La pensée est ainsi développée dans la fahle d^Ysopei I
Ta dent de riens ne me pnet nuire, Hais ie puis les tienez destmire.
Bien say, tn ne me cognoia mie :
Es dent le fer use et esmie, Et fais fiuine deoenir.
8. c Cette idée très-philosophique, jetée dans le discours qw li Fontaine prête à la Lime, fidt beaucoup d*effet, parce qu*eUe ert entièrement inattendue. » (CnaicroaT.) — « Les dents du temps i nppeUent le tempus edas rerum et Vedax Piiusias d*0?ide (livre XV des Métamorphoses f vers a34 et 87a). Ailleurs (Pontiques^ livre IV| épi» tre ymif vers 49 ^ 5o) le m^e poëte rend ainsi Tidée, que oooi avons id, dn fer même consumé par le temps :
Tahida eomumit ferrum lapidemque petustas; NuUaque ru majus tempore robur kabet,
9. f Cette cotdeuvre est la figure du satirique insolent, » dit le Noble dans la morale en prose qu'il a placée i la suite de m fahle.
F. xvi] LIVRE y. 41 5
Ils sont pour vous d*airain, d*acier, de diamant^*.
10. Eaiegi momumenium mreperenmiUf BegaRque situ PframuUim altms*
(HoHAGBy lÎTre III, ode xxx, ^en i.)
— Genixez fidt remarqaer que Ldiraii (liyre VI, ode xxm) dit, lai aoMi, de son recueil èiOdes^ mais arec moins de niton qu'Honoe :
Gràœ i la mnse qui in*inspire, n est fini ce monument....
Plus hardi que les Pyramides, Et plos durable que Tairain.
— Pàntaleo Candidns termine par une tout autre affabulation :
Multi eupitis sic adhmrent mordicus^
Ut damna qux patiunttir kaud curent sua,
— Voyez encore d'autres applications de l'allégorie dans a notice en tête de la fable.
4i6 FABLES. [r.
FABLE XVIL
Ll LlivnS BT UL PBRDRIX.
Phèdre, lÎTre I, fab. g. Passer et Lepus, ~- Neckam, ùh. i4y de Lipore et Aeeipitre et Possere (Éd. du Héril, Poésies imédUes dm moyen dge^ p. 187 et i88). — On retrooTe la nème monihé, avec on sajet et des penonnaget différentB, dans la bble 14 x d'Abatcmio», de iMpo m fossam iapso et Vidpe irridaUe (voyea ci-aprèt la note i).
Mftkolùgia suopica NereUti^ p. 394» p. SgS.
Dans Phèdre, dam Neckam, et dans la yieille fable à^Ysapet ii dtée par Robert (tome I, p. 344*346)» le cadre n^ett pas tout à bit le même. Le Moineau se moque du Lièvre pris par un Aigle, et il ert lni*mème pris par un
n ne se faat jamais moqaer des misérables : Car qui peut 8*assarer d'être toujours heureux ^ ? Le sage Ésope dans ses fables
I. Ces deux rers traduisent à peu près la morale de la 6ble d*Abstemius mentionnée dans la notice : FahuU mdiemt aliorwm c«ibmitatièus nun^uoM imsultandum, quum in easdem nos quoque mciderepûê» ^sùnus, — t Cette raison de ne pas se moquer des misérables a Pair d'être peu noble et peu généreuse. En effet , une âme honnête ne se moquerait pas des misémbles, quand même elle serait assuée d*être toujours dans le bonheur. Mais la Fontaine se contente de nous renvoyer au simple bon sens, et fonde sa morale sur la nature eooi* mnne et sur la raiion vulgaire. On a remarqué qu*il n*était pas le poète de Théroisme, c'est assez pour lui d'être celui de la nature et de la raison. 9 (CHAXioaT.)-^ Voici l'affabulation ^Ysopet //, presque identique aussi pour l'idée :
Peschié est et folie De dire vilonie A hom descooforté.
Tel est or hni en vie,
». xvii] LIVRE V. 4 ,7
Noos en donne un exemple on deux*.
Celui qu*en ces vers je propose, 5
Et les siens, ce sont même chose.
Le Lièvre et la Perdrix, [concitoyens d*un champ*, Yivoient dans un état, ce semble, assez trancpulle,
Quand une meute s*approchant Oblige le premier à chercher un asile : t o
Il s'enfuit dans son fort*, met les chiens en dé&ut.
Sans même en excepter Brifaut'.
Enfin il se trahit lui-même
Et demain n*y est mie ; Ains perdra la santé*
— Celle de Phèdre (Ters i et a] :
Sihi non eavere^ et oTi'u amsiUum dare^ Stuitum etsê,...
nous semble sortir^moins directement du récit.
a. On Yoit par la notice que dans les fables greoqnes dites d'Ésope nous ne trouTons pas de fable qui corresponde à celle-ci. — Dans les manoscrits de Conrart, dont nous ayons parlé déjà plusieurs fois, au milieu d*un certain nombre de fables de la Fontaine il s'en rencontre une (tome XI , p. 535)» intitulée U Renard et rÉcitreuil^ qui commence par ces quatre Ters :
n ne se faut jamais moquer des misérables, etc.
M. Edouard Foumier l'a insérée dans son lirre de P Esprit dês autres (p. 114 et xi5, 4« édition, 1861); et M. Paul Lacroix Ta placée en tète de ses Œupres inédites de 7. de la Fontaine (Paris, L. Hachette, i863, in-8<>, p. 3 et 4)* Nous y reriendrons ailleurs.
3. Au sujet du complément qu'a ici le mot eoncitojrens^ Yoyex le Lexique,
4. M. Lîttré définit fort^ terme de chasse : c Le plus épais du bois et des buissons où les bètes sauvages se retirent. » Voyez encore le Lexique; et en outre ci-dessus, p. 173, note 9.
5. Ce nom de chien, que nous retrouTcrons dans la fahie xiv du livre IX (vers 27), vient du verbe brifer^ c manger avidement, » et
J« Ds Lk FojnAiJTB. I 37
4i8 FABLBS. [r. zrn
Par les esprits* sortants^ de son oofps échauffé. Miraut*, sur leur odeur ayant philosopbét 1 5
Conclut que c*est son lièyre, et d'une ardeur extrême n le pousse; et Rustaut*, <{ui n*a jamais menti.
Dit que le Lièvre est reparu.
Le pauvre malheureux vient mourir à son ^tte.
La Perdrix le raille, et lui dit : «•
« Tu te vantois d'être si vite !
Qu'as-tu fiât de tes pieds**? » Au moment qu'elle rit. Son tour vient; on la trouve. EUe croit que ses ailes La sauront garantir à toute extrémité ;
•ignifie proprement c gonloy gourmaiid. » — Rabdais (Ihrve I, pitre UTf tome I, p. 177) l'applique aux usurien :
c Cy n'entres pas toqs nearien»
Briramlxy leicLarf , qui tonâonn amatiée. >
— Dans le i3« des ComUs €t DUcomn J^Mmtnfd (Boums, iSSS, p. 66 Terso), Brifami est le nom d*an Talet de bhasse t diatribeteBr des lerrien. 1