 16 17), la looulion x^Oopo^ dcrlM (laferai, c l'escarbot cherche Taigle, » oa mieux , selon le passage de Lfsutrate que nous avons indiqué| |Mite6eTai , € le £ût accoucher, > fait éclore ses œufs (en les hrisant). — Voyez la savante dissertation de M. Benfey (tome I, p. 170 et 171) sur TaiBnité qu'ont entre elles les fables diverses dont Taction est une vengeance exercée sur des petits ou des oeufs d'animaux, c vengeance, nous dit le savant indianiste, qui, dans Papologue d*Ésope, est accomplie d'une façon n humoristique {ouf so humoristiseheWeisû) par l'Escarbot. > -^ Quant à la réunion, dans une même fable, de l'Escarbot avec l'Aigle et Jupiter, voyez ci-après la note 8«
L'Aigle donnoit la chasse à maître Jean Lapin , Qui droit à son terrier s'enfuyoit au plus vite. Le trou de TEscarbot se rencontre en chemin.
Je laisse à penser si ce gîte Étoit sûr ; mais où mieux ? Jean Lapin s y blottit ^ 5
L'Aigle fondant sur lui nonobstant cet asile ,
I. Gomment un lapin peut-il se blottir dans le trou d'un escarbot? La Fontaine a prévu l'objection :
Je laisse à penser si ce gite Étoit sûr ; mais où mieux?...
Mieux eût valu, croyons-nous, se contenter de dire, comme Ésope : c le Lapin se réfugia vers le trou de l'Escarbot, » npb{ ko(t7)v KovOipou xatécpuye, afin de le prier d^ntercéder pour lui, comme l'insecte le fait en effet. C'est évidemment la traduction latine qui a trompé notre fabuliste; dans Nevelet le grec est ainsi rendu : in (au lieu de ad) lustrum Scarahmi profugit^ c se réfugia dans le gke de l'Escarbot. s -» M. Walckenaer, qui, dans son Histoire de la Fontaine (tome I, p. 3o5), a deviné que Y absurdité dont il s^agit devait être t le résultat de quelque ancien contre-sens, 9 comme celui que nous venons d'indiquer, fait remarquer en note que Cbauveau, dans la figure qui accompagne cette fable (édition de 1668, in-4**) P* 6^)» ^ représenté c un scarabée presque aussi gros qu'un lapin, afin de mettre sa figure d'accord avec le texte. » — L^ Aigle et PEscarùot était une des fables du Labyrinthe de Versailles. Dans les gravures jointes an qua« train de Benserade (xxix* de l'édition de 1677 ; cxii* de 1678), l'insecte, de même, n'est guère plus petit que le lapin.
i5o FABLES. [p. vm
L*Escarbot intercède , et dit :
« Princesse des oiseaux , il vous est fort facile D'enlever malgré moi ce pauvre malheureux ; Mais ne me faites pas cet affront, je vous prie ; i o
Et puisque Jean Lapin vous demande la vie , Donnez-la-lui , de grâce , ou Tôtez à tous deux :
C'est mon voisin , c'est mon compère ^, » L'oiseau de Jupiter, sans répondre un seul mot ,
Choque de l'aile l'Escarbot', 1 5
L'étourdit , l'oblige à se taire , Enlève Jean Lapin. L'Escarbot indigné Yole an nid de l'oiseau*, fracasse, en son absence. Ses œufs, ses tendres œufs, sa plus douce espérance * :
Pas un seul ne fut épargné. ao
L'Aigle étant de retour, et voyant ce ménage. Remplit le ciel de cris; et pour comble de rage, Ne sait sur qui venger le tort qu'elle a souffert.