F. !▼] LIVRE IV
Il commande chez l'hôte, y prend des libertés,
Boit son vin, caresse sa fille.
L'embarras des chasseurs succède au déjeuné.
Chacun s'anime et se prépare : 4 o
Les trompes et les cors font un tel tintamarre
Que le bon homme est étonné.
Le pis fut que Ton mit en piteux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux;
Adieu chicorée et porreaux; 4 5
Adieu de quoi mettre au potage.
Le lièvre étoit gîté dessous un maître chou. On le quête ; on le lance : il s'enfuit par un trou. Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie
Que Ton fit à la pauvre haie 5 o
Par ordre du Seigneur ; car il eût été mal Qu'on n'eût pu du jardin sortir tout à cheval. Le bon homme disoit : « Ce sont là jeux de prince ''. » Mais on le laissoit dire; et les chiens et les gens Firent plus de dégât en une heure de temps
Que n'en auroient fait en cent ans
Tous les lièvres de la province ^^.
Petits princes, videz vos débats entre vous :
i3. L'abbé GniUon cite, à propos de ce Tert, ce passage d*Heiiri Esdenne {Apologie pour Hérodote , édition le Dachat, la Haye, 1735, tome n, p. 473 et 474) • < Encores y a il une antre sorte decnianté, à-sçanoir celle qui s*exeroe plus de gayeté de cneupi et par un plaisir qn*on y prend , que par Tcngeance : à quoy les princes et grans seigneurs s'addonnent plustost que les bommes de basse ou de médiocre condition : dont est Tenu le prouerbe... : Ce sont ieux de princes; Us plaisent à ceux qui les font, >
14. c Voici une fable presque parfaite. La scène du déjeuner, les questions du Seigneur, Tembarras de la jeune fille, Tétonnement respectueux du paysan affligé , tout cela est peint de main de maître* Molière n'aurait pas mieux fait. » (Cbamfobt.)
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De recourir aux rois vous seriez de grands fous. II ne les faut jamais engager dans vos guerres» 6 o
Ni les faire entrer sur vos terres^'.
i5. Le marquis d*Argens, comme nous l'aTons dit en tête de U fable, déreloppe par un exemple particulier cette affabulation politique : f Les ebefs des {Corses) révoltés, dit-il à Tendroit cité, ont fui comme le lièvre. Ils se sont sauvés et ont imploré le secours et la miséricorde de TEmperenr. Il la leur a accordée et a obtenu leur grâce des Génois. Mais à peine ce prince a-t-il retiré ses troupes de rite de Corse qu*elle s*est de nouveau révoltée, i
t] livre IV. aSt