Diteours à Mme de la Sablière^ vers
SUR LA FONTAINE. xzxiii
circonstances du désaccord, de faire, d'un c6té et de l'antre^ la part des reproches mérites.
La femme de la Fontaine, suivant d'Olivet^, « ne manquoit ni d'esprit, ni de beauté, mais, pour Thumeur, tenoit fort de cette Mme Honesta qu'il dépeint dans sa nouvelle de jSWphégor. y> Un peu plus loin, il insiste', appliquant à Marie Héricart ces vers du portrait de Mme Honesta :
...... D*iin orgueil extrême^
Et d*auUnt plus que de quelque yertu Un tel orgueil paroÎMoit reTétu.
Où d'Olivet avait-il pris de la femme de la Fontaine une idée si opposée à celle que nous donnent d'elle de plus irrécusables témoignages? Pourquoi dans un conte, qui n'était qu'une imitation de Machiavel, suppoter quelque allusion du poète à ses griefs domestiques ? Dès qu'on voulait qu'il y en eût une, autant valait la chercher dans le dernier vers, où serait la place assez naturelle du venin :
N^a pas pourtant une Honesta qui Teut.
Mais ce serait beaucoup hasarder encore, quoique Ton pût s'expliquer ce trait beaucoup mieux que les allusions à une vertu farouche , si l'on écoutait Tallemant ' : « C'est une coquette qui s'est assez mal gouvernée depuis quelque temps : il ne s'en tourmente point. On lui dit : « Mais un tel cajole a votre femme. — Ma foil répond-il..., je ne m'en soucie <c point. Il s'en lassera comme j'ai fait. » Cette indifiPérence a fait enrager cette femme ; elle sèche de chagrin ; lui est amoureux où il peut. » Donnant matière aux discours par ses légèretés, en même temps séchant de jalousie, telle aurait donc été Mlle de la Fontaine. Si elle fut, pour la vertu, si peu comparable à Mme Honesta (il faudrait sans doute, pour se prononcer là-dessus, ce démon Belphégor,
Grand éplucheur, clairvoyant à merreilles),
au moins n'eut-elle pas la pruderie hérissée, orgueilleuse, de la