Les Historiettes^ tome H, p
La Foutaotb, i c
NOTICE BIOGRAPHIQUE
mëchante diablesse da conte. Elle était, tout au contraire, « dn caractère le plus doux, le plus complaisant et le plus liant. » Quoique ses descendants, qui ont ainsi parle d'elle S soient des panégyristes suspects, on verra tout à l'heure combien il est probable qu'ils ont été plus près de la vérité que d'Olivet.
Qu'elle n'ait pas été à Tabri des conjectures de la malignité et des entreprises des galants, quoi d'étonnant, lorsqu'elle y était si exposée par les écarts, fort peu dissimulés, de son mari, et par l'abandon imprudent où, de bonne heure, il laissa une jeune femme ? On a un exemple de ces mauvais bruits et de ces périls (car pourquoi penser que ce ne furent pas seulement des périls?) dans une anecdote recueillie par d'Olivet*, et que le grave Louis Racine certifie « très-véritable, » la tenant vraisemblablement de Boileau. Elle peint s parfaitement la Fontaine qu'il faut, bien que très-connue, la citer d'après les Mémoires sur la vie de Jean Racine^ : « M. Poignan, ancien capitaine de dragons, étoit de la Ferté- Milon, et ami de mon père dès l'enfance^.... Voici comme j'ai entendu raconter l'affaire singulière qu'eut avec lui la Fontaine. Quelqu'un s'avise de lui demander pourquoi il souffre que M. Poignan aille chez lui tous les jours : a Eh! poura quoi, dit la Fontaine, n'y viendroit-il pas ? C'est mon meila leur amû — Ce n'est pas, répond-on, ce que dit le public : « on prétend qu'il ne va chez toi que pour Mme de la Fona taine. — Le public a tort, reprend-il ; mais que faut-U « que je fasse à cela ?» On lui fait entendre qu'il faut deman-
I. Voyez la lettre insérée dans les Mémoires de Trévous^ juiUet 1755, p. 1718.
a. Histoire de tJcadémie^ p. 3 19 et 3io.