‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 198 sur 374 · LE LION ET LE MOUGHEROIT · texte numérisé non relu

LE LION ET LE MOUGHEROIT

Ésope, fab. 146, Kdyna^ xa\ Afoiv (Coray, p. 88). *- Handent, ira partie, fab, m, ttun Tahon et tTun Ljron.

Mjtholo^ia msopiea NeveUti^ p. ilo.

Mal^ Tanalogie des titres, le sujet est autrement conçu et la moralité différente dans la fable latine Culex et Taurus (la i6« de VAppendtx fahularum msopiantm, imprimé k la suite du Phèdre, édition Lemaire), dans celle A^Ysopet JI, donnée par Robert* ia Bataille Je la Mouche et du Torel, dans la 56^ de Blarie de France , d*un Lox e d*un EscarioZf et surtout dans la fable 84 de Babrius, Kc&votK^ xa\ Taupoc. C'est plutôt la iii« de Babrius, MlSç xa\ Toupoç, qui, par ridée qu*elie met en action, se rapproche de notre fable.

Voyez la comparaison que M. Saint-Marc Girardin, dans sa vni^l^ çon (tome I, p. 144-146), fait de cette fable avec la tMe latine (57*, Léo et Culex) de Weiss (Pantaleo Candidus), et à la suite (p. 346-148), l'intéressant développement où il nous montre, citant les noms de Masaniello, de Fiesque, de Henri IV, que la fable copie souvent ses tableaux de lliistoire, et quelle c ne peint pas seulement les mœurs de l'homme, > mais aussi c les événements de la vie humaine et leur capricieuse mobilité. 1 — Dans sa critique des Fables et de leur morale {Emile, livre II) , Rousseau n'a pas oublié le Lion et le Moucheron, C'est, à ses yeux, c une leçon de satire. » Quand le Lion est en scène, nous dit-il, l'enfant d'ordinaire ne manque pas de se faire lion, c Mais quand le Moucheron terrasse le Lion, c^est une autre affaire. Alors Tenfant n'eit plus lion, il est moucheron. Il apprend à tuer un jour à coups d'aiguillon ceux qu'il n'oseroit attaquer de pied ferme, t — M. Liotard, membre de l'Académie du Gard, a indiqué', comme curieux objet de rapprochement , un passage du roman grec d'Achitles Tatius , les Jmours

I. De quelques emprunts ou imitations en littérature, à propos de Ra» aine et de la Fontaine, Nimes, de Fimprimerie Clavel-Ballivet et 0«, 1867, p.i3-i6.

F. ix] LIVRB II. i55

de Leueippe et de CUtophon (li^re II, chapitres xxiet xxn), le^el avait échappé jusqu'ici aux divers commentateurs de la Fontaine, mais a été mentionné par M. Benfey (tome I» p. 146) • Nous le donnerons dans VAppendice du tome I. — M. Benfey (p. a45) compare en outre à Tapologue ésopique une fable indienne du Pantschatantra ^ où le Lion est remplacé par TÉIéphant. Voyez aussi Loiseleur Deslongchamps, p. 38 ; M. Wagener, Essai sur les rapports qui existent entre les apologues de Vlnde et Us apologues de la Grèce ^ p. 118 et 119; et M. Weber, Études indiennes , tome III, p. 35 1 et 359. — La fahie est résumée dans le proverbe grec : "E/^ei xa\ ^ Muta mùSj^oi, confirmé par cet autre : 'Dveoti tAi Mup[Ji7]xi x^^^C* < hi mouche aussi a une rate {considérée comme siège de la colère^. Il y a aussi de la bile chez la fourmi, > — La fin du Moucheron après sa victoire était de même devenue proverbiale. L'historien byzantin Nicétas Choniate y fait allusion dans ses Annales (p. 3 17).

« Va-t'en, chétif insecte*, excrément de la terre' ! »

C'est en ces mots que le Lion

Parloit un jour au Moucheron.

L'autre lui déclara la guerre^.

« Penses-tu , lui dit-il , que ton titre de roi 5

Me fasse peur ni me soucie' ?

3. Dans la fable d*Ésope c*est le Moucheron qui parle le premier et déclare an Lion qu*il n'a pas peur de lui : 0&6i ^o6oS{&a( as, o^8è BuvsrcciiTEf 6( pou s?.

3. Malherbe avait dit, au début de ses deux stances contre le maréchal d* Ancre (tome I, p. aSg, poésie lxxyi) :

Va-t'en à la malheure, excrément de la terre !

Balzac, cité par Ménage {Observations sur Mallterbe^ tome II, p. 341» édition de I7a3), trouvait cette expression trop basse € pour un tyran.... plus haï que méprisé, s La Fontaine en a fait une heureuse application, que Balzac sans doute et Ménage n'eussent pas blâmée. — Voyez ce que M. Taine (p. 84 et 85) dit du langage et du ton que notre poëte prête d'ordinaire au Lion.

4. Dans la fable grecque, l'insecte déclare la guerre en ces termes El 8è OActç, eXO(i>|iEV xa\ e?c n6Xe(jL0v.

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