‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 3 sur 374 · Voyez aux Pièces justificatives^ n* i · texte numérisé non relu

Voyez aux Pièces justificatives^ n* i

3. On peut consulter la Notice historique sur la maison natale de

SDR LA FONTAINE. v

lion, dont la construction paraît remonter à la seconde moitié da seisdème siècle, et qui ne pouvait appartenir qu'à des gens aisés, tenant, dans leur petite ville, un bon rang*. Telle était en effet la situation des parents de la Fontaine. Son père, Charles de la Fontaine, était maître particulier des eaux et forêts au duché de Château-Thierry, conseiller du Roi. Le père de celui-ci, Jean de la Fontaine, avait possédé la même maîtrise dans la juridiction des eaux et forêts, après avoir été marchand, peut-être marchand drapier, comme l'avait été son bisaïeul, Pierre de la Fontaine. Charles de la Fontaine, dans son contrat de mariage (i3 janvier 1617], est dit « écuyer, fils de noble homme Jean de la Fontaine*. » Les gros bourgeois prenaient souvent la qualité de nobie homme. Les anoblis avaient droit au titre, moins insignifiant, d'écujrer. Appartenait-il vrai-

Jean de la Fontaine^ par Alphonse Barbey, brochure de ao pages, iii-8*, Paris, 1870. — Cette maison, que la Société historique et archéologique de Château-Thierry avait songé la première à acquérir, a été achetée, en 1875, par le conseil municipal de Chftteau-Thieriy : voyez le Journal officUl du 17 mai 1875. Elle est dans la rue dite anciennement de Beauvaisy puis des Cordeliers au temps du poète, plus tard du District, aujourd'hui enfin ile Jean de la Fontaine^ nom qu'elle porte depuis 179a.

I. Walckenaer, aux Pièces justificatives de son Histoire de la Fontaine (tome II, p. 291-293, 4' édition, x858], établit ainsi la généalogie de notre po^te : Pierbe db la Fontaine, marchand drapier à Château-Thierry, a eu pour fils Piee&b de la Fontaine, qui eut de Martine Josse, son épouse, Nicoijls de la Fontaine, Jean de la Fontaine, Barbe de la Fontaine, Marie de la Fontaine^ et Louis de la Fontaine, L'ainé de ses fils, Nicolas de la Fontaine, contrôleur des aides et tailles à Château-Thierry, eut pour fils Jean de la Foh- TAiNB, marchand, puis maître particulier des eaux et forêts, qui épousa Catherine Longval et eut pour fils Chaeles de la Fontaine, lequel succéda â sa charge et fut père du fabuliste. — Parmi les fermes appartenant aux la Fontaine, on en trouve une nommée la Fontaine-Regnaud (paroisse de Chierry dons le canton de Château-Thierry). Quelques-uns ont pensé que le nom de la Fontaine en vient.

a. Ce contrat de Charles de la Fontaine et de Françoise Pidoux appartient à M. le vicomte Héricart de Thury, qui a bien voulu \^ mettre sous nos yeux.

yi NOTICE BIOGRAPHIQUE

ment à Charies de la Fontaine et à son fils? Ce que nous savons, c'est qu'il causa à notre poète un chagrin, que, pour sa part, il était bien incapable de s'être volontairement attiré. Peu de temps après l'ordonnance du 8 février 1661 contre les faux nobles, les traitants découvrirent qu'il avait été qualifié d'écuyer dans deux contrats et le firent condamner, pour usurpation de titre, à une amende de deux mille livres. Cette malheureuse écurie (c'est son expression*) le ruinait. Dans une jolie épftre en vers, il supplia le duc de Bouillon de solliciter la remise de la peine. Il avait signé, sans les lire, les deux maudits contrats :

La cour, Seigneur, eât pu oontidërer Que j*ai toujours été compris aux tailles, Qu*en nul partage, ou contrat d'épousailles, En jugements intitulés de moi,

Je n^ai voulu passer pour gentilhomme*.

Il n'était certes pas un escroqneur de titres,

Lui le moins fier, lui le moins Tain des hommes,

Qui n*a jamais prétendu 8*appuyer

Du Tain honneur de ce mot d'écuyer,

Qui rit de ceux qui Teulent le parétre.

Qui ne l'est point, qui n'a point touIu l'être >.

C'est donc lui-même qui passe condamnation sur sa noblesse, ne regrettant que de payer l'amende. Nous prendrions avec la même facilité notre parti de l'en croire. Toutefois, au siècle suivant, sa famille protestait, disant qu'il était réellement gentilhonmae d'extraction, et que sa paresse seule l'avait empêché de rassembler et de produire ses titres, au temps de la recherche des nobles par la généralité de Soissons \ Peut-être

I. Épitre^ M, le due de Bouillon^ Tcrs a3. — Voyez le Dictionnaire de Littré, à TarUcle Écubib. «^ Le mot est employé dans la scène que nous citons ci-après de la comédie de QaTeret.

a. Même épître, Ters 70-7$.

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