‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 229 sur 374 · col bastone in mon, col fiasco al tergo · texte numérisé non relu

col bastone in mon, col fiasco al tergo

E eon la tibia pastorale al fiaaco, (Verdizotti.)

— c Quelques détails de celte fable, dit Robert dans son introduo* tion (p. CLXxxTi), pourraient bien avoir été inspirés par les vers suivants d*une pièce où Jean Molinet (mort en i5o7) nous peint le Loup se travestissant en pasteur :

Donc le Luiton*, subtil et anciens, * Le Laiton^ mot employé par la Fontaine Ini-mème, dans la Chose im»

F. m] LlVaS III. au

Pour pousser jusqu^au bout la ruse, Il auroit volontiers écrit sur son chapeau : « Cest moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau. » xo

Sa personne étant ainsi faite, Et ses pieds de devant posés sur sa houlette , Guillot le sycophante ^ approche doucement'. Guillot, le vrai Guillot, étendu sur Therbette,

Dormoit alors profondément ; 1 5

Son chien dormoit aussi, comme aussi sa musette ' : La plupart des brebis dormoient pareillement.

L'hypocrite les laissa faire; Et pour pouvoir mener vers son fort les brebis. Il voulut ajouter la parole aux habits, a o

Chose qu'il croyoit nécessaire.

Pur deoepuoir bergers, brebis et diiens,

Prist manteau gris, cbappellet et moufflette {sorte de chapeau

Puis s*en reuint comme pharisiens, {et de gants)^

Comme bergers discretz et paciens *,

La muse {musette) aa col et au poing la houllette. »

{Les Faietz et Dlctt de feu de bonne mémoire maistre Jehan MoRnet^ Paris, i53i, in- 4"» ^ 93 et suirants, Apologue du Loup et du Mouton.) 4« Trompeur. {Note de la Fontaine») — Il prend le mot dans le sens que lui ont donné les comiqueslatins. Voyez le Lexique,

5. M. Saint-Marc Girardin, dans sa xxiii* leçon (tome II, p. 346), parie de ce tableau, de cette c Traie mascarade d'hypocrisie, • de ce rôle du Loup qui « espère réussir sans avoir à parler, 1 et il le trouTc avec raison t plus comique et plus plaisant » que celui qu'il joue dans la fable du Loup moraliste (attribuée à Voltaire , mais que Voltaire a désavouée; voyez l'édition Beuchot, tome XIV, p. 3io- 3x9, et tome XLVIII, p. 400).

6. c Ce dernier hémistiche «std*nne grâce charmante. Ce qu'il y a de hardi dans l'expression d'ime musette qui dort devient simple et naturel, préparé par le sommeil du berger et du chien. • (Champort.)

possible (conte znr de U 4* partie, vers 8a) , répond à U forme plus moderne lutin, et désigne ici le Loop^ ayec le sens de « démon trompenr, espiègle. » * PaeienSf patient, calme. Robert a imprimé, comme au premier vers»

aia FABLES. [r. m

Mais cela gâta son affaire :

n ne put da pasteur contrefaire la voix. Le ton dont il parla fit retentir les bois.

Et découvrit tout le mystère ''. a 5

Chacun se réveille à ce son,

Les brebis, le chien, le garçon.

Le pauvre Loup, dans cet esclandre*.

Empêché par son hoqueton.

Ne put ni fuir ni se défendre. 3o

Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre. Quiconque est loup agisse en loup* :

G*est le plus certain de beaucoup.

7. Voyez la fin de la fable de Handent, intitulée d'tm Bomeq ei iPun Loup (ii« partie, fable 76). Le Lonp, qui

.... De tuer a la nature.

Non de cbanter...,

a de même t tresmalle adnanture, » pour aToir roula élerer la toîx.

8. Nioot traduit esclandre par « scandale; » l'Acadénûe (1694) par « malheur, accident qui fait éclat. » — c Mais peu dura oestn y esclandre, • dit Rabelais, parlant d*an combat (livre V, chapitre xxt, tome II, p. 349).

9. Robert (introduction, |«. ci,xi) rapproche de ce vers cette maxime analogue, tirée de la Fie des anciens Pères de Gauthier de Coinsiy poëte du treizième siècle :

Cils qui le len reult resembler La piau du leu doit affubler.

F. iv] LIVRE III. ai3

FABLE IV

XB8 GRBNOUILLBS QUI DEMAlVDBlfT UN ROI.

Ésope, fab. 167, Bdkpocxot (Coray, p. loi); B^pax,oi aîtoUvric PaoïXia (Coray, p. 355). — Phèdre, Mm I, fab. s, Ran» regem petentes. ^ RomolnSy lirre II, fab. x. — Marie de France, ùh. 16» tTun Estanc plain de Remet, — Haudent, i*^ partie, fab. 198, des GrenoiiUs et de luppUer» — Corrozet, fab. 17, <£m Grenoiiles et de leur Rojr, — Le Noble, fab. 419^'^ Jupiter et dês Grenouilles. Le peu* pie fou,

Mjrthologia mtopica NeveUti^ p. 337, p. 390, p. 5oi.

MonuscrUt de Conrart^ tome XI, p. 534, les Grenouilles demandant un Rojr,

Il y a deux fables indiennes éTidemment inspirées par la fable ésopique; elles ont, comme elle, pour personnages les Grenouilles, et l'Hydre, qui les dévore ; mais du reste, dans ce cadre identique^ Taction est très-librement remaniée, et la moralité tonte différente. Voyez, au sujet de cet apologue oriental, VEssai de M. Wagener sur les rapports qui existent entre les urologues de F Inde et les t^^ologues de la Grèce ^ p. 96-99 ; et les Études indiennes de M. Weber, tome III, p. 345 et 346. L*apologue même se trouTc dans U Livre des lumières, p. a83-986, où il est suivi d'une triple affabulation d'un caractère nullement politique, mais tout privé ; et, avec force maximes de sens très-divers, dans le Pantsehatantra^ xv« récit dn livre III, et i*' du livre IV (édition Benfey, tome II, p. 373*977 et p. 989-995). — La fable ésopique est, dit -on, une des neuf dont l'authenticité parait le moins douteuse (voyez la Fontaine et ses devanciers^ par P. Soullié, p. 69). — L'abbé Guillon cite dans ses notes une piquante allusion fiute à cette fable par Pavillon, parlant des Hollandais {Poésies^ p. 174, Utrecht, 1731, Stances sur son voyage en Hollande) :

Ce peuple me parut, dans ces lieux aquatiques, Un reste libertin des Grenouilles antiques Qui ne voulurent point de roi.

— M. Taine (p. i35) cherche et croit trouver une ressemblance, très-

ai4 FABLES. [p. iT

peu flattense, entre le CBraetère de la bourgeoisie et celui «pie ce récit prête aux Grenouilles. — Sur la fable rattachée à celle-ci par Lessiog, TOyez ci-après la note 6.

Les Grenouilles se lassant

De Fétat démocratique*,

Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique. Il leur tomba du ciel un Roi tout pacifique : 5

Ce Roi fit toutefois un tel bruit en tombant,

Que la gent marécageuse,

Gent fort sotte et fort peureuse *,

S'alla cacher sous les eaux,

Dans les joncs, dans les roseaux, 1 o

Dans les trous du marécage.

Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles croyoient être un géant nouveau.

Or c'étoit un Soliveau, De qui la gravité ' fit peur à la première 1 5

Qui, de le voir s'aventurant.

Osa bien quitter sa tanière.

Elle approcha, mais en tremblant; Une autre la suivi*, une autre en fit autant :

U en vint une fourmilière ; ao

Et leur troupe à la fin se rendit familière

I. On sait que dans Phèdre, Ésope raconte cette fable aux Athéniens à qui pèse le joug de Pisistrate, Voyez ci-dessus, p. 191 , la fin de la notice de la fable xx du livre II.

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