‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 304 sur 374 · V. i] LIVRE y · texte numérisé non relu

V. i] LIVRE y

« O ma cognée ! 6 ma painrre cognée ! 40

S*écrioit-il : Jupiter, rends-la-moi ;

Je tiendrai Tétre encore nn coup de toi *^. »

Sa plainte fut de l'Olympe entendue.

Mercure vient *'• « Elle n*est pas perdue,

Lui dit ce dieu; la connoîtras-tn bien? 4 S

Je crois Tavoir près d'ici rencontrée. »

Lors une d*or à Tbomme étant montrée^',

Il répondit : « Je n y demande rien. •

Une d'argent succède à la première'^,

14. û Adulnt qu*il perdît sa coingnee. Qui fent bien hMché et marry, ce feut il. Car de sa coingnee dependoit son bien et sa rie; par sa coingnee TÎuoit en honneur et réputation entre touts riches buscheteurs ; sans coingnee mouroit de faim. La Mort, six ionrt après, le rencontrant sans coingnee, auecques son dail {sa faux) i^eust fitulch^ et cerclé de ce monde. En cestuy estrif commença crier, prier, implorer, inuocquer Jupiter par oraisons moult disertes (comme tous sçaues que nécessité feut inuentrice d^eloquence), lenant la face Tert les cieulx, les genoilz en terre, la teste nuë, les bra» haults en Taer, les doigts des mains esqarquillez, disant à chascun refrain de set suffraiges à haulte voix infatiguablement : « Ma coingnee, lupiter 1 a ma coingnee, ma coingnee ! Rien plus, ù lupiter I que ma coin- « gnee, ou deniers pour en achapter une aultre. Hélas I ma paoure « coingnee I 9 (Rabblau, tome II, p. xx et xxi.) — Geruzez trouve que cette fois la Fontaine n*a pas égalé Rabelais. Nous pensons plutôt, avec M. Taine, que « au fond la plainte de Rabelais est exagérée et touche au ridicule, » tandis que « celle-ci est naÎTe, touchante et mesurée comme un petit tableau de Téniers. »

i5. Dans la plupart des autres fables, la cognée tombe dans un fleure, et le Dieu 7 plonge pour l'aller chercher. Dans la troisième de Coray, Mercure est le Dieu du fleuve ; dans la seconde (celle d*Arsé* nius), c'est le Fleuve lui-même qui Tient tenter le Paysan.

x6. Le Noble vent égayer sa fable en mêlant ensemble, par un bizarre anachronisme. Mercure, Vulcain, le Pérou. Mercure se présente

Tenant une hache à la main, Biais une hache que Vulcain Sur son enclume a voit forgée Du plus fin métail du Pérou.

17. Ches Rabelais, Mercure jette aux pieds du Bâcheron les trots

PABLIS. [r. f

n la refiite ; enbi vue de ïx&s ^ : 5o

« Voilà, dit-ily la mieime cette fois '* ; Je sois oontent si j*ai cette dernière.

— Ta les auras, dit le Dieu, toutes trois : Ta bonne foi sera récompensée.

— En ce cas-là je les prendrai, » dit-il. 55 L'histoire en est aussitôt dispersée ^ ;

Et boquillons '^ de perdre leur outil,

Et de crier pour se le faire rendre **.

Le roi des Dieux ne sait auquel entendre **.

Son fils Mercure aux criards vient encor ; «o

A chacun d'eux il en montre une d'or.

Chacun eût cru passer pour une bete

De ne pas dire aussitôt : a La voilà ! »

Mercure, au lieu de donner celle-là,

cognées à la foû; chez Haudent, il les lui présente aussi tontes ensemble. DansTapologne d*Ànënius il y a gradation; le Dien le tente d*abord avec une hache d*argent, puis arec une hache d'or. i8. « Amanchëe de bois », dit Haudent.

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