V. i] LIVRE y
« O ma cognée ! 6 ma painrre cognée ! 40
S*écrioit-il : Jupiter, rends-la-moi ;
Je tiendrai Tétre encore nn coup de toi *^. »
Sa plainte fut de l'Olympe entendue.
Mercure vient *'• « Elle n*est pas perdue,
Lui dit ce dieu; la connoîtras-tn bien? 4 S
Je crois Tavoir près d'ici rencontrée. »
Lors une d*or à Tbomme étant montrée^',
Il répondit : « Je n y demande rien. •
Une d'argent succède à la première'^,
14. û Adulnt qu*il perdît sa coingnee. Qui fent bien hMché et marry, ce feut il. Car de sa coingnee dependoit son bien et sa rie; par sa coingnee TÎuoit en honneur et réputation entre touts riches buscheteurs ; sans coingnee mouroit de faim. La Mort, six ionrt après, le rencontrant sans coingnee, auecques son dail {sa faux) i^eust fitulch^ et cerclé de ce monde. En cestuy estrif commença crier, prier, implorer, inuocquer Jupiter par oraisons moult disertes (comme tous sçaues que nécessité feut inuentrice d^eloquence), lenant la face Tert les cieulx, les genoilz en terre, la teste nuë, les bra» haults en Taer, les doigts des mains esqarquillez, disant à chascun refrain de set suffraiges à haulte voix infatiguablement : « Ma coingnee, lupiter 1 a ma coingnee, ma coingnee ! Rien plus, ù lupiter I que ma coin- « gnee, ou deniers pour en achapter une aultre. Hélas I ma paoure « coingnee I 9 (Rabblau, tome II, p. xx et xxi.) — Geruzez trouve que cette fois la Fontaine n*a pas égalé Rabelais. Nous pensons plutôt, avec M. Taine, que « au fond la plainte de Rabelais est exagérée et touche au ridicule, » tandis que « celle-ci est naÎTe, touchante et mesurée comme un petit tableau de Téniers. »
i5. Dans la plupart des autres fables, la cognée tombe dans un fleure, et le Dieu 7 plonge pour l'aller chercher. Dans la troisième de Coray, Mercure est le Dieu du fleuve ; dans la seconde (celle d*Arsé* nius), c'est le Fleuve lui-même qui Tient tenter le Paysan.
x6. Le Noble vent égayer sa fable en mêlant ensemble, par un bizarre anachronisme. Mercure, Vulcain, le Pérou. Mercure se présente
Tenant une hache à la main, Biais une hache que Vulcain Sur son enclume a voit forgée Du plus fin métail du Pérou.
17. Ches Rabelais, Mercure jette aux pieds du Bâcheron les trots
PABLIS. [r. f
n la refiite ; enbi vue de ïx&s ^ : 5o
« Voilà, dit-ily la mieime cette fois '* ; Je sois oontent si j*ai cette dernière.
— Ta les auras, dit le Dieu, toutes trois : Ta bonne foi sera récompensée.
— En ce cas-là je les prendrai, » dit-il. 55 L'histoire en est aussitôt dispersée ^ ;
Et boquillons '^ de perdre leur outil,
Et de crier pour se le faire rendre **.
Le roi des Dieux ne sait auquel entendre **.
Son fils Mercure aux criards vient encor ; «o
A chacun d'eux il en montre une d'or.
Chacun eût cru passer pour une bete
De ne pas dire aussitôt : a La voilà ! »
Mercure, au lieu de donner celle-là,
cognées à la foû; chez Haudent, il les lui présente aussi tontes ensemble. DansTapologne d*Ànënius il y a gradation; le Dien le tente d*abord avec une hache d*argent, puis arec une hache d'or. i8. « Amanchëe de bois », dit Haudent.