ff\ i&ctsojpoTépou idnou, dit Ésope
7. Jeune prince troyen que Jopiter, pour en faire son échanson, avait, d'après Virgile (Enéide^ livre V, vers a55), fait enlever par son aigle, on, d'après Oride (^Métamorphoses , livre X, vers i55 et suivants), qn*il avait enlevé lui-même en se changeant en aigle.
8. A l'occasion de ce vers et de plusieurs antres pris ^ et là dans les fables, M. Taine (p. 3oo} fait de justes remarques sur le style de notre poëte , qui souvent , pour être vrai et expressif , ne craint pas d'être vulgaire. M. Taine parle encore, en deux antres endroits (p. 84 et p. a 99)1 du présent apologue. — Dans le scoliaste d'Aristophane (voyez la notice de la fable), TEscarbot se contente de voler autour de la tète de Jupiter; mais Ésope dit : Kdicpou a^ipec* icoiifaot^,... 2ic\xou x6Xi»>u lou A,ib( ToâtT^v xaOîjxEV. Il ne s'agit point dans ces mots grecs de la crotte du scarabée lui-même, sens que parait leur avoir donné la Fontaine, mais d'une de oes boules de fiente ou même d*excrémenls humains, semblables à de grosses pilules, où les escarbots, et particulièrement les espèces du genre ateuchus, auxquelles appartient le scarabée égyptien , enferment leurs œufs, et qu^ils font rouler avec leurs pieds de derrière , et en marchant à reculons, jusqu'à ce qu'ils aient trouvé des trous propres à les recevoir. De là le nom de pilulaires que certains auteurs donnent à ces
i5a FABLES. [r« tiu
Le dieu la secouant jeta les œufs à bas. 40
Quand F Aigle sut Tinadvertance,
Elle menaça Jupiter D'abandonner sa cour, d*aller vivre au désert* ,
insectes. Voyez Aristote (Histoire des animaux, livre V, cbapitre xix, édition Bekker, in-4<*» tome I, p. SSa, ool. i), Pline {Histoire natu» relie f livre XI, chapitre xxxnr, et livre XXX, chapitre xxx), Latreille {Règne animal àe Cuvier, tome IV, p. 35 a). Notre rieux £d)aliste Bandent ne s*y est pas trompé :
Mais (fit-'it) l'Escarbot vint encore à oser
Par sa malice à faire et composer
Un globe rond, plain de matière infaicte....
C*est probablement cette habitude de rouler une boule, une sphère, qui a fait considérer Tescarbot, chez les Égyptiens, comme un emblème , soit du soleil, soit de la divinité. Peut-être aussi peut-elle expliquer, comme nous l*a fait remarquer le savant bibliothécaire de l'Institut, M. Roulin, membre de rAcadémie des sciences, que l'idée soit venue d'associer cet insecte, dans une même histoire, à Jupiter et à l'Aigle. Des vers de Ptemphus , qui se trouvent dans les Héroïques de Philottrate (p. 98, édition Boissonade), assimilent l'Escarbot à Jupiter :
Zeu x^iots, uiYi9T£ 06c5v, c2Xu(&ive x6icp<f>
t Jupiter, toi le plus glorieux, le plus grand des dieux, enveloppé dans la fiente des brebis et des chevaux et des mulets, s Voyex un article de Gh. Lenonnant sur le héros Cantharus, dans les Annales Je C Institut de correspondance archéologique ^ année i839 , p. 3 17* — L'idée de boule amène aussi à la pensée le nom de l'Aigle (dont au reste la réunion avec Jupiter n'a rien qui étonne). On appelait aétites ou aquiltûreSf parce que, pour avoir toute leur efficacité, elles devaient être trouvéei dans le nid d'un aigle, certaines pierres sphériques, de celles qui se nommaient laides prmgnant es, auxquelles une croyance superstitieuse attribuait de grandes vertus. 9. A la suite de ce vers, on lit oelni-ei :
De quitter tonte dépendance,
dans les deux éditions de 1668, in-40 et in-ia, dans celles de 1669 , d'Amsterdam 1679, et dans ceUe de 17)9, ainsi que dans la petite édition donnée en 1681 par Barbin. Mais ce vers ne se trouve point
F.vm] LIVRE II. i53
Avec mainte autre extravagance.
Le pauvre Jupiter se tut : 45
Devant son tribunal TEscarbot comparut,
Fit sa plainte, et conta Faffaire.
On fit entendre à FAigle enfin qu'elle avoit tort. Mais les deux ennemis ne voulant point d'accord , Le monarque des Dieux s'avisa , pour bien faire, 5o De transporter le temps où Faigle fait Famour En une autre saison, quand la race escarbote Est en quartier d'hiver*^, et, comme la marmotte**.
Se cache et ne voit point le jour.
dans rédition de 1678. Est'^e une inadvertance qui Ta fait dispa« raitre? Ou bien la Fontaine Ta-t-il retranché volontairement, par un icrupule rare chez lui, pour éviter les trois rimes pareilles? Ce vers ne me semble pas, comme à Walckenaer, inutile et faible; cependant je ne me crob pas autorisé à le rétablir, comme Pont fait la plupart des éditeurs.
10. Les escarbots de France qui appartiennent au même genre que le scarabée égyptien , an genre ateuehiu (une des divisions des bousiers) y ne se montrent qu'en mai. La ponte pour les aigles , si nous en jugeons du moins par les espèces dont parle Audubon (ftr' nitkological hlographj^ tome I, p. 161, etc.), a lieu vers la fin de l'hiver.
IX. Voltaire, qui, pour la Fontaine, est, comme nous Pavons vu plus d'une fois, dans les délicats^ cite ces mots, que la suppression de et et de la coupe ne laisse pas de gâter un peu : t Quand la race escarbote est en quartier d'hiver comme la marmotte; » et il les fait figurer dans sa liste (trop longue, croyons-nous) de ce qu'il appelle les fautes du fabuliste : voyez le Diaionnaire philosophique {OEuvres, tome XXIX, p. 3oo).
i54 FABLES. [r. iz
FABLE IX