‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 290 sur 374 · Mis en firançais d'aujourd'hui, le dicton serait · texte numérisé non relu

Mis en firançais d'aujourd'hui, le dicton serait

Beau sire Loup*, n'écoutez pas Mère tançant son fils qui crie.

Voyez Baynonard, Observations philologiques et grammatieaies smr le Boman de Bon (Boncn, 1899, in-4<>}, p. 91, où l'auteur cite ces deoz Ters, et p. s8, où il parle des règles relatiTes à l'orthographe des noms dans la langue du moyen âge. Ces règles yeulent que dans les substantifs qui n'ont qu'une seule forme pour les deux nombres, le cas sujet au sîngnKfT (et de même le vocatif) prenne Vs, et que le cas régime ne le prenne point. En supposant donc au singulier tous les sobstantifs des deux rers, il eût fidlu les écrire ainsi :

Biaus chire Leus, n'esooutez mie Mère tenchent chen fieu qui crie.

Chire (sire) sans s, parce que ce nom a une autre fonne an pluriel : Segnor. POur l'adjectif heau^ le cas sujet pluriel eût été biel [hd)- Mais hâtons-nous de dire que la Fontaine ne pensait gnère et ne pouvait penser à ces règles inconnues de son temps. — M. Taine (p. a38) nous ftit remarquer que le fibuliste est c historiographe ezact, > an point d'écrire c l'épitaphe aTeo le style et l'orthognphe du pa3rs. » ^ Génin dit dans ses Mcréations philologiques (tome I, p. a85) : f Est-ce par allusion à llùsloire de ce Loup qu'on dit encore en Picardie : eût pover Um, pour t un pauvre diable? * ^best eim poper leu! terme de compassion, de commisération affiBOtneuse. Gela donnerait à penser que la Fontaine avait puisé cet apologue à une source picarde, car pourquoi ce dicton picard? > — M. Tiricr, dans un discours sur la Fontaine prononcé dans une séance solcn* nelle de l'Académie d'Amiens, s'appuierait volontiers sur l'emploi de ce même dicton par notre poëte pour décider en £sYenr de la Picardie une question qui, dit-il, est restée douteuse, celle de savoir lî la Fontaine est né Picard ou Champenob. Toutefois il ne dissimule pas les arguments qu'on peut faire valoir pour la Champagne.

* Toya livre I. fable v, ven 3.

r. XTii] LIVRE IV. 333

FABLE XVII

PAROLE DK SOCRATK.

Phèdre, lifre m, hb, g, Soerates ad andcoi»

Mfthohgia mscpiea NeveUii^ p. 431*

Athénée (livre XII, § 45, p* 533) cite, d'après le liTre I do traité Je r Amitié^ de Qéarqae, une parole temhlable de Thémistoole* Ayant dit bâtir, à Magnésie, une salle à manger fort élégante, il dit qa*il serait content s'il pouvait la remplir d'amis, dt^oocccv fovjacv û TQUTov (Tp(xXivov) fOiiiv )cXy)p(69£icv. Casanhon fait remarquer, an sujet de ce passage, que dans une salle à trois lits (TpCxXtvov) il n'y avait guère place que pour neuf convives. ^- Élicn, dans ses Histoires Jt" verses (livre IV, chapitre xi), parle de la maisonnette (oUCStov) de Socrate. Diogène lui reprochait de s'en être occupé arec un soin trop curieux. Si nous en croyons ce que Xénophon fait dire k Socrale dans Y Économique (chapitre n, § 3), cette maisonnette avait bien peu de valeur : c Je pense que si je rencontrais un bon acheteur, j'aurais très-&cilement de tout mon avoir, avec ma maison, cinq mines. > La mine râlait, comme on le sait, cent drachmes, c'est-è-dire enriron quatre-vingt-dix francs. Démétrius de Phalère, cité par Plutarqne (Fie ^Aristide, fin do chapitre i), fait Socrate plus riche. « Il ne possédait pas seulement, dit-il, sa maison , mais encore soixante-dix mines, que Criton lui faisait valoir. ■ Voyez à ce sujet Boeckh, Économie politique des Athéniens ^ livre I, chapitre xx (tome I, p. 189, de la traduction française de Laligant).

Socrate un jour faisant b&tir, Chacun censurolt son ouvrage ^ :

1 . f 0>rome c'est la coutume, » ut fieri soiet, dit Phèdre, qui se borne à rapporter une seule critique. On a rappelé à ce propos le proverbe latin :

Qui stntit iti catte multos habet ille magistros, c Qui bâtit sur la rue a beaucoup de maîtres, s

334 FABLES. [f. xtii

Vvm trouvoit les dedans, pour ne loi point mentir.

Indignes d^nn tel personnage ; L^antre blàmoit la face, et tous étoient d^avis 5

Qne les appartements en étoient trop petits. Quelle maison ponr lui ! Ton y tonmoit à peine.

« Plût an ciel que de vrais amis, Telle qu'elle est, dit-il, elle pût être pleine! »

Le bon Socrate avoit raison i o

De trouver pour ceux-là trop grande sa maison. Chacun se dit ami ; mais fol ' qui s'y repose :

Rien n'est plus commun que ce nom,

Rien n'est plus rare que la chose'.

s. Fd est l'orthograplie de tontes les anciennet éditions.

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