Souvenir de Virgile {églogue i, vers 18) : 7 I
Smpe suûstra eava prmdixit ah ilice cornix, }
— On a fait remarquer que le r61e de la Corneille faisait ici double emploi avec celui du Corbeau. La Fontaine a traduit Pbèdre (vers i a) :
Augurium Cor9o, Ueva Corniei omtna.
i«4 FABLES. [t. xTiii
FABLE XVIII
LA CHATTB MSTÀMORPIOB^B BN FEMME.
Éiope, fob. 169, ToXii xa\ !AfpoS(ti| (Coray, p. io3 et 104, sont quatre formel, et p. 356). — Babrias, fab. Sa, même titre, — Handent, i"* partie, fab. 3, d'un Jeune homme et d^une Chatte, -^ Cor^ rozet, fab. 47} ^^ ^ Chatte muée en fewune,
Mfthologia msopiea Neveleti^ p. a 99, p. 36i.
Le premier Ters deBabrius est cité, a?ec mie Ic^6re modification , dam la lettre ux de l'emperear Julien (édition Heyler, Ifayence, i8a8, p. iiS), adreifée à ui certain Denyt, que Julien défie de faire oublier set tristes et odieux antécédents. La fable est résumée en Ters dans un poëme de saint Grégoire de Nazianae , qui rapplique aux faux docteurs, lesquels oot peine à dianger leur naturel. (Voyez Toiiii.,.. AndquUaies saerm^ P« 6a, vêts 701 et sui« rants.) — Rapprochez de cette fiible la tii* du liTre DC , la Sourit métamorphosée en fiUe, et voyez les considérations très-élcTées que M. Saint-Marc Girardin rattache à Tune et à l'autre, dans la xix* leçon (tome II , p. 1 44-1 5a). — L*idée même de la métamorphose a fait naturellement considérer ces deux fables comme étant d*origine indienne. Nous trouvons en effet dans la littérature de l*Ind« plusieurs récits analogues. Hais la première, U Chatte métamorphosée en femme^ se rencontre déjà en Grèce, chez le poëte comique Strattis , Ters Tan 400 avant Jésus-Christ (voyez Meineke, Fragmenta comi" corum grtseorum, Berlin, 1840, tome II, p. 790); et, comme Tout fait remarquer M. Benfey (tome I, p. 376), et avant lui M. Weber {Études indiennes, tome III, p. 345), il paraît difficile de faire remonter Temprunt à une aussi haute antiquité. — On voit en tète de cette notice que la béte qui figure dans les fables grecques est appelée roXvj, Belette, \je même nom, chez les auteurs grecs plus modernes, désigne le Chat^ la Chatte, Nous lisons dans les Métamorphoses d*Antoninus Liberalis, chapitre xxix, que Galinthias, pour avoir assisté son amie Alcmène mettant au monde Hercule, fut, par TcfTeC de la colère de Junon, changée en FaXif. Élien, an livre XV, chapitre xi, de son livre de la ature des animaux^ rapporte diverses croyances
r. xyin] LIVRE II. i85
fabolenses au injet de cette même bête nommée YaXî| , et dit qu'il n'ignore pat que c'était originairement une femme, une magicienne, une sorcière, étrangement débauchée, qui s'était attiré le courroux d'Hécate. Avant de parler d'elle, il prend la précaution d'invoquer cette déesse, et la prie de lui être propice.
Un Homme chérissoit éperdument sa Chatte; 11 la trouvoit mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaÙJoit d'un ton fort doux :
n étoit plus fou que les fous.
Cet homme donc, par prières, par larmes, 5
Par sortilèges et par charmes,
Fait tant qu'il obtient du Destin^
Que sa Chatte, en un beau matin.
Devient femme; et le matin même,
Maître sot en fait sa moitié. i o
Le voilà fou d'amour extrême,
De fou qu'il ètoit d'amitié.
Jamais la dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle 1 5
Son hypocondre' de mari.
Il l'amadoue; elle le flatte :
Il n'y trouve plus rien de chatte;
Et poussant l'erreur jusqu'au bout,
La croit femme en tout et partout : ao
Lorsque quelques souris qui rougeoient de la natte
I. Dans la fable ésopique, c'est Vénus qui, à la prière de l'homme épris de sa chatte, la change en femme; puis, pour l'éprouTer, elle lAche derant elle une souris, et indignée de la voir retomber dans sa nature première, elle lui rend son ancienne forme.
1. Fou, bizarre et extraTagant (voyez le Dictionnaire àe VAeadénùe de 171 8; l'édition de 1694 ne donne pas hypoeondre dans ce sens). Ce mot se dit plus ordinairement d'un homme qui a ure bizarrerie morose, l'humeur noire; ce n'est pas le cas dt notre amoureux.
i86 FABLES, [f, xviu
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la femme est sur pieds*.
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, femme d'être en posture : a 5
Pour cette fois elle accourut à point;
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignoient point.
Ce lui fut toujours une amorce.
Tant le naturel a de force. s^»
Il se moque de tout, certain âge accompli. Le vase est imbibé ^, Tétoffe a pris son pli '.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer:
Quelque chose qu*on puisse faire, 3 5
On ne sauroit le réformer.
3. Benserade, qui a traité oe sujet {hh\e gxix), termme. ainsi aoo quatrain :
Elle, friande et Tire, oubliant le mary, Connit à la soury.
4. Quo semel est imhuta récent^ servabit ûdorem Testa dm,,,, (Horacb, livre I, épitre a, Ters 69 et 70.)
5. Les éditions anciennes, toutes sans exception, ponctuent ces deux vers oonme nous le faisons, non pas seulement celles de 1668 et de 1678, nais encore la petite édition de Barbin, i68a , celle de Henry van Bulderen (la Haye, 1688), les éditions de Londres, 1708, de Paris, 1709, 1799, etc. Nous ne savons pourquoi les Didot, dans toutes leurs éditions (1781, 178a, 1788, i8i3, etc.), Montenault, dans sa belle édition in-folio (Paris, 175S-1759), Grapelet , dans sa petite édition in-3a si soignée (Paris, i83o), enfin k peu près tous les éditeurs modernes , et parmi eux Walckenaer lui-même , d'ordinaire si scrupuleux, ont ponctué autrement. Tous, ou peu s*en faut
t ,y^,''^''^ ' (exceptons M. Pauly, 1868), écrivent ces deux vers de la manière
suivante :
U se moque de tout : certain âge accompli, Le rase est imbibé, TétofTe a pris son pli.
p. xviii] LIVRE II. 187
Coups de fourche • ni d'étrivières
Ne lui font changer de manières;
Et fussiez-YOUs embàtonnés ^,
Jamais vous n'en serez les maîtres. 40
Qu'on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres'.
6. Fourches, au pluriel, dans les éditions de Didot et de Barbou; fourche, an singulier, dans les éditions originales.