I. Voyez Maueroisj Œuvres dipersês^ tome I, p. XLvn
a. Lirre III, fable i~.
3. A M. D, M.<t dans l'impression de 1668 et dans les suirantes; les trois initiales signifient assez clairement : Monsisur ds Mmu-
SUR LA FONTAINE. xxix
d'une carrière, il ne &ut pas espérer d'être approuve de tout le monde, mais faire à sa tète.
Prenez femme, abbaye, emploi, gouTernement, Les gens en parleront, n*en doutez nullement.
On est assez tente de croire que, sous le nom de Malherbe, qu'il introduit parlant ainsi à Racan, le fabuliste a voulu faire allusion à quelque circonstance présente ; et quelle serait cette circonstance, sinon l'entrée de Maucroix au chapitre de Reims? Tel fut bien, suivant Brossette^, Tévénement qui inspira l'apologue. Walckenaer regarde cette opinion comme probable '. M. Louis Paris n'exprime aucun doute * : le jeune mondain, sollicité de devenir chanoine, demanda, selon lui, ccmseil k la Fontaine, qui, de son côté, avait aussi, dans le même temps, une détermination très-grave à prendre, fille pouvait même lui parahre plus effrayante que le canonicat à son ami : il s'agissait de mariage; et pour se résoudre à prendre femme, il devait fermer l'oreille à des avis contraires, sans doute à quelques propos railleurs. Sa fable aurait donc été écrite pour s'encourager lui-même, en encourageant son ami : « Tous deux, laissons dire, et sautons le pas. a» Voilà, nous le reconnaissons, une explication, qu'il coûterait beaucoup de rejeter, de l'origine et de l'occasion de cette petite pièce si parfaite. Que la Fontaine cependant se soit montré, dès 1647, un aussi admirable fabuliste qu'il le fut plus tard, cela renverse un peu les idées reçues. 11 faut peut-être, malgré tout, ne pas trop s*obstiner dans les objections. Le recours à l'autorité de Malherbe, une des premières admirations de la Fontaine, est un argument (de petite valeur sans doute) à l'appui de l'opinion que nous avons là une œuvre de sa jeunesse. On pourrait seulement croire qu'il l'aurait, depuis, un peu remaniée. Avec le canonicat de Maucroix et la fable tirée de la Fie
croix. Dans le manuscrit autographe, Walckenaer dit avoir lu : A mon amy M, de Maucroy,
I. Œuvres de M. BoUeau Detpréaux^ tome II, p. 3a4i ^^* marqua i.
a. Butoire de la vie,,,, de la Fontaine^ tome I, p. 2o5.