‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 291 sur 374 · Vulgurt ^mcimomêm^ sed rara est fitUs, (Pbàdbb, tcts i · texte numérisé non relu

Vulgurt ^mcimomêm^ sed rara est fitUs, (Pbàdbb, tcts i

». XTUi] LIVRE IV. 335

FABLE XVIII

tB VIEILLARD BT SB8 BNEAHTB.

Ésope, hib, 171, Fccapf^ icat^tc (Coraj, p. io5, p. 358). — Babrinsy fàb, 47» Tccap^ xa\ X\oL — • Handent, t^ partie , &b. 4» ^«1 P^r0 «r ife ses En fans. — Le Noble, conte 5, du Fagot, V union,

Mjrtkologîa mtopiea Neveleti, p. i3f .

Cette fable est au Manuscrii Je Sainte-Geneviève.

Elle forme le sujet du xxxiit^ emblème de VHéeatongraphie de Gorrozet, sous ce titre : Amxtté entre les frères, — M. Liotard, p. a 8 (voyez ci-dessus, p. x54), dit TaToirtrouTée aussi dans un liyre fort rare publié en 1874 ^ Edimbourg, et intitulé : le RéveUle-matin des François et de leurs voisins. — Galand, dans la continuation de la Bibliothèque orientale de d'Herbelot (tome IV, p. 507), raconte ainsi Fapologue : « Un jour Gingbizkhan, royant ses fils et ses parents les plus procbes assemblés autour de lui, tira une flèche de son carquois et la rompit, n en tira deux autres, qu'il rompit de même tout à la fois, n fit la même chose de trois et de quatre. Mais enfin il en prit un si grand nombre qu'il lui fut impossible de les rompre. Alors il leur tint ce discours, et dit : c Mes eufimts, la même chose sera de ff TOUS que de ces flèches. Votre perte sera inéritable, si tous tomc bcB on à un, ou deux à deux, entre les mains de tos ennemis* c Mais ti tous êtes bien unis ensemble, jamais personne ne pourra c TOUS Taincre ni tous détruire *. 1 — Voltaire (tome XLVIII des Œuvres^ p. 3o6) parle aussi de cette fable comme se trouTant parmi les Tartaret. Il se souTÎent de l'aToir lue dans le recueil des Toyages de Plancarpin (du Plan Garpin), de Rubmquis et de Marc Paolo (Marco Polo)*. Nous n'aTons pas besoin, après ce que nous

t. Cest à la suite de cette aUégorie que se lit, dans la BibUotkèque orientale^ celle des deux serpents, que nous avons citée plus haut, p. 94t et que nous aTons mise & tort sous le nom de d*Herbelot. Elle est, comme celle-ci, rapportée par Galand, dans la partie intitulée Paroles remarquables et maximes des Orientaux,

a. Elle se trouTc en effet au chapitre xtii de V Histoire orientale on Histoire des Tartares^ de Haiton, Arménien, imprimée dans le recueil

336 FABLES. [r. xtiu

«▼ont dit dans divenet notioet, de faire remarquer qa*ii Ta beaucoup trop loin, loi comme bien d'autres, lorsqu'il dît à ce propos qu* c il c D'y a pas une seule bonne fable de la Fontaine qui ne Tienne dit c fond de TAsie. i -* Chez Plntarqae, c*est Scilure, roi des Scytbes, qniy avant de mourir, instruit par cette leçon allégorique ses quatre-vingts fik, en leur donnant à rompre un fiûsoean de dards (dbcovT(ciiv, Soportaiv). Voyes les Jpophthegmes des roit et des capitaines (et Stobée, titre ixxxir, x 6), et le traité du BakU, chapitre xm, — Un emblème analogue se lit au cbapitre iv du Livre de tEeclé^ natte (verset ii) : Si fidspiam prmpoiuerit contra unum, dno résistant ei; funicuius triplex difficile rumpitur, — La parabole des deux queues de cheral, que Plutarque raconte au cbapitre xti de la Fm de SertoriuSf a aussi la même signification. — Enfin Robert rapproche encore de cet apologue une &ble ésopiqne, enseignant, par une tout antre action, la même morale : les {deua^ trois ou quatre) Taureaux et le Lion, Cest la 296* dans Goray (p. igS et I94f sous cinq fonnes, et p. 401)» bi 44* <^*ns Babrius; elle a été mise en français par Haudent (i** partie, hb, 191), par Desmay (fidi. xo), et longtemps avant, dans les recueils que Robert nomme Yscpet-Jvionuet et Ysopei II, Voltaire, cité par Solvet {Études sur la Fontaine^ p. i35), semble regretter que le Vieillard, chez la Fontaine, instruise ses Enfants par une allégorie plutôt que par cette fable proprement dite. La Fontaine reconnaît lui-même (an vers 8) que c*cst plutôt une histeire qu'une fable qu'il nous raconte; mais, bien entendu, il ne s'excuse pas de la chose : où jamais a-t-il pris l'engagement de se bonier à ce que Voltaire nomme c la £sble proprement dite? >

Toute puissance est foible, à moins que d^étre unie* :

des Voyages faits prineipaUment en Asie dans les xu*, xni*, xxv« et xv* siècles,,.^ publié par P. Bergeron (tome II, iii-4*, col. 3 1 et 3s, la Haye, 1735).

3. Haudent (fable 4) traduit, pour en faire son affabulation, le célèbre axiome que Salluste [Jugurtha^ chapitre x) a placé dans le discours adressé par Micipsa mourant à ses deux fils et à Jngnrtba : Coneordia parvm res crescunt^ diseordia maxinm dilabuntur.

Le moral est que par concorde On voit petites choses croistre, Et les grandes souuent decroistre Par maintenir noyse et discorde.

F. XYin] LIVRE IV. 33?

Écoutez là-dessus Tesclave de Phiygie.

Si j'ajoute du mien à son invention,

C'est pour peindre nos mœurs, et non point par envie ^ :

Je suis trop au-dessous' de cette ambition. S

Phèdre enchérit souvent par un motif de gloire ' ;

Pour moi, de tels pensers me seroient malséants.

4. An aojet da mot enwie, Chamfort fait une critique qui nous parait pea fondée : f Le désir de aurpasaer un auteur mort il y a deux mille quatre cents ana ne peut s'appeler envie. C'est uue noble émulation qui ne peut être suspecte. Celui même de surpasser un auteur TÎ^ant ne prend le nom d'envie que lorsque ce sentiment nous rend injuste envers un rival. > Ce n'est point une hardiesse qui ex* cède les droits du style poétique, que d*appeler envie une émulation qu'on veut modestement donner pour blâmable. D^ailleurs le mot Mvie n^implique pas toujours c chagrin des avantAges d*autrui : » ▼oyez le Dictionnaire de l'Académie, Phèdre a exprimé des idées ana* logues dans V Épilogue du livre II (vers 5-8), et dans le Prologue du livre m (vers 38 et 39, 5a et suivants). Dans le premier de ces passages (vers 8), il a soin d'exclure aussi, en y opposant le terme émw lotion^ tout sentiment ^envie :

Nec hme invidia^ ventm est mmuiatia,

11 rappelle, de même que notre fabuliste, mais avec une intention de dédain que celui-ci n*a en aucune £sçon, la contrée oà est né Ésope (vers 59) :

Si Phrjrx JEiopui potmt^ si Anaeharsis Sejrtha,,,^

et il parle également (vers 5o) de c peindre les mœurs : a

Verum ipsam viiam et mores hominum ostendere,

5. Dans le Manuscrit de Sainte^Geneviève, il y a au-dessus ^ pour euf dessous. C'est une variante évidemment fautive, qui été à la pensée tonte modestie, mais, il faut en convenir, la rend, pour nous, beaucoup pins juste.

6. Cest un motif que Pbèdre ne dissimule guère. D dit dans le Prologue cité du livre III (vers 38) qu'il a fait du sentier du Phrygien une large voie :

Ego ilUus pro semita feei viam;

d (vers 61) qu'il a droit à la gloire :

.... Mihi debetwr gloria,

J. DB Uk FOBXAOB. t la

338 FABLES. [r. xnii

Mais venons à la fable, ou plutôt à T histoire '' De celui qui tâcha d^unir tous ses enfants'.

Un Vieillard prêt* d'aller où la mort Tappeloit : xo

« Mes chers Enfants, dit-il (à ses fiU il parloit*®).

Voyez si vous romprez ces dards '^ liés ensemble;

Je vous expliquerai le nœud qui les assemble. »

L'aîné les ayant pris, Qt fait tous ses efforts.

Les rendit, en disant : « Je le donne ^' aux plus forts. »

Un second lui succède, et se met eu posture,

Mais en vain. Un cadet tente aussi l'aventure.

Tous perdirent leur temps ; le faisceau résista :

De ces dards jointe ensemble un seul ne s'éclata.

« Foibles gens*' ! dit lé Père, il faut que je vous montre

Ce que ma force peut en semblable rencontre» »

On crut qu'il se moquoit ; on sourit, mais à toit :

Il sépare les dards, et les rompt sans effort.

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