LB LOUP ET LÀ CIGOGNE V
Ésope, fab. 144, À^xoc xa\ Ti^œtoç (Conij, p. 85, tous trois fonnci; et p. 34a). — BabritUy fab. 94, Auxoç xa\ 'Epcji&^c. — AphUioniai, fab. a5, Fabula Lupip monens ne improbU benefiat, — Phèdre, lifre I, fab. 8, Lupus et Grau, — - Faême, fab. 56, Lupus et Grus, — Marie de France, fab. 7, dou Leu et de la Grue ki ii osta F os de la goule. ^ Haudent, i'* partie, fab. 117, d*un Loup et d'un Grujrau, — Corrozet, fab. 6, du Loup et de la Grue, — Le Noble, fiib. 8, du Lovp et de la Grue, V ingratitude des grands.
Mythologia suopiea NeveUti^ p, ao6, p. 341» p. 377, p. 394* p* 49' • A cette fable se rattache le proverbe ipie rapporte Zénobias (ui« centurie, n® 4^) ^ ^^ Xâxou ar6|4aioç, f de la gueule du loup. » — Elle est représentée sur le tympan du portail Saint-Ursin de la cathédrale de Bourges (y oyez M. Éd. du Méril, Poésies inédites du mojen dge, p. i56). — > Rollîn apprécie dans son Traité des études (livre I, chapitre m) la fable de Phèdre, si élégante dans sa brièveté, et en détaille les beautés. »- Lessing termine fort spirituellement par le souvenir de l'aventure du Loup avec la Grue la fable vt de son livre II. Le Loup, au lit de mort, se vante de quelques actes de bonté, d'avoir épargné un agneau, puis une brebis, c Oui, s'écrie le Renard, j'en puis rendre témoignage. Cétait tout juste au temps oà tu avais dans le gosier cet os que la Grue en tira, s — Bocbard, dans la a* partie de son Mierozoicon (livre I, chapitre xii), rapporte une fable hébraïque, sur le même sujet, où le Lton remplace le Loup, et nn certain oiseau d'Egypte, au long bec, la Grue ou Cigogne (chez Babrius, c'est le Héron). — Jacques Grimm, an chapitre xni de son introduction à Reinhart Fuchs (p. cclxxxi), trouve un grand rapport entre cette mise en scène du Loup et d'un oiseau, et le conte égyptien du xpo^iXoc (en qui on a cru reconnaître le petit plavier à collier), enlevant avec son beo, de la gueule du crocodile, les sangsues, ou
I . Cicogns est l'orthographe de toutes les anciennes éditions : voyei pins hattt| livre I, fable xnn^ p. lia.
w. ix] LIVRE III. %ig
plutôt, 81 nous ai croyoïu Geoffroj-SaÎBt-Hilairey les oonnns qui U tapiuent. Élîen (delà NtUure des anîmaux^]vrte m, chapitre xi*) parait avoir été frappé de oe même rapport : c le Crocodile croit, dit-il, avoir payé Toiteaa en ne lui faisant pas de mal. a Grimm indique ensuite , d'après une légende traduite du pâli et insérée dans Tou- Trage de la Loubère intitulé du Royaume de Siam (tome II, p. a 5 et a6, Paris, 1691), la tournure que la fable a prise dans l'Inde : Sommona-G>dom, o'est-i-dire Gautama, dont l'âme, par suite de la transmigratiouy est entrée dans le corps d'un grand oiseau à grands pieds, retire un os du gosier d'un Râkshasa ou démon, qui montre la même ingratitude que le Loup dans notre fable. Voyez V Essai de M. Wagêner (p. 49 ^ So, et de plus p. 117, où la légende bouddhique est citée) ; Toyez en outre au tome III (p. 35o et 35 1) des Études indiennes de M. Weber, qui croit pouvoir affirmer, et selon nous avec raison, que le conte indien n'est point original, mais venu de l'Occident,
Les loups mangent gloutonnement*.
Un Loup donc étant de (raine * Se pressa, dit-on, tellement Qu'il en pensa perdre la vie :
Un os lui demeura bien avant au gosier '• 5
a. Voyez en outre Hérodote, livre II, chapitre Lxvm; Aristote, Histoire des animaux^ livre IX, chapitre vu ; et Geoffroy-Saint-Hilaire dans la Description de r Egypte (Histoire naturelle y tome I, in-F>, p. 1 98-905).
3. Le fabuliste du quatorzième siècle (Ytopet /, F» 37 et 38), cité par Robert, commence k peu près de la même manière, mais en n'appliquant qu'au Loup de cette fable ce que la Fontaine dit des loups en général :
Li Loups manga trop gloutement.
Si fust malades durement.
4. Terme familier, partie de divertissement et de bonne chère.
5. Le second des vieux fabulistes cités par Robert (Ysopet II) emploie ici un de ces mots expressifs, que la langue d'aujourd'hui peut envier à celle d'autrefois :
UnLeu....
S^enossOf par mesauenture,
De l'os d une chienre moult dure.
Quant emossé fut, etc.
»3o FABLES. [p. ce
De bonheur pour ce Lcmp, qui ne pouvoit erier *,
Près de là passe'' une Cicogne.
n lui fait signe; elle accourt.
Voilà l'opératrice*' aussitôt en besogne. Elle retira Tos; puis, pour un si bon tour, lo
Elle demanda sou salaire.
« Votre salaire? dit le Loup :
Vous riez, ma bonne commère !
Quoi? ce n^est pas encor beaucoup D'avoir de mon gosier retiré votre cou* ? 1 5
Allez, vous êtes une ingrate ** :
Ne tombez jamais sous ma patte. »
6. Ce tndt û natarel est une heureuse addition de notre aoteor. Dans la fable ésopiqae et dans celle de Phèdre, le Lou^i implore tout le monde, promet une récompense.