L ANE BT LE PETIT CHIEN
Ésope, fab. iia, K6ciiv xa\ Àcon6tv}ç (Comy, p. 187 et i38, lotu deux formes'); 'Ovoç %a\ KuvCBiov (Coray, p. 871) ; fab. 419, "Ovoç icofCcuv (Coray, p. a68}. *-> Appendix fabularum «sopiamm, fab. 10, jésimu domino hlandiens, — Romnlus, livre I, fab. 16, Asinut dommo Uan" Mens. — NeckanOy fab. 5, de Cane et Aslno (Éd. da Méiil» p. 179 et 180). — Marie de France, fab. 16, d'un riche Hume qui nurritseit un Chiennet. — Haudent, impartie, fab. 124» ^«f» Chien et d'un Ame, — Corrozet, fab. i3, c^ CAsne et du petit Chien, — Le Noble, fab. 91, <&i Baudet et du petit Chien, Le mauvaie plaisant.
Mjrthoiogia mtopiea Nepeîeti^ p. a6i, p. 498.
Voyez ce qoi est dit dans les Études indiennes de M. Weber (tome III, p. 35a et 353), dans Vlntroduetion an Pantschatantra de M. Benfey (tome I, p. 1 10), dans le Mémoire de M. Wagener (p. 119-iai), dedirerses fables orientales, où l'Ane se trooTe fort mal d'avoir voala imiter soit le Chien soit d*antres animaux. — M. Saint-Marc Girardin, dans sa iV leçon (tome I, p. 1 08-1 10), rapproche de notre fable le 4' récit des Avaddnas (tome I, p. 37 et suivantes, de la traduction de M. Stanislas Julien). Ce récit, qui a des personnages tout difTérents, développe au reste la même morale, avec un trait de plus : la calomnie après la maladresse punie. C'est un Hibou qui, jaloux du Perroquet favori d*un roi, veut chanter anssi^ et réveille et effraye le Roi, qui le fait plumer vivant. Revenu dans la plaine, le cceur gonflé de colère, il accuse le Perroquet auprès des autres oiseaux d*ètre Tunique cause de son malheur. — M. Taine (p. 139) interprète la fable : t Que ne peut-on, s*écrie-t-il, avec le nom de gentilhomme, en prendre Télégance ! Mais sous un habit de cour un lourdaud est plus lourd encore. »
Ne forçons point notre talent,
I . La seconde de ces deux formes est tirée de Galien ; ce n*est que la première partie de la fable : les gentillesses de TAne, sans
aSft FABLES. [p. ▼
Nous ne ferions rien avec grâce ' :
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne sauroit passer pour galant*.
le châtiment. Dans la quatrième Ternon , 'Ovoç naOSeM, il s'agit d'un Singe, an lien da petit Chien de Malte qui figure dans les trois antres : Toyez le la Bruyère de M. Servois, tome I, p. 74, note 4-
a. La morale de la fable rénnit deux conseils d*Horaoe, odni-ci d'abord :
Tu mhil mpiia dieu faeiesw Minerva
[Art poétique^ yers 385) ;
pois oet antre, bien connu, qui se déduit d'un passage de la satire n dn liTre I (Ters a a), et qu'on a souvent résumé par ces mots : im propria peiie qmtscë, — Dans les sources latines indiquées en tête de la fiJ>le, l'af&bnlation est dlTersement tournée, mais en général bien nette et bien précise. Ainsi dans VJppauRcê des fables ésopiques :
FaMia^ ineptus ne se invitis imgerat^ Melioris aut affeetet offieiumj docet.
Dans Neckam :
Fabula nostra Jocet ettnetis non cuncta licere , Mt debere modum quemque tenere suum.
Dans Y Anonyme de Nevelet (p. 49^) :
Quod natura negat, nemo feUciter audet; Displicet imprudent , unde placere puiat.
— Dans la vieille fable française {Ysopet /, f»* 19 et ao), la moralité se termine ainsi :
.... Se chascuns veult estre pape, Roy ou duc, folie l'atrape.
Chascuns en sa Tocation Se tiengne sans presoncion.
-^ C'est dans le même esprit que l'autre fable française, donnée par Robert sons le nom à^ Ysopet //, blâme
.... L'Âsne qni folement
Vonlt tolir au Chien son mestier.
3. L'édition de 1678 donne ici galant^ par un f, quoique dans la fable xiT du lÎTre I, où ce mot rime avec taUnt et franchement , elle écrire goiand, par un </, comme fait partom, et même ioi, l'édition de 1668 in-4«.
F. ▼] LIVRE IV. a83
Peu de gens, que le ciel chérit el gratifie ^^ 5
Ont le don d^agréer infîis avec la vie.
C'est un point qu'il leur faut laisser. Et ne pas ressembler à TAne de la fable,
Qui pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser. i o
« Conunent? disoit-il en son âme,
Ce Chien, parce qu'il est mignon.
Vivra de pair à compagnon
Avec Monsieur, avec Madame ;
Et j*aurai des coups de bâton ' ? 1 5
Que feit-iP ? il donne la patte;
Puis aussitôt il est baisé "^ :
S'il en faut faire autant afin que Ton me flatte,
4* .... Pauei, qua* mquuê amopU
Jupiter,,,, (ViHGiLB, Énéuie, liyre VI, Yen 139.)
5. Dam les fables latines, TAne s'arrête assez longaement à Tanter ses mérites et à déprécier le Chien. Dans Ysopet 11^ on lit ce mélancolique résumé, où il est question, conmie ici, de Monsieur et de Madame :
U s'apensa que il n*auoit,
Fors tourment, de ce qu'il fiiisoit ;
Et le Chien ert {était) si aise
Pour la ioie que il menoit,
Et pour Tamour que il monsUroit
A son maistre et à sa maistresse.
^ Ches Marie de France, le pauvre Baudet dit fort plaisamment (vers 14-18) :
Melx saoreît-il à son Sengnor loer ke li Chienés petiz.
Et melx seret oïs ses cria ; Miex le saureit des piez ferir, Et miauz saureit sus li sailir.